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WCRP - International


Neuvième Assemblée mondiale de Religions pour la Paix
22 novembre 2013 - Vienne (Autriche)


DECLARATION DE VIENNE
« Accueillir l'Autre », une vision multi-religieuse de la paix.



Au nombre de plus de six cents, responsables religieux et croyants représentant toutes les traditions religieuses historiques et toutes les régions du monde, avons tenu à Vienne, en Autriche, la neuvième Assemblée mondiale des Religions pour la Paix .

Nous venions du réseau mondial de Religions pour la Paix comprenant quatre-vingt-dix conseils et groupes interreligieux nationaux, cinq conseils régionaux, un conseil mondial et des réseaux internationaux de femmes et de jeunes. Nos traditions religieuses respectives nous appellent à travailler ensemble à la paix.

Les assemblées mondiales précédentes des Religions pour la Paix ont mis en lumière des éléments positifs de la paix, des menaces communes contre la paix et un consensus multi-religieux qui se traduit par des valeurs partagées en faveur de la paix. Nous nous sommes engagés à agir ensemble en nous basant sur ces valeurs profondément ancrées et largement partagées qui fondent l’affirmation de l’impératif d’« accueillir l'autre », cœur de notre vision multi-religieuse de la paix.

Sommaire du texte. Cliquez sur une ligne pour aller directement au paragraphe souhaité.


Eléments positifs de la paix que partagent nos traditions religieuses respectives.


Nous ressentons l'appel d'avoir à faire face aux menaces communes contre la paix.


Une hostilité croissante.


« Accueillir l'autre », une vision multi-religieuse de la paix.


Appels adressés aux responsables religieux et aux croyants.


Appels aux gouvernements, aux organisations internationales et à la société civile.


Conclusion : Accueillir l'autre.

Introduction :

Nous réaffirmons les éléments positifs suivants de la paix que partagent nos traditions religieuses respectives.

- La paix est au cœur de nos religions respectives, et nos convictions diverses nous font un devoir de travailler ensemble à sa construction.

- L'amour, la compassion et l'honnêteté sont plus forts que la haine, l'indifférence et le mensonge.

- Tous les hommes et toutes les femmes possèdent la dignité humaine , ont leur part de l’humanité commune et doivent prendre soin les uns des autres, étant appelés à considérer les problèmes d’autrui comme les leurs propres.

- Nous acceptons l'appel à nous tenir du côté des plus vulnérables, à les élever et à promouvoir des sociétés justes et harmonieuses.

- Nous considérons les femmes et les hommes en tant que partenaires égaux dans nos efforts pour construire la paix.

- Les enfants sont une préoccupation primordiale. La condition particulière de l’​enfance mérite nos soins et notre protection. Elle doit bénéficier d’une priorité dans l’attribution des ressources de nos sociétés.

- La transformation non-violente des conflits par le dialogue et la réconciliation sont un élément central de la paix.

- L'emploi des armes nucléaires et de toutes les armes de destruction massive et indiscriminée est immoral.

- Promouvoir le développement humain et protéger la terre font partie de la lutte pour la paix.


Les éléments positifs de la paix que nous partageons sont inextricablement liés à l’appel que nous ressentons ensemble d’avoir à faire face aux menaces communes contre la paix. Ces menaces comprennent :

- L'utilisation abusive de la religion à l’appui de toute espèce de violence, y compris l'extrémisme violent,

- Une situation de crise spirituelle qui érode les valeurs qui soutiennent la vie.

- Des conflits violents et la prolifération des armements.

- Des inégalités extrêmes qui continuent de s’accroître et comporte même une violation généralisée des droits fondamentaux.

- La violence contre les femmes, les mauvais traitements infligés aux enfants et l’affaiblissement du soutien aux familles.

- Une misère extrême, des maladies évitables laissées sans traitement et un manque généralisé de chances d’en sortir.

- La dégradation de l'environnement, l’épuisement des ressources naturelles et le changement du climat qui sont autant de menaces pour l’ordre public et l’épanouissement humain.

Tout en reconnaissant que certains croyants trahissent la doctrine de paix de leurs religions respectives, nous continuons à nous engager nous-mêmes - ainsi que nos communautés - envers une culture de la paix faisant progresser le bien de tous qui est fondé sur la guérison commune, le vivre ensemble et une sécurité partagée.

Une hostilité croissante

La neuvième Assemblée mondiale des religions pour la paix attire l'attention sur une nouvelle menace pour la paix : une hostilité croissante.

Nous sommes profondément troublés par cette hostilité qui se développe dans la société et à l'intérieur de nos communautés ainsi qu’entre elles. Cette hostilité envers « l'autre » est une aggravation de l’intolérance et prend trop souvent la forme de la violence. Les victimes de l'hostilité sont souvent les populations vulnérables, y compris les membres des minorités ethniques, religieuses et linguistiques, des immigrants, des réfugiés, des demandeurs d’asile et, au plan interne, des personnes déplacées et des apatrides.

L’hostilité est le fait de tous les secteurs de la société, l’Etat, les individus, les groupes sociaux, les organisations de toute nature. Bien que la liberté de religion ou de conviction soit de plus en plus valorisée internationalement, un nombre croissant de gouvernements soumettent à des restrictions les croyances et les pratiques religieuses. Souvent, certaines religions sont placées dans une situation d’infériorité par rapport à d’autres. Les violences sectaires et communautaires divisent les sociétés, alimentent les conflits, détruisent des vies innocentes. L’hostilité sociale envers les personnes et les groupes alimentée par l’intolérance et la peur de « l’ autre » menace la dignité humaine, la bonne gouvernance et le bien-être partagé. De plus en plus de gens sont persécutés à cause de leur foi.

L'intolérance et la violence dans toutes leurs manifestations sont un obstacle à la paix. Elles exacerbent dangereusement les autres graves menaces contre la paix. Les communautés de croyants ont le devoir de s’en prendre à l’hostilité envers « l’autre », aspect à la fois urgent et crucial de la lutte contre ce qui menace gravement la paix.

« Accueillir l'autre », une vision multi-religieuse de la paix.

Notre vision multi-religieuse de la paix comprend un appel adressé à tous les croyants d’« accueillir l'autre », Chacune de nos diverses traditions religieuses appelle à une solidarité profonde avec « l’autre », et un sentiment de proximité avec lui, enraciné dans un esprit d’unité qui est une valeur profondément ressentie et largement partagée dans nos communautés. « Accueillir l'autre », signifie se respecter et s’accepter les uns les autres.

Nous sommes en faveur d’un effort énergique de promotion de la tolérance, qui est encouragée par la reconnaissance des droits humains universels, et qui est une condition essentielle de « l’accueil de l’autre ».

« Accueillir l’autre » renforce la tolérance et la mène plus loin en appelant chaque communauté de croyants à être en solidarité avec la dignité, la vulnérabilité et le bien-être de « l’autre » avec toute la force de ses propres doctrines morales et spirituelles. Ces doctrines sont spécifiques à chaque tradition religieuse. Elles comprennent : rechercher activement la justice, accepter de se sacrifier pour le bien d’autrui, supporter la souffrance quand on est innocent, rendre le bien pour le mal, demander et accorder le pardon, et exprimer amour et compassion sans restriction.

« Accueillir l’autre » nous appelle à travailler au plein épanouissement de la dignité humaine par le développement intégral de l’être humain.

En nous basant sur les déclarations de nos assemblées précédentes, nous reconnaissons qu’ « accueillir l’autre » invite chacun à participer à la construction, à l’entretien et à la bonne gestion de notre bien-être commun qui comprend le respect de la nature et le progrès de l’harmonie avec elle. La bonne gestion de la terre est une obligation religieuse solennelle.

Les communautés de croyants travaillant ensemble peuvent être des acteurs puissants dans la prévention de la violence avant qu’elle se déclare, dans l’atténuation d’un conflit quand il se produit et dans la reconstruction des sociétés déchirées par la guerre. Les ressources excessives consacrées aux armements seraient mieux employées à soulager la misère, à faire progresser l’éducation et les soins de santé de base pour tous et à faire face aux défis de l’environnement.

« Accueillir l’autre » nous fait nous voir les uns dans les autres. Nous devons pour cela enseigner à nos enfants la non-violence, les stratégies de prévention des conflits et les valeurs universelles de la paix. La vision positive que nous partageons de la paix fonde pour nous un droit humain à la paix.

Nous pouvons accueillir l’autre par la promotion d’une notion plus ferme de la citoyenneté reconnaissant les droits humains fondamentaux, y compris la liberté de religion ou de croyance.

Les communautés de croyants accueillent l’autre quand elles travaillent ensemble à la promotion d’un développement humain respectueux de la terre. « Accueillir l’autre » c’est refuser d’être complice d’une destruction de la terre qui aggrave les catastrophes et la détresse humaine. Préserver l’air, la terre et ‘eau est essentiel pour le bien-être et la survie de l’humanité. Le développement devrait rendre justice à la continuité de la vie en préservant la nature au bénéfice de la génération présente et des générations futures.

Nos communautés peuvent devenir des centres d’éducation religieuse à l’« accueil de l’autre ». Pour cela, nous devons retrouver nos doctrines qui nous appellent à accueillir l’autre, les diffuser largement au sein de nos communautés respectives y compris les jeunes, et les mettre en pratique.

Les communautés de croyants peuvent travailler à renverser la montée croissante de l’hostilité envers « l’autre », en faisant progresser leur vision multi-religieuse de la paix et en agissant dans un cadre multi-religieux.

L’Assemblée mondiale des Religions pour la Paix formule les appels plus spécifiques énumérés ci-après :

1) Appels adressés aux responsables religieux et aux croyants

- Respecter et protéger la dignité humaine en quelque lieu et à quelque moment qu’elle soit attaquée

- Encourager les hommes et les femmes à coopérer activement pour exalter la dignité des femmes et des filles et travailler ensemble à empêcher la violence envers elles

- Défendre publiquement les individus et les groupes vulnérables ainsi que tous ceux qui sont persécutés ou dont l’existence est niée à cause de leur foi

- Reconnaître que le bien-être des familles et des groupes et celui des communautés sont une condition préalable au bien-être des enfants

- Se préoccuper des questions de responsabilité découlant des causes du changement climatique

- Reconnaître la valeur des initiatives prises par les jeunes à la base en vue de l’accueil de l’autre et de la promotion d’une paix durable

- Faire progresser les valeurs spirituelles essentielles au partage du bien-être

- Renforcer l’acceptation de la diversité dans nos communautés

- Accueillir l’autre par la prière et par le service

- S’engager dans des partenariats avec des associés divers pour accueillir l’autre et utiliser à cet égard l’effet de levier des réseaux multi-religieux afin de faire progresser la dignité humaine, le bien-être et la citoyenneté de tous par une action concrète multi-religieuse.


2) Appels aux gouvernements, aux organisations internationales et à la société civile.
- Promouvoir une action administrative transparente qui assure et protège le développement d’un bien-être global et la jouissance entière par tous des droits humains universels

- Fournir des moyens de recours aux victimes de l’intolérance

- Promouvoir des politiques sociales et des normes juridiques qui reconnaissent la dignité des immigrants, des réfugiés, des demandeurs d’asile, des apatrides et des personnes déplacées à l’intérieur du pays.

- Faire progresser une citoyenneté qui garantisse la dignité humaine et qui protège la sécurité et le bien-être de tous les individus, y compris la liberté de religion et de croyance et les autres droits individuels et collectifs, que ces personnes appartiennent à la majorité ou à des minorités

- Assurer la protection des lieux de culte

- Eliminer les armes nucléaires, les autres armes de destruction massive et mettre un terme à la prolifération des armes légères

- Promouvoir une justice réparatrice afin de guérir les victimes et les auteurs des conflits violents

- Faire face aux dangers d’exposition et de contamination nucléaire pour protéger tous les êtres vivants et les générations futures

- Soutenir les croyants, les responsables religieux, les communautés et les réseaux de croyants et coopérer avec eux dans leurs efforts d’accueil de l’autre

3) Appels adressés à tous les hommes de bonne volonté.

- Attirer l’attention sur toutes les formes d’intolérance et de discrimination émanant des Etats ou d’acteurs non étatiques, de la société civile, de responsables et de groupes religieux ou de simples individus, et travailler à les éliminer

Accueillir l’autre

Nous, délégués à la neuvième Assemblée mondiale des Religions pour la Paix sommes unis dans notre engagement de résister aux menaces contre la paix prenant la forme de l’hostilité envers l’autre, et d’agir positivement pour accueillir l’autre en promouvant un vrai épanouissement de tous les êtres humains.

Ce double engagement et les appels à l’action qui lui correspondent sont l’expression de notre vision collective de la paix

Vienne (Autriche), 22 novembre 2013

Transmis le Nov 29, 2013 - 12:47 AM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
WCRP - International

Durant l’Assemblée générale du 13 mai 2012, Brigitte Chevalier, représentante de Religions pour la Paix à l'UNESCO, a présenté les implications de Religions pour la Paix à l'International.

Les trois textes suivants sont publiés à titre d'exemples comme pour la création d'un Conseil Interreligieux pour la Paix en Bosnie Herzégovine et
à l'occasion de session de la Conférence générale de l’UNESCO :

- 36ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO, 25 Octobre – 10 Novembre 2011 ; Intervention de Brigitte Chevalier, Représentante de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix.


- Résumé des débats de la 36ème Session de la Conférence Générale.


- La création d'un Conseil Interreligieux pour la Paix en Bosnie Herzégovine. Une bonne pratique de réconciliation, grâce au dialogue

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Dans le même domaine, on peut revoir la Déclaration de Sarajevo du Conseil Européen des Leaders Religieux 2012 adressée par Jacqueline Rougé.
Cliquez ICI.

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Transmis le Juil 14, 2012 - 12:12 AM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensemble


Restoring dignity
End violence against women



A Message from Dr. William F. Vendley
Secretary General, Religions for Peace

Violence against women is wrong. We know—each according to her or his respective religious tradition—that the true dignity of every woman is a “gift from God.” This gift of dignity is inviolable. It is not given by cultures, states, societies, communities or individuals. It cannot be taken away by them. But this dignity—which is the true beauty of being a person—must be actively respected, protected and honored.

Violence against women is prevalent. Individuals engage in violence against women, but there are also cultural and social patterns that reinforce or appear to justify individuals’ acts of violence. Some have interpreted their religious traditions as supporting these patterns of violence. Honesty calls us to acknowledge that this is wrong. Violence against woman is a direct assault on the positive vision of peace that is central to each of our respective religious traditions. As religious believers committed to cooperating for peace, we need to work together to uphold the inviolable dignity of women and girls by defending them from violence.

Religions for Peace is grateful for and proud of the leadership of women of faith in facing this challenge. However, it is one to be shouldered by all religious believers—men and women. Through the power of multi-religious collaboration, religious leaders and believers can work together to uphold the dignity of every human person.

Religions for Peace is launching a multi-year initiative: Restoring Dignity—End Violence Against Women. I personally invite you to join in supporting this important initiative.

Kindly anticipate that Ms. Jacqueline Ogega, Director of the Women's Mobilization Program, will be contacting you with specific details in the future.

With appreciation for your leadership and partnership in this important work,

I remain sincerely yours,

Dr. William F. Vendley
Secretary General


Transmis le Oct 16, 2009 - 12:21 AM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensemble

Au sujet de la guerre Israël - Gaza, une déclaration émanant des communautés juive, musulmane, chrétiennes, a été lue le jeudi 15 janvier à 17h Palais Rihour, à Lille, en présence de la presse. Frédéric Verspeeten, président du groupe local de la CMRP, est l'un des artisans du texte et coordinateur de la rencontre avec la presse.




Proche Orient : les confessions religieuses de la région de Lille parlent d’une même voix



Nous, représentants des confessions religieuses de notre région : catholique, orthodoxe, protestante, juive et musulmane, nous sommes rassemblées ce jeudi 15 Janvier au Palais Rihour à Lille, pour nous unir dans un même temps de prière pour la paix entre les peuples du Proche Orient.

Nous exprimons notre vive émotion et nous condamnons la violence qui touche depuis trop longtemps les populations civiles israéliennes et palestiniennes et qui entrave l’instauration d’une paix juste et durable entre les peuples. Nous appelons à l arrêt immédiat des combats pour aboutir à une paix définitive au Proche Orient.

Nous condamnons tous les actes racistes et antisémites qui ne font qu’exacerber les tensions dans notre pays. Nous tenons à rappeler les relations d’amitiés déjà anciennes que nous avons nouées et nous insistons sur le dialogue régulier que nous avons instauré dans le strict respect des croyances et des positions de l’autre.

Nous en appelons solennellement, dans cette douloureuse période, à l’esprit d’écoute, de dialogue et de respect mutuel, pour que le « vivre ensemble » soit plus que jamais le credo des français de toutes confessions et de toutes opinions dans notre pays.

Soucieux de construire un avenir ou chacun pourra vivre et s’épanouir librement dans l’écoute et le respect des autres, nous appelons à développer dès aujourd’hui de multiples manières toutes les initiatives d’éducation à la Paix et à la connaissance mutuelle, afin de rompre la logique des armes et de la violence qui entraîne toujours plus de violence. Dans ce sens nous voulons souligner le travail de nombreux groupes partout dans le monde et dans notre pays qui sont déjà engagés dans cette démarche et nous en faire nous aussi les artisans.


Archevêque de Lille : Monseigneur L. ULRICH
Eglise Orthodoxe Russe : Père J. MAQUART
Eglise Réformée de Lille : E. ALTEMULLER
Communauté Juive de Lille : Dr. J.-C. KOMAR Conseil Régional du Culte Musulman : A. LASFAR





Transmis le Jan 18, 2009 - 05:41 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux


L’interreligieux… vu par le GIP 93


La religion n’est pas la croyance d’un clan.
La religion n’est pas l’illusion des faibles.
La religion n’est pas l’imaginaire des puissants.

Comme un veilleur attend l’aurore Philippe Leclercq L’HARMATTAN


La religion est en inter-face entre le « monde de l’homme » et le « monde de Dieu ».
A y voir « la chose de l’homme », nous pourrions considérer notre terre comme traversée horizontalement par une série de parallèles superposés qui délimiteraient symboliquement chacune des religions de notre monde. Les religions seraient comme des conglomérats humains qui marqueraient leur différence, revendiqueraient leur identité, imposeraient leurs vues d’une manière univoque, hétérogène, sinon même concurrentielle et conflictuelle.

A y voir « l’œuvre de Dieu », nous pourrions considérer notre planète comme traversée verticalement par un méridien unique de référence qui départagerait le jour de la nuit. Sur la face lumineuse de la terre éclairée par le soleil, les fidèles de chaque religion vivraient leur rapport à Dieu dans le dynamisme d’un avenir toujours nouveau. Les frontières interreligieuses, marquées par les parallèles, seraient alors relatives par rapport à cette dynamique fondatrice, créatrice et unifiante. Mais dans la nuit de l’autre face obscure de notre humanité, les membres de chaque religion vivraient leur foi prioritairement dans la peur et l’avidité. En vivant secrètement cette peur en eux-mêmes, ils réduiraient Dieu à la compensation idolâtrée de leur abîme, et la religion, aux certitudes indispensables à leur déséquilibre de vie. Alors le Dieu de l’autre ne peut que porter ombrage, et la pratique de l’autre ne peut qu’être menaçante. Le risque est grand de faire de Dieu une idole, de la religion, une secte, du croyant, un esclave, et de tout homme, un ennemi.
Le GIP 93 réunit des personnes qui apprennent à vivre ensemble et dans leur diversité cette relation au fondement, d’une manière intime et existentielle, selon le cheminement propre de chacun. Toutes les fleurs ont leur place au soleil. La pâquerette vaut un lys. Le pissenlit vaut une rose. Il n’est pas question de grands ou de petits, de bons ou de mauvais. Chacun chante dans son registre propre la grande symphonie du monde aimé de Dieu. Nous pensons que lorsqu’il s’agit du rapport fondamental de chacun à Dieu, la vérité n’est pas univoque mais devient au contraire le bien propre de chacun. La religion devient ce lieu secret du partage de la vie de chacun avec Dieu.

Bien sûr il y a des familles religieuses. Les membres du GIP apprennent à se connaître et se reconnaître en familles. Chaque famille est différente et c’est un bien. Chaque famille a sa place au soleil. Mais chaque famille est aussi appelée à prendre conscience qu’elle n’est pas le tout de l’humanité.

C’est pourquoi la rencontre inter-religieuse est une école d’humilité, pour les personnes comme pour leurs communautés. Car il ne s’agit pas de tout niveler, de dire que tout se vaut, de penser que chacun dit la même chose, de prétendre que tout est interchangeable, que chacun devrait perdre sa propre identité pour fusionner dans un grand tout. Mais il ne s’agit pas non plus de dire ou de penser qu’il n’y a qu’une seule religion qui soit vraie et que toutes les autres se trompent. Nous pensons que le syncrétisme comme l’impérialisme idéologique représentent deux formes de violence et plus fondamentalement encore, deux formes de mensonge.

La vie du groupe vise l’unité, mais pas l’uniformité. La paix ne vient pas de l’oubli ou de l’ignorance des différences, mais au contraire, de la connaissance et de l’acceptation des différences. L’effort qui est à faire s’oriente dans le sens contraire du mouvement spontané. Car il s’agit d’un travail de maîtrise de soi, plutôt que d’un travail de maîtrise de l’autre ou de choses extérieures. Mais ce travail est essentiel car la volonté de puissance orientée vers la maîtrise de l’autre est rigoureusement à l’opposé de toute démarche religieuse authentique.

Transmis le Déc 28, 2008 - 12:44 AM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflitsZIMBABWE

23 April 2008

Dear Esteemed Members of Religions for Peace:
Warm greetings.
The people in Zimbabwe deserve all our support as they struggle with great hardships and a highly confused and volatile political situation.
Religions for Peace—through its African regional arm, the African Council of Religious Leaders (ACRL)—is seized by this important challenge. You will find below the Statement of Religions for Peace leaders, Archbishop John Onaiyekan and H.E. Sheikh Shaban Mubaje, who are leaders both in our World Council and the African regional body.

Religions for Peace is actively pursuing ways to help resolve the current tensions under the able leadership of Dr. Mustafa Ali, the Secretary General of the Religions for Peace African Council of Religious Leaders.
Yours in solidarity,

Dr. William F. Vendley


The African Council of Religious Leaders
23 April 2008
Let Sanity Prevail In Zimbabwe

The leadership of the Religions for Peace African Council of Religious Leaders (ACRL) is profoundly saddened with the post-election uncertainty that has gripped Zimbabwe. The Council is distressed and deeply disturbed that after years of extreme socio-political and economic difficulties, violence is imminent in Zimbabwe. The people of that country are at the moment undergoing tremendous pressures occasioned by the socio-political and economic problems.

Religions for Peace ACRL strongly believes that peace and stability in Zimbabwe is of paramount importance. The Council therefore urges all the political actors in Zimbabwe to continue working vigorously towards such peace and stability. The President of Zimbabwe, the Government he leads and its agencies have a specific responsibility in this regard, especially to respect human rights and the sanctity of life of citizens.

Religions for Peace ACRL urges all peace loving Africans and friends of Zimbabwe to rally around the people of Zimbabwe to seek and find a just and peaceful solution to the present crisis.

Religions for Peace ACRL calls for a more pro-active, positive and determined approach from the African Union and all African leaders in the face of the imminent catastrophe in Zimbabwe, which has almost reached crisis levels. All hands must be on deck to banish for good the unfortunate impression that in Africa, many leaders are not interested in the democratic dispensation their citizenry wishes to prevail.

The Council fully recognizes the maturity of the people of Zimbabwe and thus appeals to them to continue the peaceful agitation for their rights, to seek political solutions to the current situation, and to stand together to the end—never to seek recourse in violence. Religions for Peace ACRL appeals to the religious leadership in Zimbabwe to be united in their pursuit of a just peace and to speak out against all socio-political and economic injustices perpetrated by any section of the society, people or government in Zimbabwe. The Council further calls on the international community to discourage and stop any actions that may breed further violence and conflict, such as the transfer of weapons. What Zimbabwe needs at this moment from the International Community is full and effective support for every effort or move to reach a peaceful solution.
May the God of justice and peace bring relief to our dear people of Zimbabwe. Amen.

Archbishop J. Onaiyekan
Archbishop of Abuja
Sheikh Shaban Mubaje
Grand Mufti of Uganda
Co-Chairs, Religions for Peace African Council of Religious Leaders


The Religions for Peace African Council of Religious Leaders (ACRL) is the foremost pan-African multi-religious body led by senior religious leaders drawn from each of Africa’s main religious traditions and all parts of the continent. The ACRL is affiliated with Religions for Peace and is its regional leadership body in Africa. For more information contact admin@acrl-rfp.org

Religions for Peace is the world’s largest and most representative multi-religious coalition advancing common action for peace since 1970. Headquartered in New York and accredited to the United Nations, Religions for Peace works through affiliated inter-religious councils in 70 countries in six continents


Transmis le Avr 26, 2008 - 01:09 AM Suite du texte (4429 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux

Communiqué de presse
Contact:
Ms. Andrea Louie, Religions for Peace
New York, USA
Tel: (+1) 212-687-2163
alouie@wcrp.org


Des responsables de différentes religions saluent l’appel au dialogue interreligieux lancé par le roi d’Arabie saoudite

— Un appel marquant qui contribue à faire progresser la coopération pluri-religieuse en vue de la paix au Proche Orient et dans le monde entier. —


( New York, 26 mars 2008) Des responsables de diverses religions réunis au sein de Religions pour la Paix, le rassemblement pluri-religieux le plus large du monde et le plus représentatif, ont salué aujourd’hui le puissant appel au dialogue entre Musulmans, Chrétiens et Juifs lancé par le roi Abdullah d’Arabie saoudite. Cet appel est d’autant plus remarquable que l’Arabie saoudite n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.

L’appel du roi fait suite à sa rencontre historique avec le pape Benoît XVI en novembre 2007, reconnue par le Vatican comme un progrès dans la voie d’une large discussion sur la nécessité d’un dialogue pluri-religieux et pluri-culturel “pour la promotion de la paix, de la justice et des valeurs morales et spirituelles”. Le roi Abdullah a précisé que son appel au dialogue s’étendait au monde entier.

Le Dr. William F. Vendley, secrétaire général de Religions pour la Paix a déclaré : “La coopération pluri-religieuse est une des clés de la construction de la paix au Proche Orient et dans le monde. Il est tragique que les initiatives politiques ont souvent fermé la porte au rôle positif que la coopération entre les religions peut jouer pour la construction de la paix. Le roi Abdullah ouvre cette porte.”

L’Arabie saoudite a fourni une contribution importante à la direction de Religions pour la Paix en la personne de deux anciens secrétaires généraux de la Ligue islamique mondiale, le Dr. Ahmed Mohammed Ali et le Dr. Abdullah bin Omar Nasseef. Celui-ci est l’un des présidents honoraires de Religions pour la Paix. S. E. le Cheikh Nasser Almutawa Alotaibi, président-directeur général du groupe Samama est l’un des trustees internationaux de Religions pour la Paix.

Le Rév. Léonide Kishkovsky, modérateur de Religions pour la Paix, a fait observer que l’appel au dialogue et à la coopération du roi d’Arabie se fondait sur des principes largement admis qui ont permis aux communautés de croyants d’obtenir des résultats tangibles de solution des conflits et de développement. “Une coopération pluri-religieuse authentique requiert des participants qu’ils reconnaissent honnêtement leurs différences religieuses et qu’ils s’engagent à collaborer sur la base de préoccupations morales partagées. Le respect de ces principes a rendu Religions pour la Paix capable d’affronter directement le conflit et la misère tout en développant la confiance entre diverses communautés de croyants.”

Le Grand Rabbin David Rosen, membre du Conseil mondial de Religions pour la Paix et président du Comité juif international pour les consultations interreligieuses, a déclaré : “La signification de l’appel au dialogue multi-religieux lancé par le roi Abdullah ne peut être surestimée. Un tel dialogue pourrait avoir un impact d’une grande portée dans la région du Proche Orient en aidant les religions à s’engager dans la construction de la paix.”

S. E. le Dr. Mustafa Ceric, Grand Mufti de Bosnie Herzégovine et membre du conseil mondial de Religions pour la Paix a joint sa voix à celle des autres responsables religieux en saluant l’appel du Roi au dialogue. “Trop d’entre nous, a-t-il dit, ne savent que trop les douleurs, les souffrances et les dévastations que la guerre et les conflits infligent aux innocents. Que nous, croyants, collaborions pour la paix.”


Religions pour la Paix travaille depuis 1970 à la coopération pluri-religieuse en vue de la paix. En décembre, ses responsables au Proche-Orient ont jeté les bases d’un Conseil de Responsables religieux du Proche-Orient de Religions pour la Paix et d’un Conseil interreligieux de Palestine. Religions pour la Paix est présente en Israël à travers le Conseil interreligieux israélien de coordination.




Transmis le Mar 29, 2008 - 12:13 AM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflits

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Conférence Mondiale des Religions pour la Paix

Des responsables religieux de haut niveau agissent pour construire la paix au Proche Orient,
Ils prennent des mesures pour renforcer le dialogue entre chrétiens et musulmans,
Ils demandent l’établissement d’institutions participatives en Birmanie



Des responsables du Proche-Orient de religions différentes créent un conseil pluri-religieux affilié à Religions pour la Paix pour faire progresser le processus de paix

(NEW YORK, 7 décembre 2007)— Le Comité exécutif du Conseil mondial de Religions pour la Paix, composée de responsables religieux de haut niveau représentant toutes les principales traditions religieuses, s’est réuni à Alexandrie les 5 et 6 décembre 2007. Il a annoncé de nouvelles initiatives pluri-religieuses en réponse aux problèmes mondiaux les plus urgents.

Ces responsables religieux ont ratifié la création dernièrement annoncée de l’organisme pluri-religieux de Religions pour la Paix au Proche Orient dénommé Conseil de Responsables religieux du Proche Orient et la formation récente du Conseil inter-religieux de Palestine de Religions pour la Paix destiné à faciliter le très délicat dialogue mondial entre chrétiens et musulmans. Ils ont renouvelé leur appel à un dialogue constructif et à la mise en place d’institutions participatives en Birmanie en offrant leurs services au gouvernement du Myanmar pour aider à construire une paix juste. La Conférence mondiale des Religions pour la Paix (“Religions pour la Paix”) est, au niveau mondial, le principal regroupement pluri-religieux et le plus représentatif.

Le Dr. William F. Vendley, secrétaire général de Religions pour la Paix, a déclaré : “En agissant en commun à propos de trois problèmes critiques—le vivre enemble en Terre sainte, le dialogue islamo-chrétien et les aspirations pacifiques du peuple birman à une forme participative de gouvernement, les communautés de croyants du monde exercent une autorité morale.”

Lors de leur réunion de fin d’année tenue à Alexandrie les 5 et 6 décembre, douze membres du Comité exécutif de Religions pour la Paix ont élaboré une position commune sur des questions mondiales d’une actualité brûlante.

Le Rév. Leonid Kishkowsky, qui en est le modérateur, a souligné que “les actions entreprises par des responsables religieux d’une telle diversité démontrent la force et la pertinence de la coopération pluri-religieuse sur les problèmes les plus importants de la communauté mondiale.”

La Commission a publié trois déclarations officielles sur le Proche Orient, le dialogue islamo-chrétien et la Birmanie dont on trouvera des extraits ci-dessous .

Proche Orient

« De nouvelles initiatives sont en cours pour construire la paix au Proche Orient. Des solutions concrètes aux questions des frontières d’un futur Etat palestinien, de l’avenir de Jérusalem et des droits des Palestiniens au retour peuvent et doivent être trouvées. »

On lit ce qui suit dans la première déclaration : « Nous, Comité exécutif de Religions pour la Paix, invitons les responsables politiques palestiniens et israéliens à faire des pas audacieux vers une paix juste et durable. Nous invitons aussi les autres Etats, ceux de la région et ceux qui assistent le processus de paix, en particulier les Etats Unis, à redoubler d’efforts pour soutenir un processus de paix fondé à la fois sur de justes principes et sur les réalités concrètes. (...) Si une solution politique dépend d’un réglement équitable des aspirations politiques légitimes des Juifs et des Arabes en Terre sainte, nous responsables religieux, savons aussi qu’une paix véritable et la réconciliation demanderont une participation active des communautés de croyants. (...) Nous exprimons notre gratitude pour la création récente du Conseil interreligieux de Palestine au sein de Religions pour la Paix Nous nous sentons profondément encouragés par l’engagement qu’ont pris des responsables religieux d’instituer un Conseil de Responsables religieux du Proche Orient affilié à Religions pour la Paix conçu de manière à faciliter la coopération multi-religieuse pour la paix dans toute la région. Nous sommes solidaires de ces organes pluri-religieux et nous engageons à les aider, à les soutenir et à les renforcer en vue d’une action concrète pour la construction de la paix. »
Voir texte intégral.

Le dialogue islamo-chrétien

Aux termes de la seconde déclaration, « le Comité exécutif de Religions pour la Paix, réunie à Alexandrie les 5 et 6 décembre 2007, se félicite de la lettre ouverte aux responsables chrétiens intitulée “Une parole commune entre vous et nous” qui a été publiée le 11 octobre sous la signature de 138 responsables musulmans.

Cette lettre arrive à un moment crucial des relations islamo-chrétiennes et témoigne d’un esprit positif et constructif. Elle passe en revue les Ecritures saintes de l’Islam et du Christianisme afin de faire ressortir les ressemblances dans la compréhension de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Ces convictions sont à l’origine de valeurs profondément soutenues et largement répandues dans beaucoup d’autres grandes traditions religieuses : le devoir de prendre soin de tous et d’œuvrer à la paix, à la justice, à la droiture et à la défense de l’environnement.

Que nos religions restent réellement différentes n’empêche pas qu’elles puissent et doivent se réunir et coopérer sur la base de cet engagement moral convergent. (...) Conscient du fait que l’appel au dialogue contenu dans cette lettre s’adresse d’abord aux responsables chrétiens et musulmans, le Comité exécutif de Religions pour la Paix se propose comme pouvant faciliter les processus, basés sur cette lettre et les réactions qu’elle a provoquées, susceptibles de faire progresser le dialogue et l’action commune. »
Voir texte intégral.

La Birmanie

Dans la troisième déclaration, on lit : « Nous voyons un motif d’espérance dans la prise de contact du gouvernement birman avec le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Myanmar, avec le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme au Myanmar et avec Daw Aung San Suu Kyi, prix nobel de la paix et chef de la Ligue nationale pour la démocratie.

Ces actes préliminaires doivent cependant mener à une action continue pour la paix. Nous invitons les Nations Unies et les institutions régionales comme l’ASEAN à faire usage de tous les instruments à leur disposition pour encourager un dialogue pacifique et significatif entre le gouvernement et tous les secteurs de la société birmane. Nous, Comité exécutif— de Religions pour la Paix, offrons nos bons offices à ces organisations et au gouvernement birman pour les aider à prendre les mesures nécessaires à l’établissement d’une paix juste. »
Voir texte intégral

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Transmis le Déc 15, 2007 - 11:27 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflits

Déclaration du Comité exécutif de “Religions pour la Paix”
sur la construction de la paix au Proche Orient.

Alexandrie | 6 décembre 2007


De nouvelles initiatives sont en cours pour construire la paix au Proche Orient. Des solutions concrètes aux questions des frontières d’un futur Etat palestinien, de l’avenir de Jérusalem et des droits des Palestiniens au retour peuvent et doivent être trouvées.

Nous, Comité exécutif de “Religions pour la Paix”, invitons les responsables politiques palestiniens et israéliens à faire des pas audacieux vers une paix juste et durable. Nous invitons aussi les autres Etats, ceux de la région et ceux qui assistent le processus de paix, en particulier les Etats Unis, à redoubler d’efforts pour soutenir un processus de paix fondé à la fois sur de justes principes et sur les réalités concrètes.

Prendre les dispositions politiques nécessaires pour construire la paix demandera beaucoup de courage et de volonté politique de la part des Israéliens et des Palestiniens. Ce courage et cette volonté existent mais demandent à être soutenus et encouragés de toutes les manières.

Comme les responsables religieux à haut niveau du Conseil des Institutions Religieuses de la Terre Sainte l’ont noté récemment : “Les Palestiniens aspirent à la fin de l’occupation et à ce qu’ils estiment être leurs droits inaliénables. Les Israéliens rêvent du jour où ils pourront vivre en sécurité individuellement et collectivement.
Ensemble, ont-ils ajouté, nous devons trouver le moyen d’atteindre ces objectifs.”

Aojourd’hui, les deux communautés doivent entreprendre de rompre le cercle vicieux de la violence et donner des expressions tangibles de bonne volonté propres à construire la confiance. Nous appelons les gouvernements et les populations d’Israël et de la Palestine à résister à toute tentative violente de la part des extrémistes pour prendre en otage le processus de paix, et à s’armer du grand courage nécessaire pour susciter la confiance. Nous notons avec appréciation les nombreux efforts qui se font en ce sens à la base.

Si une solution politique dépend d’un réglement équitable des aspirations politiques légitimes des Juifs et des Arabes en Terre sainte, nous, responsables religieux, savons aussi qu’une paix véritable et la réconciliation demanderont une participation active des communautés de croyants. Les croyants juifs, chrétiens et musulmans sont profondément attachés à la Terre sainte. L’héritage spirituel de ces trois communautés a formé l’histoire de cette terre, et la vitalité de leur foi est en elle-même une force irremplaçable pour promouvoir une paix juste et réconcilier des communautés profondément blessées par des décennies de violence et de conflit.

Nous sommes pleinement solidaires des signes courageux et réconfortants qui se manifestent au sein des communautés de croyants en Terre sainte.

Concrètement, les responsables religieux ont identifié le respect des lieux saints comme étant une de leurs premières priorités. Ils sont unanimement convaincus que tous, responsables politiques et communautés de croyants, doivent agir pour assurer l’intégrité et l’indépendance des lieux de culte et pour les protéger contre les actes de profanation, les attaques et les dégradations. Les responsables religieux tiennent particulièrement à faire en sorte que leurs propres lieux saints ne soient pas utilisés abusivement à des fins opposées aux aspirations pacifiques de leur religion respective. Nous nous engageons à soutenir leurs initiatives en ce sens.

Nous croyons à la coopération entre les religions en Terre sainte comme un moyen sans égal et irremplaçable de construction de la paix.

C’est pourquoi nous en appelons aux gouvernements en cause et à tous les responsables du processus de paix politique pour qu’ils reconnaissent l’importance des initiatives interreligieuses et en tiennent compte d’une manière appropriée. Simultanément, nous insistons pour que les responsables religieux de Terre sainte intensifient les efforts qu’ils font pour faciliter la communication et la collaboration entre leurs commuautés en vue de construire la compréhension et la confiance, de soulager les souffrances et de guérir les blessures profondes.

A cet égard, nous enregistrons avec une particulière satisfaction la création du Conseil des Insitutions religieuses de Terre sainte. Nous exprimons notre gratitude pour les efforts pluri-religieux qui se déploient en Israël, y compris le Conseil interreligieux de Coordination d’Israël, et pour la création récente du Conseil interreligieux de Palestine, l’un et l’autre affiliés à “Religions pour la Paix” Nous nous sentons profondément encouragés par l’engagement qu’ont pris des responsables religieux d’instituer dans le cadre de “Religions pour la Paix” un Conseil de Responsables religieux du Proche Orient conçu de manière à faciliter la coopération multi-religieuse pour la paix dans toute la région. Nous sommes solidaires de ces organes pluri-religieux et nous engageons à les aider, à les soutenir et à les renforcer en vue d’une action concrète pour la construction de la paix.

Au niveau mondial, en tant que responsables du regroupement le plus vaste et le plus représentatif de responsables religieux travaillant ensemble à la paix, nous nous engageons, en signe de solidarité, à accepter l’invitation que nous font nos collègues de Terre sainte de tenir notre réunion dès que possible à Jérusalem, ville sainte aux yeux de trois grandes traditions religieuses.

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Transmis le Déc 14, 2007 - 11:21 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflits

Déclaration du Comité exécutif de “Religions pour la Paix”
sur le dialogue pacifique et les institutions participatives en Birmanie

Alexandrie | 6 décembre 2007


La famille de “Religions pour la Paix”, répandue dans le monde entier, est rassemblée par la conviction que tout acte commis contre les communautés religieuses sous l’autorité du gouvernement du Myanmar atteint aussi toutes les communautés de croyants du monde. Nous apprécions la déclaration faite le 25 septembre 2007 par le Dr. William F. Vendley, secrétaire général de “Religions pour la Paix” appelant les communautés de toutes religions à se tenir aux côtés des moines bouddhistes dans leur protestation pacifique.

Nous voyons un motif d’espérance dans la prise de contact du gouvernement birman avec le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Myanmar, avec le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme au Myanmar et avec Daw Aung San Suu Kyi, prix nobel de la paix et chef de la Ligue nationale pour la démocratie. Ces actes préliminaires doivent cependant mener à une action continue pour la paix.

Nous invitons le gouvernement du Myanmar:

- à engager un dialogue pacifique avec toutes les parties en vue de promouvoir des institutions participatives,
- à faire usage de l’expérience et des ressources des Nations Unies, de l’ASEAN et d’autres institutions internationales et régionales comme médiateurs et facilitateurs pour faire progresser le dialogue pacifique et la marche vers des institutions participatives,
- à s’abstenir de l’usage de la force à l'égard de toute protestation pacifique,
- à accorder aux représentants des Nations Unies et de l’ICRC un accès libre et complet aux lieux de détention et à relâcher les manifestants encore détenus et les prisonniers politiques.

Nous invitons les Nations Unies et les institutions régionales comme l’ASEAN à faire usage de tous les instruments à leur disposition pour encourager un dialogue pacifique et significatif entre le gouvernement et tous les secteurs de la société birmane. Nous, Comité exécutif— de “Religions pour la Paix”, offrons nos bons offices à ces organisations et au gouvernement birman pour les aider à prendre les mesures nécessaires à l’établissement d’une paix juste.

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Transmis le Déc 14, 2007 - 11:07 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux


Déclaration du Comité exécutif de “Religions pour la Paix”
sur la lettre de 138 responsables musulmans en date du 11 octobre 2007

Alexandrie | 6 décembre 2007



La Comité exécutif de “Religions pour la Paix”, réunie à Alexandrie les 5 et 6 décembre 2007, se félicite de la lettre ouverte aux responsables chrétiens intitulée “Une parole commune entre vous et nous” qui a été publiée le 11 octobre sous la signature de 138 responsables musulmans. Cette lettre arrive à un moment crucial des relations islamo-chrétiennes et témoigne d’un esprit positif et constructif.

La Comité exécutif constate que les signataires de la lettre représentent toutes les régions du monde et toutes les principales traditions existant dans l’Islam. Parmi eux se trouvent beaucoup de responsables de haut niveau et d’intellectuels reconnus. Ils donnent ensemble une chance précieuse d’approfondir la compréhension entre les chrétiens et les musulmans.

La Comité exécutif se félicite également des nombreuses réactions positives à cette lettre venues de responsables chrétiens divers, d’institutions œ*****éniques et d’établissements de théologie chrétienne.
Leurs réponses démontrent qu’elle a fait progresser le dialogue, et ceci devrait continuer grâce à la poursuite de l’étude de la lettre, des réponses qui lui ont été faites et du noyau central de son contenu, l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Nous avons l’espoir que ces réflexions conduiront aussi à des expressions communes de service à l’humanité.

La lettre des responsables musulmans est de nature théologique. Elle passe en revue les Ecritures saintes de l’Islam et du Christianisme afin de faire ressortir les ressemblances dans la compréhension de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Ces convictions sont à l’origine de valeurs profondément soutenues et largement répandues dans beaucoup d’autres grandes traditions religieuses : le devoir de prendre soin de tous et d’œuvrer à la paix, à a justice, à la droiture et à la défense de l’environnement. Que nos religions restent réellement différentes n’empêche pas qu’elles puissent et doivent se réunir et coopérer sur la base de cet engagement moral convergent.

Le dialogue interreligieux progresse quand nous, hommes de religion, prenons conscience des valeurs et des engagements qui nous sont communs. Simultanément, le dialogue doit aussi prendre en considération d’une manière ouverte et honnête les points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord et même ceux qui peuvent être la cause de conflits entre nous. Quand nous étudions ces questions, nous devons comprendre aussi comment et pourquoi les religions peuvent être utilisées abusivement pour alimenter les conflits et même la violence. Nous nous engageons à prendre clairement position contre un tel usage fourvoyé de notre propre tradition religieuse.

Conscient du fait que l’appel au dialogue contenu dans la lettre s’adresse d’abord aux responsables chrétiens et musulmans, le Comité exécutif de “Religions pour la Paix” se propose comme pouvant faciliter les processus, basés sur cette lettre et les réactions qu’elle a provoquées, susceptibles de faire progresser le dialogue et l’action commune.

Le Comité exécutif encourage aussi les responsables musulmans et chrétiens à faire en sorte que la lettre soit portée à la connaissance des fidèles dans les églises et les mosquées du monde entier.

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Transmis le Déc 14, 2007 - 10:59 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux
Lettre adressée par 138 théologiens et experts musulmans,
au Pape et aux Responsables des principales églises chrétiennes (11/10/2007) :


"Une parole commune entre Nous et Vous", tel est le nom du document sans précédent adressé par 138 personnalités religieuses musulmanes du monde entier, au Pape et aux autres Responsables religieux chrétiens. "L'avenir et la paix dans le monde dépendent du dialogue et de la compréhension réciproque entre l'Islam et le Christianisme", écrivent-ils.
En voici le texte intégral (format pdf)



Transmis le Oct 13, 2007 - 05:28 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieuxLettre de J.L. Tauran (Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux ) adressée le 3 octobre 2007, pour la fin du ramadan

Message du Vatican à l'occasion du ramadan : Chrétiens et musulmans appelés à promouvoir une culture de la paix

Le Vatican, par la voix du Cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a adressé une lettre aux musulmans du monde entier pour leur souhaiter une bonne fin de Ramadan et une joyeuse fête d’Aïd al-Fitr. Dans ce message, le Vatican rappelle que chrétiens et musulmans sont appelés à promouvoir une culture de la paix.


Chers Amis Musulmans,

1. Il m’est particulièrement agréable de vous présenter pour la première fois les vœux amicaux et chaleureux du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux en votre joyeuse fête de ‘Id al-Fitr, qui conclut le chemin parcouru durant le mois de jeûne et de prière du Ramadan. Cette démarche est un temps fort pour la vie de la communauté musulmane et donne à chacun une force nouvelle pour son existence personnelle, familiale et sociale. Il importe en effet que chacun rende témoignage au message religieux par une vie toujours plus intègre et plus conforme au plan du Créateur, dans le souci du service de ses frères et dans une solidarité et une fraternité toujours plus grandes avec les membres des autres religions et avec tous les hommes de bonne volonté, dans le désir de travailler ensemble au bien commun.

2. Dans la période troublée que nous traversons, les membres des religions ont par-dessus tout le devoir d’œuvrer, en tant que serviteurs du Tout-Puissant, en faveur de la paix, qui passe par le respect des convictions personnelles et communautaires de chacun, ainsi que par la liberté de la pratique religieuse. La liberté de religion, qui ne se réduit pas à la simple liberté de culte, est en effet un des aspects essentiels de la liberté de conscience, qui est le fait de toute personne et qui est la pierre d’angle des droits humains. C’est en prenant en compte cette exigence que pourra être édifiée une culture de la paix et de la solidarité entre les hommes, et que tous pourront s’engager résolument pour construire une société toujours plus fraternelle, faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour refuser la violence quelle qu’elle soit, pour dénoncer et pour récuser tout recours à la violence, qui ne peut jamais avoir de motivation religieuse, car elle blesse en l’homme l’image de Dieu. Nous savons tous que la violence, notamment le terrorisme qui frappe aveuglément et qui fait de nombreuses victimes surtout parmi les innocents, est incapable de résoudre les conflits, et qu’elle ne peut que susciter l’engrenage mortifère de la haine destructrice, au détriment de l’homme et des sociétés.

3. En tant que personnes religieuses, il nous revient à tous d’être avant tout des éducateurs de la paix, des droits de l’homme, d’une liberté respectueuse de chacun, mais aussi d’une vie sociale toujours plus forte, car l’homme doit prendre soin de ses frères et sœurs en humanité, sans discrimination aucune. Nul ne peut être exclu de la communauté nationale en raison de sa race, de sa religion, ni d’aucune autre caractéristique personnelle. Tous ensemble, membres de traditions religieuses différentes, nous sommes appelés à diffuser un enseignement qui honore toute créature humaine, un message d’amour entre les personnes et entre les peuples. Il nous revient en particulier de former dans cet esprit les jeunes générations qui auront en charge le monde de demain. Il est du devoir tout d’abord des familles puis des personnes ayant des responsabilités dans le monde éducatif et de l’ensemble des Autorités civiles et religieuses, d’être attentifs à répandre un enseignement juste et à donner à chacun une éducation appropriée dans les différents domaines évoqués, en particulier une éducation civique, qui invite chaque jeune à respecter ceux qui les entourent et à les considérer comme des frères et des sœurs, avec lesquelles il est appelé à vivre quotidiennement non dans l’indifférence mais dans une attention fraternelle. Il est donc plus que jamais urgent d’enseigner aux nouvelles générations les valeurs humaines, morales et civiques fondamentales, nécessaires tant à la vie personnelle qu’à la vie commune. Toute incivilité doit être l’occasion de rappeler aux jeunes ce que l’on attend d’eux dans la vie sociale. C’est le bien commun de chaque société et du monde dans son ensemble qui est en jeu.

4. Dans cet esprit, il faut considérer comme importantes la poursuite et l’intensification du dialogue entre Chrétiens et Musulmans, dans sa dimension éducatrice et culturelle, pour que se mobilisent toutes les forces au service de l’homme et de l’humanité, pour que les jeunes générations ne se constituent pas en blocs culturels ou religieux les uns contre les autres, mais en authentiques frères et sœurs en humanité. Le dialogue est un instrument qui peut nous aider à sortir de la spirale sans fin des conflits et des tensions multiples qui traversent nos sociétés, pour que tous les peuples puissent vivre dans la sérénité et la paix, dans le respect mutuel et la bonne entente entre leurs différentes composantes.
Pour ce faire, j’appelle de tous mes vœux l’attention de tous, pour que, à travers des rencontres et des échanges, Chrétiens et Musulmans travaillent ensemble, dans l’estime mutuelle, en vue de la paix et d’un avenir meilleur pour tous les hommes ; ils seront pour la jeunesse d’aujourd’hui un exemple à suivre et à imiter. Les jeunes prendront alors une confiance renouvelée dans la vie sociale et s’attacheront davantage à s’y insérer et à prendre part à sa transformation. L’éducation et l’exemple seront aussi pour eux source d’espérance en l’avenir.

5. Tel est l’ardent souhait que je partage avec vous : que Chrétiens et Musulmans développent toujours davantage des relations amicales et constructives pour partager leurs richesses spécifiques, et qu’ils veillent tout particulièrement à la qualité de leur témoignage de croyants !
Je vous renouvelle, chers Amis Musulmans, mes vœux chaleureux pour votre fête et je demande au Dieu de paix et de miséricorde de vous donner à tous une bonne santé, la sérénité et la prospérité.

Jean-Louis Cardinal Tauran, Président


Texte pris sur le site du Vatican


Dialogue interreligieux Abbaye Saint-Jacut-de-la-Mer

Plus de 200 personnes se sont rassemblées à l'Abbaye, du 12 au 14 janvier 2007, pour le traditionnel colloque inter-religions.


Entrée en Shabbat
par Philippe Haddad
Vendredi 12 janvier 2007


"Et l'Eternel bénit le septième jour et Il le sanctifia car par lui Il cessa toute Son œuvre qu'Il avait créée " (Genèse / Béréshith I, )

Le vendredi soir nous entrons en Shabbath, et le samedi soir nous sortons du Shabbath. Telle est la terminologie traditionnellement utilisée. Les verbes entrer et sortir sont habituellement employés pour l'espace. On entre dans une maison, on sort d'une boutique.

Entrer ou sortir d'un jour, d'un temps particulier, peut paraître plus surprenantt. C'est que le Shabbath appartient aux expériences spirituelles du judaïsme comme il en existe d'aussi intense dans le christianisme ou dans l'islam ; comme il en existe dans les spiritualités du monde entier, d'hier et d'aujourd'hui.

Entrer en Shabbath, de ce point de vue, c'est sortir de l'espace fini pour pénétrer dans un temps infini. Les bornes que constituent l'heure d'entrée et l'heure de sortie ne sont que des trompes l'œil. Les mathématiciens nous ont appris que dans l'ensemble des réels (R), entre deux nombres finis, il peut exister l'infini des nombres.

Toute expérience religieuse et spirituelle invite à sortir des cadres habituels, toute expérience religieuse et spirituelle propose de l'étonnement, de la surprise, le renouvellement de notre regard sur le monde, et donc de notre être au monde.
Pendant l'expérience spirituelle rien n'est comme avant, et après l'expérience spirituelle rien n'est plus comme avant.

Réunis ensemble dans cette abbaye de fraternité, nous, juifs, chrétiens et musulmans, hommes et femmes de foi et de bonne foi, en chemin de Dieu, nous pouvons nous laisser porter par cet étonnement, prélude à l'authentique rencontre.

Demain dans toutes les synagogues du monde, commencera la lecture du deuxième livre de la Torah, du Pentateuque, le livre de l'Exode, Shémoth, le livre des Noms. Nous y lirons l'épisode du buisson ardent, la première expérience spirituelle de Moïse. Moïse fut étonné qu'un buisson recouvert d'une flamme ne se consume pas.

Moïse connaissait l'expérience de la force qui dévore, de la force qui brûle, de la force qui décrète l'esclavage des hommes et la noyade des garçons nouveaux-nés. Mais Moïse ne connaissait pas l'expérience de la force qui retient sa force, la force de Dieu. Car la force de Dieu brille sans brûler, éclaire sans aveugler, réchauffe sans détruire.

De ce rapport de Dieu au monde, le midrash enseigne : " La où tu trouves la grandeur du Saint, béni soit-il, là tu trouveras son humilité ". Pour la Bible, la puissance ne se trouve pas dans la capacité d'écraser, mais dans la capacité de se retenir pour que l'autre soi. En ce sens l'humilité n'est pas faiblesse, mais triomphe sur soi-même, en ce sens peut-elle être attribué à cet homme puisant, " l'homme Moïse, le plus humble des humains sur la surface de la terre. "

Telle est la texture de l'expérience spirituelle, non pas une expérience où les identités se dissolvent, une expérience où les identités se confondent, mais une expérience où les êtres vivent les uns près des autres, parce que l'un laisse une place à l'autre.
Alors, sans doute, l'expérience spirituelle révèle sa vraie nature, puisqu'elle se conjugue avec la paix, salam, shalom, qui est le nom de Dieu.

Shabath Shalom
P.H


Transmis le Mar 07, 2007 - 11:54 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensemble




DERNIÈRES INFORMATIONS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
Janvier 2007


Une initiative internationale majeure, le processus d’Helsinki, a adopté comme thème central prioritaire le concept de “sécurité partagée” mis en avant par Religions pour la Paix lors de sa huitième assemblée mondiale.

Le processus d’Helsinki a été lancé en 2002 par la Finlande et la Tanzanie pour promouvoir la coopération entre les gouvernents, les organisations de la sociéété civile et le secteur des entreprises. Il se propose de découvrir des manières pratiques et innovatives de construire des réseaux en vue de s’attaquer aux problèmes de la mondialisation, et il encourage la démocratie, la bonne gouvernance, le développement durable et la sécurité mutuelle.

Lors de la huitième Assemblée mondiale des Religions pour la Paix, tenue à Kyoto l’an dernier, huit cents responsables religieux venus de cent pays ont adopté une déclaration sur la “sécurité partagée”. L’Assemblée a noté que - même du point de vue pratique - tout individu devrait être profondément impliqué dans cette notion. Personne ne peut élever autour de soi des murailles assez hautes pour se protéger de la vulnérabilité d’autrui. Cette considération s’ajoute au motif moral plus fondamental de promouvoir la sécurité partagée qui est mis en avant par toutes les traditions religieuses, à savoir le devoir qu’a chacun de se préoccuper de ses frères et de traiter autrui comme soi-même. L’Assemblée a souligné que la sécurité partagée est la responsabilité collective de tous les secteurs : gouvernements, milieux d’affaires et société civile.

Le processus d’Helsinki a noué un partenariat avec Religions pour la Paix en vue d’organiser trois sessions d’un groupe de travail d’experts émanant de ces trois secteurs. Depuis le mois d’août, ce groupe s’est réuni trois fois, à Kyoto, à Helsinki et tout récemment à La Haye. Les discussions actuelles sont centrées sur la capacité sans équivalent qu’ont les communautés de croyants de promouvoir la sécurité en mobilisant leur héritage moral et spirituel autour des défis liés à celle-ci. Elles ont en outre l’immense avantage de constituer les plus vastes réseaux de liens sociaux dans le monde.

Le groupe de travail tiendra bientôt une nouvelle réunion à Alexandrie en vue de définir le rôle que les communautés de croyants peuvent jouer pour édifier la sécurité au Proche Orient. J’aurai donc l’occasion de vous informer de la manière dont le souci de la sécurité partagée que porte la famille de Religions pour la Paix peut être lié de façon constructive aux engagements pris sur le même sujet par les gouvernements et le secteur privé.

Dans la paix,

Dr. William F. Vendley,
Secrétaire général


Transmis le Fév 13, 2007 - 12:21 AM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensemble

Engagement pour la paix


de 200 représentants de diverses religions du monde
réunis à Assise le 24 janvier 2002


Dont
24 orthodoxes, 9 chrétiens non-chalcédoniens, 18 protestants et anglicans; 11 juifs, 31 musulmans, 28 bouddhistes, 1 confucianiste, 30 représentants du shintoïsme, du jaïnisme, du sikhisme, de l'hindouisme, du zoroastrisme et des religions traditionnelles africaines.

envoyé à tous les chefs d'Etat et de gouvernement :

1- Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s'opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre, au nom de Dieu ou de la religion, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.

2- Nous nous engageons à éduquer les personnes au respect et à l'estime mutuels, afin que l'on puisse parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d'ethnies, de cultures et de religions différentes.

3- Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, afin que se développent la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les conditions d'une paix authentique.

4- Nous nous engageons à défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne, conforme à son identité culturelle, et à fonder librement une famille qui lui soit propre.

5- Nous nous engageons à dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur insurmontable, mais, au contraire, reconnaissant que la confrontation avec la diversité des autres peut devenir une occasion de plus grande compréhension réciproque.

6- Nous nous engageons à nous pardonner mutuellement les erreurs et les préjudices du passé et du présent, et à nous soutenir dans l'effort commun pour vaincre l'égoïsme et l'abus, la haine et la violence, et pour apprendre du passé que la paix sans la justice n'est pas une paix véritable.

7- Nous nous engageons à être du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l'abandon, nous faisant la voix des sans-voix et oeuvrant concrètement pour surmonter de telles situations, convaincus que personne ne peut être heureux seul.

8- Nous nous engageons à faire nôtre le cri de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal et nous désirons contribuer de toutes nos forces à donner à l'humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix.

9- Nous nous engageons à encourager toute initiative qui promeut l'amitié entre les peuples, convaincus que, s'il manque une entente solide entre les peuples, le progrès technologique expose le monde à des risques croissants de destruction et de mort.

10- Nous nous engageons à demander aux responsables des nations à faire tous les effort possibles pour que, aux niveaux national et international, soit édifié et consolidé un monde de solidarité et de paix fondé sur la justice.
L'humanité doit choisir entre l'amour et la haine.


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Transmis le Nov 16, 2006 - 07:59 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieuxRencontre interreligieuse du dimanche 12 novembre 2006 – à Paris.
1986 – 2006

ASSISE VINGT ANS APRÈS

par Madame Jacqueline Rougé


Je voudrais d’abord remercier la famille franciscaine qui a pris l’initiative de cette réunion, et qui nous a invités à partager cette journée avec elle.

Nous célébrons le vingtième anniversaire de la rencontre d’Assise J’y étais, dans le cadre d’un voyage organisé par Pax Christi, et comme co-présidente internationale de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix.

Dans la conférence de presse qu’il a donnée avant la réunion d’Assise, le cardinal Etchegaray en avait souligné l’importance :
« Il faut qu’il y ait une raison exceptionnelle pour que le Pape ose prendre une telle initiative. C’est tout simplement la recherche passionnée de la paix entre les hommes et entre les peuples. »

Pour célébrer convenablement cet événement, il faut donc le replacer dans le processus plus général de la mobilisation des forces spirituelles pour la paix.

Je voudrais rappeler d’abord brièvement la triple évolution qui a permis la rencontre d’Assise, inconcevable quelques années plus tôt. Je parlerai ensuite de la journée elle-même telle qu’elle a été vécue. Je dirai quelques mots enfin de la manière dont l’“esprit d’Assise” est toujours à l’œuvre dans le monde.


Un triple mouvement


C’est le 25 janvier 1986, année désignée par l’ONU comme année de la Paix,
que le Pape Jean-Paul II a pris l’initiative sans précédent d’inviter à Assise les représentants de toutes les religions pour une réunion de prière pour la Paix.

Ce qui était “sans précédent”, en fait, c’était le niveau auquel les religions étaient invitées à se faire représenter. L’idée était cependant dans l’air : le dialogue interreligieux se développait dans de nombreux pays à travers des groupes tels que la Fraternité d’Abraham et la Conférence mondiale des Religions pour la Paix ; les mentalités évoluaient,
en particulier dans l’Eglise catholique ; Jean-Paul II en faisait un élément majeur de sa mission.

Dans le domaine interreligieux, la Conférence Mondiale avait démontré, dès la réunion de Kyoto en 1970, que les croyants peuvent et doivent s’encourager mutuellement à chercher dans leurs traditions spirituelles respectives la volonté d’agir ensemble pour la justice et la paix dans le monde. La nouveauté d’Assise, c’est qu’une activité jusque là un peu marginale et quasi confidentielle, a été mise en pleine lumière. Il y a là une leçon utile : les chefs religieux risquent de n’être pas entendus si le travail n’a pas déjà été un peu préparé à la base ; mais le travail de la base n’est efficace que s’il est repris, renforcé, légitimé par ceux qui disposent au sommet d’une autorité reconnue. La réunion d’Assise l’a fait avec éclat.

Dans l’Eglise catholique, le terrain avait été préparé de longue date. Au Concile Vatican II, nous le savons, la méfiance, voire l’hostilité traditionnelles à l’égard des religions non chrétiennes ont cédé la place à une attitude plus respectueuse, et je dirais plus évangélique. La déclaration “Nostra Aetate” est à cet égard un acte fondamental. En s’appuyant sur ce texte, approuvé par l’immense majorité des évêques et sous la forme conciliaire, la plus solennelle qui soit, Jean-Paul II pouvait s’engager sans crainte dans son projet de rencontre interreligieuse.
Vingt ans plus tôt, l’idée de voir le Pape être “ensemble pour prier” avec des hindous, des bouddhistes ou des musulmans aurait été choquante pour beaucoup de catholiques. Depuis Vatican II, au contraire, tout est clair. Le souci de la charité a trouvé toute sa place à côté du souci de la vérité.


Les chefs religieux d’autres communautés qui sont venus à Assise semblent aussi avoir été raisonnablement sûrs, d’une manière générale, que leur présence auprès du Pape ne serait pas mal interprétée. C’est donc que l’opinion y était préparée. Une telle bonne volonté de principe est essentielle. Elle ne va pas de soi. Quiconque s’intéresse au dialogue interreligieux doit travailler à l’entretenir dans sa communauté.

Le Pape Jean-Paul II lui-même s’était engagé depuis longtemps dans le dialogue interreligieux. Deux événements ont mis cette préoccupation particulièrement en relief ; sa rencontre avec 80.000 jeunes musulmans marocains dans le stade de Casablanca en août 1985 ; sa visite à la synagogue de Rome le 13 avril 1986 . Le kilomètre qui, à Rome, sépare le Vatican de la synagogue a été, a-t-on pu dire, le plus long des voyages du Pape “car il a dû traverser deux mille ans d’histoire”. En mettant l’accent sur la dimension spirituelle de ces rencontres, Jean-Paul II a réussi à gagner suffisamment la confiance des responsables des autres religions pour que son invitation à Assise soit perçue comme un geste de bonne foi, exempt d’arrières pensées politiques. Autrement ils ne seraient pas venus. La confiance est, on le constate ici une fois de plus, un élément essentiel pour toute action en faveur de la paix.

Au départ donc, une initiative unilatérale, mais prise dans le mouvement profond qui, depuis trente ou quarante ans, développe chez beaucoup d’hommes religieux le sens de la tolérance et de l’estime mutuelle et le désir d’agir avec d’autres pour le bien de l’humanité.


La journée du 27 octobre


Il a été convenu, dès le départ, qu’à Assise il s’agirait d’une journée de jeûne et de prière. Ce ne devait pas être une sorte de congrès où l’on discuterait d’un plan d’action en faveur d’une cause commune : telle n’est pas la fonction des chefs religieux.

A l’église Sainte Marie des Anges, au pied de la colline d’Assise, Jean-Paul II a accueilli personnellement chaque invité. Dans son mot d’accueil, il a ensuite bien précisé l’enjeu :
« Le fait que nous soyons venus ici n’implique aucune intention de rechercher un consensus religieux entre nous, de mener une négociation sur nos convictions de foi. Il ne signifie pas non plus que les religions peuvent être réconciliées sur le plan d’un engagement commun dans un projet terrestre qui les dépasserait toutes. Il n’est pas non plus une concession au relativisme des croyances religieuses, car tout homme doit suivre honnêtement sa conscience avec l’intention de rechercher la vérité et de lui obéir.
« Notre rencontre atteste seulement — et c’est là sa grande signification pour les hommes de notre temps — que, dans la grande bataille pour la paix,
l’humanité, avec sa diversité même, doit puiser aux sources les plus profondes et les plus vivifiantes où se forme la conscience et sur lesquelles se fonde l’agir moral des hommes. »

C’est par rapport à cette vision profondément spirituelle qu’a été établie d’un commun accord la liste des invités. Le choix même d’Assise plutôt que Rome exprimait le désir du Pape de se placer sous le patronage d’un saint dont chacun pouvait approuver sans réserve l’exemple de tolérance et d’amour universel.

Il a été tenu compte aussi du fait que la prière n’est pas conçue de la même manière dans les diverses traditions religieuses. Il y aurait donc quelque chose de trompeur à faire semblant de partager une prière qui n’a pas le même sens pour tous les assistants. C’est pourquoi le choix a été fait non pas de “prier ensemble”, mais “d’être ensemble pour prier”. Après la cérémonie d’accueil, les participants se sont donc assemblés dans divers lieux d’Assise, proches les uns des autres, mais distincts, pour jeûner, prier, méditer selon leurs traditions propres. Les chrétiens, de toutes confessions, se sont retrouvés dans la cathédrale Saint-Rufin.


J’assistais à cette réunion oecuménique profondément émouvante, marquée par de longs moments de silence. Le Saint Père, les représentants des patriarcats orthodoxes, l’archevêque de Cantorbery, le secrétaire général du Conseil Oecuménique des Églises, les délégués des principales organisations protestantes ont vraiment “prié ensemble” dans un climat de ferveur et de fraternité témoignant de la force si souvent sous-estimée du mouvement pour l’unité des chrétiens.

Tout le monde s’est ensuite mis en route à travers les petites rues d’Assise, dans une joyeuse confusion, vers l’esplanade de la basilique Saint-François où s’est tenu le rassemblement le plus spectaculaire. Chaque groupe religieux s’avançait à son tour pour prier et méditer à haute voix,
entouré du silence respectueux de tous les autres.


La portée d’un geste


Le discours final du Pape, plus développé que ses paroles d’accueil du matin à Notre Dame des Anges et plus philosophique que son homélie de la mi-journée à la cathédrale Saint-Rufin était une sorte d’épanchement éloquent et méditatif sur l’expérience que tous venaient de vivre. Je vous en cite quelques passages :

« Devant le problème de la paix, deux éléments semblent avoir une importance suprême, et tous les deux nous sont communs à tous. Le premier est l’impératif intérieur de la conscience morale qui nous enjoint de respecter, de protéger et de promouvoir la vie humaine, (...) spécialement pour les faibles, les déshérités, les abandonnés : c’est l’impératif de surmonter l’égoïsme, l’avidité et l’esprit de vengeance.
« Le second élément commun est la conviction que la paix va bien au-delà des efforts humains, particulièrement dans l’état actuel du monde, et, par conséquent, que sa source et sa réalisation doivent être cherchées dans cette Réalité qui est au-delà de nous tous.
« C’est pourquoi chacun de nous prie pour la paix. Même si nous pensons, et c’est le cas, que la relation entre cette Réalité et le don de la paix est différente selon nos convictions religieuses respectives, nous affirmons tous qu’une telle relation existe. (...)
« Bien que la prière soit en elle-même une action, cela ne nous dispense pas de travailler pour la paix. Ici, nous agissons comme les hérauts de la conscience morale de l’humanité en tant que telle, de l’humanité qui veut la paix, qui a besoin de la paix. »

La journée s’est achevée par un grand envol de colombes et par un repas sans cérémonie pris en commun dans le monastère franciscain.


L’écho d’Assise dans le monde


En dehors d’Assise de nombreuses réunions de prière ont été organisées partout. Du point de vue politique, soixante chefs d’état ou de gouvernement ont exprimé leur soutien. Le plus étonnant, peut-être, est le fait que l’appel du Pape pour une trêve générale s’est soldé effectivement par une nette diminution des combats partout dans le monde ce jour-là.

Le principal acquit d’Assise, c’est d’avoir fait sauter un certain nombre de verrous, d’avoir secoué l’opinion et débloqué les bonnes volontés. Ce qu’il est convenu d’appeler “l’esprit d’Assise” a suscité par la suite de nombreuses rencontres de par le monde. C’est ainsi que depuis vingt ans, les moines bouddhistes du mont Hiei, au-dessus de Kyoto, organisent tous les étés une réunion de prière interreligieuse. La communauté San Egidio, mouvement italien de laïcs catholiques, fait de même en Europe. La Conférence mondiale des Religions pour la Paix vient de tenir à Kyoto sa huitième assemblée mondiale. On pourrait citer aussi des réunions plus restreintes et d’objet plus limité, comme celle qui rassembla à Assise en 1993 des chrétiens, des juifs et des musulmans européens préoccupés des événements de Bosnie.

On ne refera pas Assise, ce serait comme poser une seconde fois la première pierre d’une cathédrale. Mais Jean-Paul II a réuni le 24 janvier 2002, de nouveau à Assise, des représentants qualifiés de toutes les religions, préoccupés des nouveaux aspects de la violence et du terrorisme. J’y étais également avec un petit groupe d’amis. J’ai assisté à la lecture, par dix responsables successifs, des dix points de la déclaration de principes extrêmement importante qu’on appelle le “Décalogue d’Assise pour la paix”.
Je voudrais en citer simplement le premier point :

« Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion,
nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme. »

Je sais que nous parlerons cet après-midi des nombreuses initiatives et rencontres interreligieuses pour la paix qui existent aujourd’hui dans le monde entier. Le dialogue interreligieux s’enrichit et s’approfondit avec la participation de théologiens. Je me réjouis de penser que toutes ces activités sont marquées par l’esprit d’Assise.


Jacqueline Rougé

présidente honoraire de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix



Transmis le Nov 16, 2006 - 01:10 AM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux

Chrétiens et Musulmans :
en dialogue confiant pour relever ensemble les défis de notre monde

Déclaration du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux pour la fin du Ramadan



Chers amis musulmans,

1. C’est pour moi un motif de grande joie de vous adresser ce message, pour la première fois comme Président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, et de vous présenter les vœux les plus chaleureux de ce Conseil à l’occasion de la fête qui conclut le mois de jeûne du Ramadan. Je vous souhaite paix, tranquillité et joie dans vos cœurs, dans vos maisons et dans vos pays respectifs. Ces vœux font écho à ceux que Sa Sainteté le Pape Benoît XVI a en personne formulé au début du Ramadan, aux diplomates de pays à majorité musulmane accrédités auprès du Saint-Siège et à d’autres pays membres et observateurs de l’Organisation de la Conférence islamique, et à des représentants des communautés musulmanes en Italie.

2. Il est beau de pouvoir partager avec vous ce moment significatif dans le cadre de nos rapports de dialogue. Les circonstances particulières que nous venons de traverser ensemble montrent, elles aussi, que si le chemin d’un dialogue authentique peut être parfois ardu, il devient plus que jamais nécessaire.

3. Le mois de Ramadan que vous venez de vivre a été également, sans nul doute, un temps de prière et de réflexion sur la situation difficile que traverse notre monde. Tout en voyant ce qui est bon et en remerciant Dieu, il est impossible de ne pas constater les graves problèmes qui pèsent sur notre époque : l’injustice, la pauvreté, les tensions et les conflits à l’intérieur des pays, mais aussi entre eux. La violence et le terrorisme sont une plaie particulièrement douloureuse. Combien de vies humaines détruites, de femmes rendues veuves, d’enfants qui perdent leurs parents et se trouvent ainsi orphelins… Combien de personnes sont blessées dans leurs corps et dans leurs cœurs, handicapées… Combien de destructions, en quelques instants, de ce qui a été construit parfois pendant des années, au prix de nombreux sacrifices et d’énormes dépenses !

4. En tant que Chrétiens et Musulmans, ne sommes-nous pas les premiers à être appelés à offrir notre contribution spécifique à la solution de cette grave situation et de ces problèmes complexes ? C’est sans doute la crédibilité des religions qui est en jeu, mais aussi celle des chefs religieux et de tous les croyants. Si nous ne tenons pas notre place comme croyants, beaucoup s’interrogeront sur l’utilité des religions et sur notre cohérence en tant qu’hommes et femmes qui se prosternent devant Dieu.
Nos deux religions accordent beaucoup d’importance et d’espace à l’amour, à la compassion et à la solidarité. C’est dans cette perspective que je désire partager avec vous le message de la première encyclique de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, Deus caritas est : « Dieu est amour », qui fait écho à la « définition » la plus caractéristique de Dieu dans l’Écriture Sainte des Chrétiens : « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8). L’amour authentique pour Dieu est inséparable de l’amour pour les autres : « Si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’ alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20). En le rappelant, l’encyclique souligne l’importance de la charité fraternelle dans la mission de l’Église : l’amour, pour être crédible, doit être effectif. Il est nécessaire qu’il vienne en aide à tous, à commencer par les plus démunis. L’amour véritable doit se mettre au service de tous dans la vie de tous les jours, mais aussi au service de la recherche de solutions justes et pacifiques aux graves problèmes qui assaillent notre monde.


5. Les croyants qui s’engagent dans l’aide aux personnes dans le besoin et dans la recherche de solutions à ces problèmes le font d’abord par amour pour Dieu, « pour le visage de Dieu ». Le psaume 27 (26) le rappelle : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche, ne me cache pas ta face… » (vv. 8b-9a). Le jeûne que vous avez vécu tout au long de ce mois vous a non seulement rendus plus attentifs à la prière, mais également plus sensibles aux besoins des autres, surtout de ceux qui ont faim, favorisant une générosité encore plus grande avec les personnes dans la détresse.

6. Les soucis quotidiens et les graves problèmes du monde sollicitent notre attention et notre action. Demandons à Dieu dans la prière de nous aider à les affronter avec courage et détermination. Là où nous pouvons œuvrer ensemble, ne travaillons pas séparément. Le monde, et nous avec lui, a besoin de Chrétiens et de Musulmans qui se respectent, s’estiment, et donnent le témoignage de s’aimer et œuvrer ensemble à la gloire de Dieu et au bien de tous les hommes.

7. C’est avec des sentiments de sincère amitié que je vous salue et que je confie ces pensées à votre réflexion. Je demande à Dieu Tout-Puissant qu’elles contribuent à promouvoir, partout, des rapports de plus grande compréhension et de coopération accrue entre Chrétiens et Musulmans, qui participeront grandement au rétablissement et à l’affermissement de la paix au sein des nations et entre les peuples, selon le vœu profond de tous les croyants et de tous les hommes de bonne volonté.


Paul Cardinal Poupard
Président

Archevêque Pier Luigi Celata
Secrétaire



Transmis le Nov 01, 2006 - 06:16 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions-Laïcité

L'Eglise orthodoxe russe
discute la conception occidentale des droits de l'homme


Par Vladimir Simonov, RIA Novosti


Les valeurs libérales que l'Occident impose au monde entier comme modèle universel sont erronées, car elles ignorent la notion de morale; les libertés et droits séparés de leur contexte moral banalisent la xénophobie, poussent l'homme à offenser les sentiments religieux d'autrui et à commettre d'autres péchés; la conception occidentale confond droits de l'homme et laxisme. Telle est la conclusion des participants au Concile mondial du peuple russe, un forum de référence regroupant dignitaires de l'Eglise orthodoxe russe, hauts fonctionnaires, parlementaires et militants des droits de l'homme qui a tenu ses assises à Moscou. Le Concile a adopté une "Déclaration des droits et de la dignité de l'Homme" qui remet en cause les valeurs libérales occidentales importées par la Russie et propose son interprétation des droits de l'homme dans la société russe.

Transmis le Avr 24, 2006 - 07:11 PM Suite du texte (5016 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensembleTout sur ce sujet, sur le site : www.hommesdeparole.org

DEUXIEME CONGRES DES IMAMS ET RABBINS POUR LA PAIX

Déclaration finale


Séville, Espagne, 22 mars 2006 ; Safar 21, 1427; Adar 22, 5766

Au nom du Créateur et Maître de l'Univers, le Compatissant et le Miséricordieux, nous, chefs religieux et représentants de l'Islam et du Judaïsme, nous sommes rassemblés pour le Second Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix organisé par la fondation Hommes de Parole à Séville, en cette région d'Andalousie où jadis, juifs et musulmans vivaient en harmonie et dans un enrichissement mutuel. Nous aspirons aujourd'hui et dans le futur à renouer de telles relations.

Nous affirmons par conséquent, que contrairement à une représentation erronée, largement répandue, il n'existe pas de conflit inhérent entre l'islam et le judaïsme, bien au contraire.
Alors que la politique contemporaine a malheureusement exercé un impact négatif sur leur relation, nos deux religions partagent les valeurs les plus fondamentales de foi en le Tout Puissant dont le nom signifie : "Paix", "qui est miséricordieux, compatissant et juste". Il nous appelle, êtres humains, à manifester ces valeurs dans nos vies et à les mettre en pratique dans notre relation à l'autre, dont la vie et la dignité sont sacrées.

C'est pourquoi nous réitérons le message adressé lors de notre premier congrès dans lequel nous déplorons tout sang versé ou toute violence commise au nom d'une idéologie, où que ce soit.
De surcroît, lorsque de tels actes sont perpétrés au nom de la religion, ils constituent une désacralisation de la religion elle-même et l'offense la plus grave à l'endroit du Saint Nom du Créateur.
Ainsi, en plus d'appeler tous nos coreligionnaires à respecter toute vie humaine, la dignité et les droits de chacun, afin de promouvoir la justice et la paix, nous les exhortons, avec tous les gouvernements et les institutions internationales, à respecter les symboles de chacune de nos religions, leurs lieux saints, de prière et leurs cimetières, tout particulièrement en Terre Sainte, où ces questions sont les plus sensibles.

Nous condamnons toute représentation négative de ces symboles, et par là même leur désacralisation. Nous déplorons également tout dénigrement d'une foi ou d'un peuple et a fortiori tout appel à leur élimination. Nous pressons les autorités à en faire de même.

Nous reconnaissons qu'il y a une image erronée très répandue de nos religions, à la fois dans nos communautés respectives mais aussi dans le monde en général.

Nous affirmons le besoin d'une éducation respectueuse de la tradition et de la foi de l'autre aussi bien dans nos communautés respectives que dans nos écoles. Nous appelons les responsables de nos communautés à promouvoir une telle éducation, essentielle à une coexistence pacifique.
Solennellement, nous nous engageons à poursuivre notre recherche de l'autre, à établir des relations de respect, d'espoir et d'amitié ; à combattre l'incitation à la haine et à l'hostilité ; à surmonter les barrières et les obstacles, à renforcer la confiance mutuelle et à servir notre noble cause de paix universelle, particulièrement sur cette terre sacrée à tous.


Transmis le Avr 07, 2006 - 07:45 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux

Il y a quarante ans, la déclaration "Nostra Aetate" du Concile Vatican II invitait à la fraternité Universelle avec les autres religions


Moïse a marché 40 ans dans le désert pour arriver aux portes de la Terre promise. Du haut du mont Nébo, il a pu contempler cette terre mais n'y est pas entré : Dieu, dans un baiser d'amitié, lui a fermé les yeux et lui a ouvert la Terre d'en haut, celle de l'éternité.
Il y a 40 ans, le Concile livrait à l'histoire la déclaration sur les religions non-chrétiennes. Quarante ans de désert ? Pas tout-à-fait : ce dossier voudrait établir un bilan positif. Mais il y a encore tant à faire !
Sommes-nous aux portes d'une terre de paix et de fraternité ? Peut-être, mais elles paraissent encore si étroites ! Il nous faut la patience du Dieu-Père qui embrasse tous ses fils d'un unique regard d'amour.
Des siècles de persécutions souvent justifiées par des arguments religieux (quelle communauté pourrait s'affirmer vierge de tout acte de cette nature ?), des siècles d'incompréhension et d'indifférence, ne peuvent s'effacer d'une mémoire collective en 40 ans, tout juste une génération. Un dialogue s'est largement ouvert entre certains croyants attentifs à l'autre. Mais l'ensemble des fidèles, y compris parmi les chrétiens, restent frileux, peureux, voire hostiles à tout dialogue considéré alors comme une compromission ou une abjuration de la foi.
Un temps de pause est peut-être nécessaire et bénéfique, avant qu'une nouvelle génération prenne la relève. Du haut de notre mont Nébo interreligieux, contemplons ensemble la terre que Dieu nous demande de cultiver en frères, comme Caïn et Abel auraient dû le faire.
La figure de Moïse est emblématique pour tous les "fils d'Abraham" : juifs, chrétiens et musulmans peuvent se réclamer de lui pour que leurs chemins se rejoignent. Mais la mondialisation touche aussi le religieux qui vient de l'Asie et même le non-religieux ouvert à l'Esprit. Une génération passe : au fil des ans, elle entre dans la joie de Dieu qui rassemble tous les hommes dans son amour. Moïse n'a pas conduit le peuple au delà du Jourdain : c'est son successeur, Jésus fils de Nun (habituellement dénommé Josué dans nos traductions françaises) qui, passant par Jéricho, accomplira ce qui ne fut pas donné d'accomplir à Moïse.
Rendons grâce à Dieu du chemin parcouru, et prions-le de susciter, dans la nouvelle génération, ceux qui poursuivront la route. Afin d'abattre les murs derrière lesquels on se réfugie trop souvent, les chrétiens n'oublieront pas qu'ils mettent leur foi en Jésus, fils de Marie.


Pierre Hoffmann




Transmis le Mar 24, 2006 - 10:01 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensemble

Editorial de Ghaleb BENCHEIKH,

Président de la CMRP - France



Les récentes violences urbaines qui ont secoué les quartiers dits sensibles sur le territoire de la République ne doivent pas donner lieu à une quelconque lecture de type ethnico religieux comme nous avons entendu certains faiseurs d’opinions le clamer à force d’arguments captieux.

Transmis le Jan 09, 2006 - 11:42 PM Suite du texte (2345 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux

Continuer sur le chemin du dialogue



Message pour la fin du Ramadan AId al-Fitr 1426 / 2005 a.d.


de Mgr Michael L. Fitzgerald<


Président du CONSEIL PONTIFICAL
POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX


Cité du Vatican
Chers amis,


1. Le mois de Ramadan touche à sa fin et voici que revient ‘Id al-Fitr. Où que vous soyez, je souhaite adresser à chacun de vous mes vœux les plus sincères de joyeuse fête.

2. L’envoi d’un message à nos frères et sœurs musulmans à l’occasion de la fin du Ramadan est devenu une tradition du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux. Ce message est généralement signé par le Président du Conseil Pontifical. En 1991, au moment de la première Guerre du Golfe, ce message d’amitié portait la signature de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II. Il parlait alors «d’un dialogue sincère, profond et constant entre catholiques et croyants musulmans, d’où pourra jaillir une plus grande connaissance et confiance mutuelles». Aujourd’hui, ces mots sont encore et assurément d’actualité.

3. Le 2 avril de cette année, la vie terrestre du Pape Jean-Paul II est arrivée à son terme. De nombreux musulmans de par le monde ont suivi de près, avec les catholiques et les autres chrétiens, les informations concernant les derniers instants de sa maladie et son décès. Des délégations officielles de musulmans, responsables politiques et chefs religieux, venues de nombreux pays, étaient présentes sur la place Saint-Pierre pour ses funérailles. Nombreux sont ceux qui lui sont profondément reconnaissants de ses efforts au service de la paix. Un journaliste musulman qui a eu l’occasion de rencontrer personnellement le Pape Jean-Paul II a écrit : « Je n’exagère pas en disant que la mort du Pape Jean-Paul II est une grande perte pour l’Église catholique, pour les chrétiens en général, mais aussi, en particulier, pour les relations entre chrétiens et musulmans. Il ne sera possible de compenser cette perte qu’en marchant sur ses traces et en continuant sur la voie qu’il a indiquée, avec foi et courage, lors de la rencontre d’Assise en 1986 ; Assise où reposent les reliques de saint François, le pionnier du dialogue islamo-chrétien chez les catholiques ».

4. C’étaient la foi ancrée en Dieu et la confiance en l’humanité qui avaient poussé feu le Pape Jean-Paul II à s’engager dans le dialogue. Prenant pour fondement la Déclaration Nostra ætate du Concile Vatican II, dont nous célébrons cette année le quarantième anniversaire, il a constamment cherché à s’adresser aux frères et sœurs de toutes les religions, avec respect et désir de collaboration. Son engagement dans ce domaine s’est véritablement enraciné dans l’Évangile, suivant l’exemple du Seigneur Jésus qui a témoigné son amour et son respect à chaque personne, y compris à ceux qui n’étaient pas de son peuple.


5. Alors qu’il recevait les représentants des autres religions présents à la célébration d’inauguration de son pontificat, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, suivant l’enseignement du Concile Vatican II et le chemin indiqué par Jean-Paul II, a déclaré : « Je suis particulièrement reconnaissant de la présence parmi nous de membres de la communauté musulmane, et j’exprime ma satisfaction pour le développement du dialogue entre musulmans et chrétiens, tant au niveau local qu’international. Je vous assure que l’Église désire continuer à construire des ponts d’amitié avec les fidèles de toutes les religions, dans le but de rechercher le bien authentique de chaque personne et de la société dans son ensemble ». Le Pape, rappelant ensuite les conflits, la violence et les guerres de notre époque, a souligné le devoir, pour chacun d’entre nous, particulièrement pour ceux qui appartiennent à une tradition religieuse, de travailler pour la paix. Il a dit que «nos efforts pour nous rencontrer et promouvoir le dialogue constituent une précieuse contribution pour construire la paix sur des fondements solides
». Le Pape Benoît XVI a conclu : « C’est pourquoi il est impératif de s’engager dans un dialogue authentique et sincère, construit sur le respect de la dignité de chaque personne humaine, créée, comme nous chrétiens le croyons fermement, à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27) » (L’Osservatore Romano, 3 mai 2005).

6. Encouragés par les paroles du Pape, efforçons-nous de construire de bons rapports avec les fidèles des différentes religions, de promouvoir le dialogue culturel et d’œuvrer ensemble pour plus de justice et pour une paix durable. Chrétiens et musulmans, montrons qu’il est possible de vivre ensemble dans la fraternité véritable, en nous efforçant toujours d’être les instruments de la volonté de Dieu Miséricordieux, qui a créé l’humanité pour qu’elle ne soit qu’une seule et même famille.

Une fois encore, je vous exprime mes chaleureuses salutations.


Transmis le Déc 01, 2005 - 06:23 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux

Hindous et Chrétiens solidaires


MESSAGE À L’OCCASION DE LA FÊTE DU DIWALI 2005


de Mgr Michael L. Fitzgerald

Président du CONSEIL PONTIFICAL POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX
Chers Amis hindous,

1. Alors que vous célébrez la fête du Diwali, j’aimerais, cette année encore, former pour chacun de vous des souhaits de joie et de bonheur. Puisse ce temps festif vous apporter le repos du corps et de l’esprit, et vous renouveler pour continuer, avec courage et espérance, à faire face aux difficultés de la vie quotidienne !

2. Nous espérons tous que le caractère joyeux de nos célébrations religieuses puisse s’étendre à chaque instant de notre existence. Mais nous savons bien, malheureusement, qu’il n’en va pas ainsi. Au cours de notre vie, nous sommes confrontés à un ensemble de joies et de peines, d’espoirs et de déceptions, de bien-être et de mal-être, de réconfort et d’affliction. En nous rappelant la dimension spirituelle de l’existence et la nécessité d’en rechercher le sens véritable, les fêtes religieuses nous permettent de réfléchir sur la signification des événements tragiques de nos vies ou de celles des personnes qui nous entourent. Cette réflexion s’inspire, en particulier, des conséquences du «tsunami», ces «vagues meurtrières» causées par le séisme de l’Océan indien à la fin de l’année dernière. Les forces naturelles ont fait de grands ravages, causant la mort de nombreuses personnes. D’innombrables habitations ont été détruites, des sources de revenus ont été anéanties et des familles, dans lesquelles on compte beaucoup d’enfants, se sont retrouvées sans ressources.

3. Beaucoup d’entre vous, qui recevrez ce message, n’ont pas été personnellement affectés par le «tsunami». C’est par diverses sources que nous avons appris la souffrance des victimes. Nous avons cependant voulu exprimer notre sympathie et manifester notre solidarité. C’est ensemble que nous avons été capables de faire tout cela. À travers les liens d’amitié qui se sont tissés grâce au dialogue tout au long des années, nous, Chrétiens, nous avons été amenés à comprendre que, en tant qu’Hindous, vous êtes particulièrement attentifs à ceux qui souffrent. De votre côté, vous avez peut-être réalisé que la foi chrétienne enseigne que chaque être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et qu’à ce titre, il est digne d’attention et de respect. Dans cette perspective, permettez-moi de citer la Déclaration Nostra ætate du Concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes. Ce document, dont nous célébrons cette année le quarantième anniversaire, déclare : «Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement à l’égard de certains parmi les hommes, créés à l’ image de Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’h omme aux hommes, qui sont ses frères, sont si étroitement liées que l’Écriture dit: "Celui qui n'aime pas, ne connaît pas Dieu" (1 Jn 4,8) » (n. 5).

4. Dans les lieux touchés par le «tsunami», la solidarité entre les différentes religions a contribué à redonner espoir à de nombreuses victimes. Des équipes de secouristes, issus de différentes traditions religieuses, ont œuvré sans relâche pour alléger les souffrances immédiates et pour engager la reconstruction dans la région. À notre époque, où une sécularisation agressive semble se développer et où le respect des valeurs humaines apparaît souvent sur son déclin, une telle coopération entre personnes de différentes religions peut entraîner un nouveau respect pour la religion dans le monde d’aujourd’hui.

5. Chers Amis hindous, puissions-nous collaborer toujours plus à la recherche de solutions aux problèmes que nous rencontrons, qu’ils soient grands ou petits, locaux ou internationaux ! Diwali célèbre la lumière, la bonté, la réconciliation, la paix, l’harmonie et le bonheur. Je vous souhaite à tous une très heureuse fête.


Michael L. Fitzgerald
Président




Transmis le Déc 01, 2005 - 06:18 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
WCRP - International


LA CONFERENCE GENERALE DE L’UNESCO CONFIRME LES INTUITIONS DE LA CMRP



Rapport de Jacqueline Rougé, présidente honoraire,
représentante permanente de la CMRP auprès de l’UNESCO


suivi du texte des déclarations prononcées au nom de la Conférence mondiale en plénière et en commission.

La 33e Conférence générale de l’UNESCO, tenue à Paris en octobre 2005, marquait le 60e anniversaire de la création de cette institution. Elle avait pris pour thème : « Penser et construire la paix ». Elle a mis en évidence le rôle que peut jouer l’UNESCO dans la lutte contre le fanatisme, l’extrémisme et le terrorisme grâce au dialogue interculturel et interreligieux.

Le terrorisme international a été considéré comme un défi majeur pour le monde et comme nécessitant une action préventive dont beaucoup d’éléments sont du ressort de l’UNESCO dans des domaines tels que la communication, l’ éducation, la science et la culture. Les controverses qui ont entouré l’adoption du projet de convention sur la diversité culturelle ont fait découvrir à un large public les rapports de la culture avec le développement. Elles ont montré aussi que chaque culture doit être ouverte aux autres.

Les questions relatives à la communication ont retenu d’autant plus l’attention qu’elles vont être l’objet principal de la conférence internationale devant se tenir bientôt à Tunis sur la Société de l’information. Les discussions se sont référées au rapport de Jacques Delors sur “Apprendre à vivre ensemble”. Elles ont souligné l’importance de la liberté de l’information, tout en insistant sur la nécessité d’élaborer une éthique de la communication et de promouvoir la diversité culturelle dans tous les médias. Ceux-ci ont un rôle vital à jouer dans les zones de conflit pour que le dialogue et la démocratie puissent l’emporter.

Les débats relatifs à l’éducation ont développé surtout le thème de l’éducation pour tous, vue comme la condition d’un avenir pacifique et durable. L’égalité d’accès à l’éducation et une exigence de qualité à tous les niveaux - de l’école élémentaire à l’université - ont été considérées comme un élément essentiel du développement durable. Il en résulte que l’U NESCO doit agir comme catalyseur de ce qui est fait dans ce domaine par l’ ensemble du système des Nations Unies. On a abordé aussi les aspects éthiques de l’éducation en soulignant que l’école doit enseigner la tolérance et le respect de la religion des autres.

Dans le domaine des sciences, l’intérêt s’est porté sur la philosophie comme moyen d’approche d’une conscience de l’universel. On continue à travailler à l’élaboration de normes applicables à la bio-éthique et, plus généralement, à la création d’un code de conduite éthique à l’usage des hommes de science. On a parlé aussi de l’éthique du dialogue entre les peuples.

Les discussions sur la culture ont rappelé l’intérêt porté par l’UNESCO à la préservation du patrimoine et de l’héritage culturel de chaque nation, non seulement par respect du passé, mais aussi pour aider les jeunes à construire leur avenir. L’importance des langues nationales a été soulignée. Le respect de toutes les cultures est un antidote aux inquiétudes liées à la mondialisation, sujet qui préoccupe l’UNESCO. A cet égard, on a mentionné la nécessité d’apprendre aux jeunes à comprendre et à respecter le patrimoine culturel de leur pays, et de leur fournir, à un moment quelconque de leur scolarité, des informations objectives sur les religions autres que la leur.

La discussion d’un projet de convention contre le dopage a été l’occasion de déplorer que l’usage de la drogue soit un aspect inquiétant de la culture des jeunes dans le monde actuel.

L’adoption quasi-unanime du projet de convention sur la diversité culturelle a couronné des années de travail difficile. C’est un texte novateur qui rejoint un besoin ressenti comme urgent aussi bien dans les pays du Nord que du Sud pour progresser vers une culture de paix. Les Etats Unis et Israël ont seuls voté contre. La délégation américaine a exprimé la crainte que cette convention serve de prétexte à des mesures protectionnistes contre l’importation des produits de l’édition et de l’industrie cinématographique des Etats Unis. Du point de vue de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix, ce texte doit pouvoir servir à justifier partout que soit demandé le respect des minorités culturelles et religieuses. On pourra l’utiliser pour montrer que le dialogue et la coopération entre des personnes de religion différente est une contribution utile et légitime à la construction de la paix. Dans leurs relations avec les pouvoirs publics et les groupements politiques, les sections locales et les organisations régionales de la CMRP pourront certainement se référer à ce concept de la diversité culturelle pour donner une légitimité accrue à leurs diverses activités.


Voici le texte des déclarations prononcées au nom de la Conférence mondiale en plénière et en commission.


Conférence générale - octobre-novembre 2005.

Intervention prononcée en séance plénière



Monsieur le Président,

Les religions ont une contribution spécifique à apporter à la construction de la paix. Beaucoup l’ignorent. Certains en doutent. Mais de plus en plus, tous ceux qui s’intéressent sérieusement à ce domaine vital le reconnaissent

Dans les régions en proie aux conflits, des responsables religieux font appel à des notions telles que le respect d’autrui et la solidarité entre tous les humains pour tenter d’apaiser la violence. Là où sévissent l’exclusion, la faim, la misère, des maladies comme le SIDA, les communautés religieuses sont au premier rang de ceux qui portent secours aux victimes. Quand les institutions étatiques se sont effondrées, les religions sont souvent les seules structures qui subsistent et servent de relais aux agences d’aide internationales. Plus généralement, à une époque où la paix du monde et la survie même de l’humanité sont menacées par le déferlement du matérialisme consumériste et d’un individualisme sans frein, les religions rappellent utilement que les forces résidant dans la matière ne sont pas les seules à prendre en compte et qu’une existence vraiment humaine ne se limite pas à la course à la richesse et au plaisir.

La Conférence mondiale des Religions pour la Paix exhorte dans le monde entier les responsables religieux et les simples croyants à faire abstraction de ce qui peut les séparer et les dresser les uns contre les autres. Elle les encourage à chercher un consensus sur ce qui est à faire. Elle les incite ensuite à y travailler ensemble. C’est la meilleure manière de lutter contre le risque d’aggravation des conflits pour des motifs religieux. En effet, les religions peuvent contribuer à trouver des solutions pacifiques.

Notre action s’appuie donc sur plus de cinquante conseils inter-religieux en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique latine qui ne cessent de se développer, notamment dans les pays comme l’Irak ou les régions comme l’Afrique des Grands Lacs où se produisent des affrontements violents. Ces conseils sont le meilleur moyen de réunir des responsables religieux de croyances différentes capables de mobiliser le potentiel sous-employé de leurs communautés à tous les niveaux. Nous agissons pour la transformation des conflits, pour l’aide aux enfants, en particulier ceux qui sont victimes du SIDA, pour la mobilisation et la valorisation du rôle des femmes

Nos préoccupations rejoignent sur bien des points celles de l’UNESCO, qu’i l s’agisse de sciences humaines, d’éducation à la paix ou de dialogue des cultures, dans l’esprit des recommandations du congrès d’Abuja de décembre 2003. Le but est bien, pour nous comme pour vous, d’“élever dans l’esprit des hommes les défenses de la paix”.

Je suis heureuse d’être ici le porte-parole de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix et de dire combien cette organisation est satisfaite des rapports étroits qu’elle entretient avec le Secrétariat de l’UNESCO, dans un esprit de confiance mutuelle. Elle souhaite renforcer encore ce partenariat, profitable aux deux parties. Je tenais à faire état devant la Conférence générale de cet exemple de participation de tout un secteur de la société civile aux responsabilités des institutions internationales. Je me réjouis d’avoir pu le faire, et je vous remercie de votre attention.



Intervention prononcée en commission IV (culture)


Octobre 2001, Octobre 2003, Octobre 2005 : Trois Conférences Générales de l'UNESCO, après l'acte tragique du 11 Septembre 2001, ont rendu impératif, aux yeux du monde entier, l'urgence d'élaborer des politiques de réconciliation et de recherche de paix durable.

Contrairement aux idées reçues, les religions peuvent contribuer, et elles l'ont déjà prouvé, à trouver des solutions aux conflits en encourageant la création d'espaces interculturels et interreligieux. Ainsi le Congrès International tenu au NIGER, à ABUJA, en Décembre 2003, a souligné l'importance de ces rencontres pour une éducation à la paix. Seul un changement de mentalité et de comportement contribueront à un meilleur avenir pour les jeunes.

La Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, implantée dans toutes les parties du monde, entend continuer son action. L'Afrique, continent meurtri par les crises et les conflits multiples, est au centre de ses préoccupations. Parmi ses nombreux projets, la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix insiste sur la nécessité de la mise en place de programmes concrets en Afrique de l'Est comme en Afrique de l'Ouest.

Leurs principaux objectifs sont :
1. La promotion de l'implication et de la responsabilité des femmes dans des initiatives de dialogue interculturel à composante religieuse adaptées à des réalités culturelles locales.
2. L'établissement et le développement de réseaux de ces femmes.
3. La formation de formateurs pour la transformation des conflits et
4. le soutien aux enfants victimes du Sida.

La création de Conseils Interreligieux dans les pays concernés soutient ces activités destinées à renforcer le dialogue entre les diverses communautés. En effet, la promotion de la paix passe par le respect de la diversité culturelle, par la tolérance et le dialogue, dans un climat de confiance, de compréhension et de solidarité.

La Conférence Mondiale des Religions pour la Paix est ouverte à tout partenariat avec l'UNESCO. Elle souligne, à cet égard, l'importance du projet de programmes et de budget 2006/2007. Elle insiste tout particulièrement, sur l'Activité Phare de l'UNESCO : La Promotion du Dialogue Interreligieux.




Transmis le Nov 28, 2005 - 12:49 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
WCRP - InternationalInternational


Message du Secrétariat général
de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix



Chers collègues,

Au nom de toute la famille de “Religions pour la Paix”, la plus vaste organisation plurireligieuse du monde, j’exprime nos plus vives condoléances à toutes les personnes affectées par le récent tremblement de terre en Inde et au Pakistan. “Religions pour la Paix” se tient solidaire des victimes et de leurs familles en ce temps de douleur et d’adversité.

Nous somme tous profondément atteints par l’immensité des dévastations, et nous nous soucions grandement du sort de toutes les personnes qui en subissent les effets.

Même au cœur de cette tragédie, nous pouvons nous sentir réconfortés par nos convictions religieuses respectives et par la constatation que chacun de nous est de plus en plus conscient d’être relié aux autres membres de la famille humaine.

J’exprime nos condoléances particulièrement à la section pakistanaise et à la section indienne de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix.

Nos pensées et nos prières ne cessent d’être auprès de vous et de vos compatriotes.

Nous applaudissons tous à l’initiative de notre organisation sœur, la Conférence asiatique des Religions pour la Paix (ACRP) tendant à coordonner les actions engagées par nos sections locales dans la région. Le Secrétariat international en est pleinement solidaire.

Je suis, en me félicitant des liens de partenariat qui nous unissent, sincèrement vôtre,


(s.) Dr. William F. Vendley, secrétaire général de la CMRP



Dr. William F. Vendley
Secretary General
Religions for Peace
777 United Nations Plaza
New York, NY 10017

Tel 1 212 687 2163
Fax 1 212 983 0566
Website: www.religionsforpeace.org





Transmis le Oct 26, 2005 - 03:07 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions-Laïcité

Le retour de la transcendance dans l’ordre politique

Rôle de la coopération multireligieuse



Intervention du Dr. William F. Vendley
Secrétaire général de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix
Au Colloque de la CMRP "Religions et Citoyenneté au XXIe siècle" à l'UNESCO

Commentaire de Geneviève Comeau, théologienne catholique à la fin de l'intervention.

Paris, 1er juin 2005


I - Introduction

Je suis heureux d’avoir cette occasion de discuter avec vous de ce qu’on pourrait appeler le retour de la transcendance dans l’ordre politique. Je parlerai du rôle que la coopération multireligieuse peut jouer à cet égard.

Je tiens à rendre hommage à la présence de nos éminents amis de la section française de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix.

Le philosophe Régis Debray a soulevé une certaine émotion en France quand il a mis en cause l’idée traditionnelle de la laïcité en suggérant que soit reconnue l’importance de la religion dans ce pays. Quoi qu’on pense de la proposition récemment avancée par M. Sarkozy d’une "laïcité positive" permettant de dégager un financement public en faveur de la religion, ou, aussi bien, des suggestions analogues formulées aux Etats Unis par des partis politiques, une question fondamentale est posée qui est celle de savoir si Dieu peut ou non avoir une place dans l’ordre politique. Cette question est au cœur des réflexions que je voudrais partager avec vous aujourd’hui. Ce que je vais dire est centré sur l’ordre politique sécularisé, héritage des révolutions politiques qui ont eu lieu il y a trois siècles, particulièrement en France.

Sarkozy est objet de controverse quand, comme politicien, il se réfère à la religion, mais il n’est pas le seul à le faire. Aux Etats Unis, le président Bush utilise souvent des images religieuses ; il admet l’influence de sa foi sur ses points de vue politiques. Aujourd’hui, en France, aux Etats Unis et dans d’autres démocraties laïques, il arrive que la religion devienne un enjeu politique qu’un parti met en avant et qu’un autre rejette. En Europe, la polémique relative à l’opportunité de mentionner Dieu dans la constitution européenne a fait réapparaître d’anciennes fractures, mais il semble que cette discussion, au moins dans la presse, n’ait traité le problème que de façon superficielle. A-t-on porté le débat sur ce qui était en cause au niveau de l’ordre politique ? Il semble que non. D’une manière générale, quand on a affaire à des politiciens, il semble souvent que ceux qui ont des positions favorables par rapport à la religion cherchent à utiliser celle-ci, voire à la détourner de son sens véritable, alors que ceux qui refusent d’envisager la pertinence de la religion dans la vie publique tentent de faire l’impasse sur quelque chose qu’on ne peut pourtant pas ignorer.

Il est approprié de soulever ce problème ici, à Paris, au siège de l’UNESCO, institution chargée de mettre en jeu, pour construire la paix, nos richesses de civilisation. L’action de l’UNESCO se développe entre des communautés politiques diverses. Certaines d’entre elles s’inspirent de grandes traditions de transcendance. D’autres ont explicitement rejeté toute notion de transcendance. Dans une telle situation, comment cette organisation peut-elle faire progresser la paix ?

Le philosophe français Jacques Maritain a présenté ce défi d’une manière admirable et toujours valable dans son discours d’ouverture à la seconde conférence générale de l’UNESCO en 1947. Il a noté la profondeur des divisions existant au sein de la communauté humaine, et il a fait observer qu’il était devenu de plus en plus difficile ne serait-ce que de rendre les hommes conscients de la philosophie implicite à laquelle chacun adhère, en fait, bon gré mal gré. "Aussi profond que nous creusions, écrit-il, il n’y a plus aucun fondement commun à la pensée spéculative. Il n’y a pas pour elle de langage commun."

La réponse de Maritain à la question de savoir alors comment l’UNESCO peut agir est instructive. Il note que les buts de l’UNESCO sont d’ordre pratique, qu’un accord entre ses membres peut se fonder non pas sur des notions spéculatives communes mais sur des vues concrètes, non pas sur l’affirmation d’une même conception du monde, de l’homme et de la connaissance, mais sur l’affirmation d’une série comparable de convictions quant à l’action à mener. Maritain ajoute que c’est sans doute bien peu. C’est, dit-il, "le dernier refuge de l’accord intellectuel entre les hommes". Il affirme pourtant, courageusement, que c’est assez pour essayer d’entreprendre une "grande œuvre".

Le raisonnement de Maritain, si on le suit de près, peut servir aussi de fondement rationnel à la coopération interreligieuse d’aujourd’hui. Chaque religion peut être conçue comme ayant ses propres fondements et sa propre auto-interprétation, qui sont bien distincts et nettement différents les uns des autres. Mais peuvent-elles coopérer ? Comment des religions différentes peuvent-elles travailler à cette œuvre commune, basée sur ce "dernier refuge de l’accord intellectuel entre les hommes" ? Nos diverses communautés de croyants peuvent-elles trouver en elles-mêmes des préoccupations largement partagées qui leur tiennent fortement à cœur et envers lesquelles elles puissent s’engager avec toute la force de leurs convictions philosophiques et religieuses?

Mon expérience est que la coopération entre les communautés de croyants existant dans le monde progresse sur la base d’engagements concrets, et qu’elle a un immense potentiel pour mener à bien la "grande œuvre" de Maritain.

Il n’y a peut-être aucune forme de coopération qui ait de plus grandes possibilités d’améliorer les conditions de vie de plus d’êtres humains dans le monde que la coopération entre les religions. Pensez aux réalités suivantes : sur les six milliards d’habitants de la planète, cinq milliards s’identifient à une religion ; sur les vingt-cinq millions vivant dans des zones de conflit ouvert, vingt-trois millions peuvent être touchés à travers leurs structures religieuses ; sur les quarante millions contaminés par le virus du SIDA, trente cinq millions pourraient être atteints à travers leurs communautés ; sur les trois milliards d’êtres humains qui vivent avec moins de l’équivalent de deux dollars par jour, 2,8 milliards pourraient l’être de cette façon. Les religions sont présentes en première ligne aux plus grands défis actuels. Le potentiel qui est le leur pour y faire face est une ressource immense, encore relativement peu utilisée, et je suis convaincu que la coopération entre elles est une clé de la mobilisation de ce potentiel.

La Conférence mondiale des Religions pour la Paix établit, équipe et relie en réseau des Conseils et des groupes interreligieux qui mettent en jeu la force inemployée des communautés de croyants pour construire la paix, désamorcer les conflits et promouvoir le développement durable.

Au sein du réseau international de la Conférence mondiale, les exemples abondent de coopération multireligieuse ayant atteint des résultats tangibles sur le terrain. Les religions travaillent ensemble à la médiation des conflits armés, à l’éducation à la paix et à l’action en matière de SIDA. C’est un travail important et nécessaire. Mais la question que je voudrais poser aujourd’hui va plus loin.

En situant le travail de la WCRP de façon analogue à celui de l’UNESCO, notre action multireligieuse peut être valablement comprise en termes essentiellement concrets. Les buts poursuivis, liés entre eux, ne soulèvent guère de controverses. Il s’agit de désamorcer les conflits armés, de promouvoir la paix et de faire progresser le développement durable. Tout ce que la coopération multireligieuse se propose de réaliser se présente ainsi en des termes accessibles à tous, qu’ils soient ou non religieux. Tout cela se réfère à des préoccupations profondément ressenties et largement partagées, à propos de problèmes auxquels toutes nos communautés sont affrontées.

Sans aucun doute, ce travail concret sera toujours nécessaire dans notre monde, et il restera d’une importance existentielle pour tous les croyants. Mais est-ce assez ? Conçue de cette façon, la coopération multireligieuse ne soulève pas la question de Dieu, et elle ne cherche même pas à la mettre en rapport avec des sujets relatifs à l’ordre politique. Mais le pourrait-elle ? La coopération multireligieuse pourrait-elle aider à faire une place à Dieu dans l’ordre politique ? Plus spécifiquement, et en des termes peut-être plus rigoureusement définis, la coopération religieuse pourrait-elle être le moyen même par lequel une ouverture à la transcendance retrouverait un rôle dans le débat politique ?


II. - L’exclusion de la transcendance, cause du "non-ordre" dans le monde sécularisé.

Permettez-moi de me borner à la tradition occidentale moderne. Ce que je voudrais soutenir, au fond, c’est qu’avoir exclu la transcendance de l’ordre politique est la cause fondamentale du désordre - du "non-ordre" - des sociétés sécularisées. Cela peut sembler d’une grande ingratitude. L’ère sécularisée moderne n’a-t-elle pas été accompagnée par l’essor des institutions démocratiques, des libertés individuelles et de la tolérance entre groupes divers ? Les traditions que nous qualifions de "modernes" ont manifestement produit énormément de bon. Je vis de ces bienfaits, j’en éprouve une vive gratitude et je tiens à les reconnaître comme des formes de progrès.

Mais pour m’aider à vous montrer où je veux en venir, je vous demande de m’accorder encore autre chose : l’existence chez les croyants de convictions quant à la réalité de leur expérience de la transcendance. Ce n’est ni le lieu ni le moment de présenter une défense intellectuelle de ces convictions, encore que je sois certain qu’on puisse le faire.

Si vous me l’accordez, il ne me sera pas difficile de montrer que la trajectoire de la pensée occidentale moderne est une histoire dans laquelle la transcendance a été progressivement exclue de l’ordre politique. D’un point de vue religieux, cette exclusion de la transcendance n’est nullement un "désordre" mineur. On peut soutenir, au contraire, que cette exclusion est à la base du "manque d’ordre", du "non-ordre" de la vie politique de l’Occident moderne.

Le désordre causé par l’exclusion de la transcendance n’est pas à imputer soit à la droite, soit à la gauche. L’histoire du XXe siècle révèle que les formes de gestion gouvernementale de droite et de gauche qui, les unes et les autres, excluaient formellement la transcendance, ont causé de l’ordre de 100 millions de morts. Eric Voegelin, dont la philosophie politique m’a aidé à préciser ma pensée, décrit le siècle dernier comme celui d’une "modernité sans restriction", comme si son affreux bilan avait mis à nu, au cours de ce siècle, les effets du processus déclenché à l’origine. Ce bilan devrait nous inciter à la prudence quand nous entendons dire aujourd’hui, bien trop souvent, que la religion est la principale source de conflits. Il est clair qu’au XXe siècle, ce sont les idéologies politiques séculières, non les religions au sens ordinaire de ce terme, qui se sont affrontées avec une telle violence.

Que faut-il donc entendre par transcendance ? L’expérience fondamentale de la transcendance est la conscience d’une tension existentielle en direction du domaine du Divin. Dans une perspective religieuse, accepter cette tension existentielle, voire s’y abandonner entièrement, est considéré comme une conversion, un ajustement de l’âme à ce qui est le bien. Au sein de l’âme ouverte au domaine du Divin se révèle ce qu’est l’ordre de l’âme. L’âme prend sa place entre la terre et sa source mystérieuse, incréée, qu’elle ne peut ni maîtriser ni contrôler. Dans l’expérience de la transcendance, l’âme ne peut pas être à elle-même sa propre loi. Elle se tourne en direction du domaine du Divin vers lequel elle est orientée existentiellement. Et c’est seulement en se tournant vers le domaine du Divin que l’âme trouve sa place avec et pour autrui.

Dans la conception classique, dont Platon et Aristote ont donné des interprétations différentes mais que les théologies juive, chrétienne et musulmane ont adaptée, la compréhension humaine de la vérité demande la participation du Divin dans le processus de la connaissance. Cette participation peut être comprise comme réalisée à travers le bien - "agathon" - de Platon, l’esprit - "nous" - d’Aristote, ou la raison éternelle - "ratio æterna" - de saint Thomas. Ces mots ne renvoient pas à un objet tangible dans le monde extérieur et ne peuvent donc pas se référer à la réalité selon les conceptions scientifiques modernes. Pour la science moderne, ces notions ne peuvent être que fiction. Cependant, pour un homme religieux, ces termes, ou leurs variantes, visent une réalité d’expérience. En outre, l’homme religieux sait que l’expérience de quelque chose comme le "nous", l’esprit au moyen duquel le Divin participe au processus de la connaissance, est liée à une ouverture à l’expérience de la transcendance. Un enfermement existentiel et l’éloignement de la transcendance réduit notre capacité à le reconnaître.

Se tourner vers le domaine du Divin qui s’ouvre au-delà de l’âme humaine acclimate celle-ci à son ordre transcendental propre. De même, se détourner du domaine du Divin devient l’expérience fondamentale du désordre. Platon développait cette vision radicale en élaborant le parallélisme entre l’ordre de l’âme et l’ordre de la cité. Cette mise en parallèle a été conservée et transformée par saint Augustin, affinée encore par saint Thomas d’Aquin. Elle était présente encore en France sous une forme à demi moderne dans la pensée brillante de Jean Bodin au XVIe siècle. Aujourd’hui, elle n’a plus droit de cité.

Mais sur quoi l’ordre politique va-t-il se baser si ce n’est sur l’ordre fondamental que révèle l’orientation existentielle de l’âme humaine vers le domaine du Divin où elle s’enracine ?

Thomas Hobbes est particulièrement clair parmi les penseurs modernes qui retranchent de leur analyse théorique le fondement transcendant de la vie sociale et politique. Sa pensée est instructive sur le genre de désordre, de "non-ordre" qui naît lorsque la transcendance est éliminée de l’ordre politique. Quand Hobbes tente de retirer la transcendance de l’ordre politique, quelque chose d’autre doit la remplacer comme force d’orientation de l’ordre existentiel et de l’ordre social. La transcendance tourne à la fois l’âme individuelle et la société vers le domaine du Divin, le "summum bonum", le bien suprême, pour qu’il soit le fondement de l’ordre. Retirer le summum bonum en éliminant la transcendance, c’est faire disparaître aussi la source de l’ordre à la fois pour l’âme et pour la société. En effet, l’ordre de l’âme et celui de la société dépendent du nous commun qui procure une expérience partagée du summum bonum. Quand il élimine le nous, Hobbes doit résoudre le problème de construire un ordre social à partir d’individus isolés qui ne sont pas orientés vers un but commun et n’ont d’autre motivation que leurs passions individuelles. Pour Hobbes, la passion commune qui crée l’ordre de la vie politique et sociale est la crainte. Le summum bonum est remplacé par un summum malum, un mal suprême, comme facteur ordonnant la société et la politique. Ce transfert du fondement de l’ordre politique n’est pas un changement mineur, un simple réarrangement du mobilier de notre habitation commune.

Ce qui fait la grande valeur de Hobbes est sa clarté. Avec lui, il devient très clair que si la transcendance ne doit plus être la base de l’ordre de l’âme et de la société, il faut que quelque chose d’autre le soit.

Mais dans une perspective religieuse, la transcendance est un fait réel. Eliminer de la science politique la source transcendante de l’ordre ne change pas la structure ontologique de la réalité. Du point de vue religieux, substituer le summum malum au summum bonum comme fondement de l’ordre revient à instituer un profond "non-ordre". Le domaine transcendant de l’âme est simplement rendu immanent, situé "dans ce monde-ci". Mais celui-ci manque de stabilité. D’un côté, on renonce facilement à soutenir qu’il existe une vérité quelconque au-delà de l’idéologie. Tout est relatif, tout est situationnel. Qu’est-ce que la vérité ? Cette question débouche habituellement sur un scepticisme existentiel et intellectuel qui affecte de tolérer toutes les opinions, mais qui révèle peut-être une fermeture narcissique aux questions profondes de notre esprit. De l’autre côté, peut-être en réaction à ce relativisme qui stérilise l’esprit, des réalités qui ne sont que temporelles - qu’il s’agisse d’appartenance raciale ou ethnique, d’idéologie économique ou même d’une religion faussement interprétée parce que coupée de ses amarres dans la transcendance - ne sont que trop facilement changées en un absolu. Le passage à une religion politique est alors à la fois rapide et mortel, comme le siècle dernier ne l’a montré que trop bien. Et même en l’absence de guerre, nous avons raison de nous inquiéter des dimensions totalisantes de l’ordre moderne - qu’elles soient politiques ou économiques - qui tuent l’âme sinon le corps.

Pendant la guerre froide, Alexandre Soljénitsine, dans un discours à l’université de Harvard, a critiqué à la fois le matérialisme occidental et le socialisme, il a mis en évidence les faiblesses de l’humanisme moderne, et il a souligné la nécessité d’un "changement historique majeur, égal en importance au passage du Moyen Age à la Renaissance." Et il ajoutait : "Ce changement exigera de nous un embrasement spirituel ; il nous faudra nous élever à une hauteur de vues nouvelle, à un niveau d’existence nouveau où notre être physique ne soit pas maudit, comme au Moyen Age, mais où, surtout, notre être spirituel ne soit pas foulé aux pieds comme dans l’ère moderne."


III. -La coopération multireligieuse et la reconquête de la transcendance


L’appel de Soljénitsine est suggestif. Il évoque un "embrasement spirituel" au milieu de charbons qui rougeoient encore, de petites flammes qui tremblotent toujours. Mais cette image suggestive souligne la thèse que je développe ici. Celle-ci est d’abord, et surtout, que surmonter le "non-ordre" politique nécessite de recouvrer l’expérience que l’âme fait de son ordre propre, révélé dans la transcendance. Bien sûr, cela ne peut être un simple retour aux efforts et aux catégories du passé. Méditer avec soin ces tentatives précédentes peut certainement aider ; elles peuvent stimuler profondément notre imagination et lui donner des éléments de comparaison. Mais, finalement, ce que nous avons à faire en notre temps doit se baser sur notre propre manière de cultiver la transcendance. Nous devons nous employer à revenir encore et encore à la conscience de cette réalité dans laquelle il faut s’enraciner et qui se trouve au-delà de nous-mêmes. Bref, la reconquête de la transcendance dans l’ordre politique dépend, d’une manière absolument fondamentale, de la reconquête de la transcendance par les individus.

Vaclav Havel a soutenu la même thèse, lui qui souligne maintenant ouvertement le besoin que l’ordre politique a de la transcendance. Il note que "dans le monde multiculturel actuel, la voie vraiment sûre vers la coexistence, la coexistence pacifique et la coopération créatrice, doit partir de ce qui est à la racine de toutes les cultures et est enfoui dans le cœur et dans l’esprit des hommes infiniment plus profondément que les opinions politiques, les convictions, les antipathies ou les sympathies - elle doit être enracinée dans la transcendance de soi."

Mener une vie de transcendance demande toujours du courage. Essayer de vivre la transcendance dans une société de "non-ordre", une société qui a perdu le langage de la transcendance, peut en exiger encore plus. En face des hommes accomplis, des capitaines, des réalistes purs et durs de l’ordre sécularisé, cela peut même causer un sentiment d’embarras. Il semble si sot, si naïf, si démodé, d’un archaïsme si agaçant, de parler de transcendance à ceux qui maîtrisent les règles d’un ordre d’où elle a été exclue.

Et pourtant, il semblerait d’une évidence incontestable que cultiver les spiritualités contemporaines authentiques de la transcendance doit constituer la base et fournir le fondement d’un renouveau de l’ordre politique. Cultiver des expériences puissantes et soutenues de transcendance dans le monde d’aujourd’hui est sans aucun doute la contribution la plus essentielle que nos communautés de croyants puissent lui apporter. En outre, à partir de leur expérience de la transcendance, nos communautés de croyants sont mises au défi de s’en prendre à la configuration de l’ordre politique. Elles sont mises au défi de traduire leur compréhension propre de l’ordre transcendantal de la personne pour aboutir à des formes d’ordre politique qui soient ouvertes à la
transcendance et la respectent.

Mais comment le faire aujourd’hui en respectant une authentique pluralité de conceptions ? Tel est notre défi fondamental. Et il convient de se demander quel rôle la coopération multireligieuse peut jouer pour permettre ce retour de la transcendance dans l’ordre politique.

Rappelons-nous les paroles de Jacques Maritain. Il disait, dans le discours que j’ai cité au début : "Aussi profond que nous creusions, il n’y a plus aucun fondement commun à la pensée spéculative. Il n’y a pas pour elle de langage commun."

Méditons cette dernière phrase : "Il n’y a pas pour elle de langage commun." J’ai beaucoup de sympathie pour la prudence de Maritain, mais je me demande aussi si nous n’assistons pas à une évolution qui peut nous donner un peu d’espoir.

Les langages sont des systèmes ouverts : ils sont créateurs ; ils progressent. Et quelque chose progresse dans le langage utilisé par les communautés de croyants lorsqu’elles s’engagent ensemble à des actions pratiques sur la base de ce que Maritain appelait "le dernier refuge de l’accord intellectuel entre les hommes".

Beaucoup de communautés de croyants ont ouvert la porte à une coopération interreligieuse effective en devenant, en quelque sorte, bilingues. Chaque tradition religieuse a son propre langage primaire qui définit la communauté. La tradition montre clairement que ce langage religieux primaire évolue. Il est ouvert, dynamique et productif. Il fournit à la communauté, tandis qu’elle traverse le temps, la grammaire de son identité en lui montrant la direction de son passé, de son présent et de son avenir.


Mais un langage religieux primaire, quelle que soit sa force première, n’est pas celui qui peut mobiliser les croyants d’autres religions ou le public en général. Les représentants des communautés de croyants apprennent aujourd’hui à parler aussi ce que j’appellerai le langage public. Les communautés apprennent à transposer leurs préoccupations morales, enracinées dans leurs langages primaires respectifs, dans un langage public partagé. Celui-ci leur offre un terrain d’entente pour clarifier les points d’accord et de divergence sur des questions morales importantes, et il sert de base à l’action menée en coopération, le genre d’action concrète dont parlait Maritain.

Mais est-ce là tout ce qui est possible ? Les préoccupations concrètes sont-elles les seules à pouvoir être mises en langage public ? Si les communautés de croyants peuvent transposer dans les langages publics leurs préoccupations morales concrètes, qu’en est-il de leurs autres soucis ? Qu’est-ce qui empêcherait ces communautés de mettre aussi en commun dans ce langage leur expérience de la transcendance, de l’ordre de l’âme et des exigences de l’ordre politique ?

Nous pourrions en citer des exemples éclairants. SAR le prince Hassan, modérateur de Religions pour la Paix a écrit au défunt pape Jean-Paul II pour lui dire son admiration, en tant que musulman engagé, pour l’enseignement social de l’Eglise catholique. Le prince Hassan reconnaissait qu’en plus de sa base religieuse, cet enseignement pouvait être justifié à partir de formes publiques d’une rationalité ouverte à la transcendance. Dans sa lettre, le prince faisait part de sa propre compréhension du noyau des expériences islamiques de spiritualité, également susceptibles d’être transposées en style public afin de servir de ressources pour le développement de formes d’ordre politique ouvertes à la fois au pluralisme et à la transcendance.
On pourrait soutenir que notre langage public d’aujourd’hui est précisément inapte à exprimer des idées aussi élevées. On pourrait estimer qu’il est réducteur et ne se prête pas à traiter de tels sujets. Mais bien que ce soit largement vrai, est-ce là une réponse suffisante ? Pourquoi penserions-nous que le langage public est fini, fermé, et incapable de progrès ? Ce qui me frappe est que le développement du langage public, ou des langages de la transcendance ainsi que les concepts publics d’un ordre politique ouvert à la transcendance, est l’un des grands défis posés à nos religions.

Permettez-moi de conclure avec cette image qui m’a souvent aidé. Avant que j’emménage dans un appartement à New York, j’habitais une maison à la campagne avec un assez grand bureau. J’avais fixé au mur derrière ma table de travail un tableau d’environ trois mètres de large et de plus d’un mètre de haut. Sur l’axe vertical de ce tableau étaient répertoriées les civilisations connues de la famille humaine, tandis que l’histoire de leur naissance, de leur décroissance, de leur mort et de leurs progrès était consignée sur les trois mètres de la largeur. J’avais ainsi sous les yeux une image merveilleuse de notre famille humaine. Ce qui me frappait, quand je l’observais, c’était la brièveté de ce que nous appelons modernité. Elle n’occupait qu’environ les deux derniers centimètres des trois mètres du tableau.

Ces deux derniers centimètres représentaient la période pendant laquelle l’ordre politique a exclu la transcendance. Et pourtant, presque tout ce qui conduisait à ces deux centimètres correspondait à des périodes où l’ordre politique était alimenté par des notions diverses de la transcendance, des plus simples aux plus richement différenciées.

Cette image ne suggère-t-elle pas la grande tâche qui attend nos communautés d’hommes religieux ? Une tâche qui mettrait en jeu nos imaginations de façon comparative tandis que nous rappellerions notre passé et que nous nous efforcerions en même temps de faire surgir la créativité nécessaire pour l’expression d’une transcendance tendue vers l’avant. Allons-nous abolir notre histoire et désavouer les expériences profondes de transcendance qui nous ont fait entrer dans l’ère moderne ? Ou pouvons-nous, à la lumière de ces traditions vivantes de transcendance, nous employer aujourd’hui à transposer nos propres expériences religieuses de la transcendance, actuelles quoique formées par l’histoire, dans un langage public apte à construire un ordre politique ouvert à la transcendance ?

Elaborer des langages publics de transcendance ne garantit pas le progrès. Ils seront en concurrence avec d’autres formes de discours public qui refusent la transcendance. Pourtant, le langage public transcendant peut fournir un moyen d’expression et aussi un guide à ceux que captive l’attraction existentielle de l’âme vers son domaine divin.

En bref, je crois que nous, de Religions pour la Paix, avons deux tâches à remplir. La première sera toujours avec nous. C’est la tâche concrète, dont la signification existentielle est immense, consistant à travailler ensemble à désamorcer les conflits, à construire la paix et à promouvoir le développement durable. Ces objectifs pratiques décrivent bien ce qui préoccupe les hommes de religion.

Mais il est une autre tâche à accomplir, une qui est à poursuivre concomitamment avec la première. C’est notre volonté de restaurer un ordre, des ordres politique, social et économique qui soient ouverts et qui, à leur manière, fassent honneur à tout le mystère et à la dignité de chaque personne, tels qu’ils se révèlent dans l’orientation de l’âme vers son domaine divin.

Tandis que nous portons ensemble les seaux d’eau destinés à éteindre les incendies d’aujourd’hui, portons aussi les briques dont nous avons besoin pour construire ensemble. Cultivons nos propres expériences les plus radicales et les plus inclusives de la transcendance et les notions d’ordre qui s’y rapportent, mais apprenons aussi à en parler dans nos églises, nos synagogues et nos mosquées, sur nos places publiques aussi, d’une manière qui embrasse les différences.

Peut-être un jour le grand "embrasement spirituel" de Soljénitsine viendra-t-il. En attendant, nous avons du travail à faire.

Je vous remercie de votre patiente attention.



Commentaire 1 – de Geneviève Comeau, théologienne catholique.


Sollicitée pour répondre à M.Vendley, je donne une réponse qui pourrait s’intituler « De l’ambiguïté de l’appel à la transcendance », pour mettre M.Vendley en garde contre l’ambiguïté possible de ses propos.

La coopération entre les religions est assurément une bonne chose, mais ne doit pas se tourner en front commun des religions contre l’athéisme. La coopération d’hommes religieux et d’athées, agnostiques, indifférents, hommes de bonne volonté, est indispensable.

Le lien direct de cause à effet que l’auteur établit entre l’exclusion de la transcendance et le non-ordre est contestable. Il a le ton de prophète de malheur du Prologue de Dei Filius au Concile Vatican I ; ce Prologue menaçait la société de se perdre dans l’abîme si elle oubliait Dieu.... Je ne sais pas quelle est l’appartenance confessionnelle de l’auteur ? En tout cas l’Eglise catholique a changé depuis Vatican I et le XIX° siècle –et heureusement !

L’auteur met directement en lien l’exclusion de la transcendance et les totalitarismes du XX° siècle. Mais il oublie de parler des démocraties. Dans une démocratie, le lieu du pouvoir est vide, il n’est occupé ni par Dieu ni par un roi. Certes, il est occupé par des êtres humains, mais de façon provisoire (cf. les analyses de Claude Lefort dans L’Invention démocratique, Fayard, 1981). Cela engendre une incertitude, qui semble faire peur à l’auteur, puisqu’il agite tout de suite le spectre du Léviathan de Hobbes. Le rôle des religions, me semble-t-il, est de donner des ressources spirituelles pour bien vivre cette incertitude, sans vouloir tout de suite la combler par l’appel à une transcendance rassurante –sans compter que la transcendance n’est pas tout à fait la même selon les religions…

La démocratie n’est pas censée reposer sur la foi en Dieu (même si ce n’est pas incompatible) ; elle suppose une forme de relation à l’autre qui accepte les divisions, les conflits d’intérêts, d’opinions et de valeurs, comme quelque chose d’indépassable.

Dans une démocratie il peut y avoir des philosophies et des spiritualités fort diverses. Mieux vaut encourager la démocratie (et se demander comment chaque religion peut y contribuer) que d’en appeler à un retour de la transcendance, qui peut être politiquement manipulé…

Bref, la modernité n’a pas que des côtés négatifs, c’est du moins mon avis et celui de bon nombre d’Européens, je crois. Mais j’admets que sur ces questions des différences de sensibilités existent entre Europe et Amérique. C’est peut-être cela que j’ai ressenti fortement à l’UNESCO en avril dernier.

G.Comeau, théologienne catholique




Transmis le Juin 10, 2005 - 05:15 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflitsInternational

A l’occasion de la réunion des Nations Unies sur le traité de prolifération des armes nucléaires, le Comité exécutif de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix a adopté le 6 mai 2005 la déclaration suivante, qui a été portée à la connaissance de tous les gouvernements des Etats membres des Nations Unies.




Déclaration du Comité exécutif
de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix



STOP A LA PROLIFERATION DES ARMES NUCLEAIRES




Nous, membres du Conseil des gouverneurs de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix, invitons les gouvernements participant à la Conférence sur le Traité de Non-prolifération à prendre des mesures urgentes pour promouvoir la sécurité commune.

L’existence des armes nucléaires fait peser des dangers immenses et incalculables sur la paix, la sécurité et notre environnement commun. Les efforts entrepris de longue date par la communauté internationale pour mettre un terme à la prolifération des armes nucléaires sont actuellement mis en péril ou rendus plus complexes par des tendances très préoccupantes : quelques-uns uns des Etats disposant de l’arme nucléaire ont réduit leur arsenal stratégique, mais ils continuent d’entretenir un grand nombre d’armes nucléaires stratégiques et tactiques, et ils poursuivent des recherches sur des systèmes nucléaires nouveaux. Trois Etats qui n’étaient pas tenus par le Traité de non-prolifération se sont dotés d’armes nucléaires sans avoir apparemment encouru de pénalités. D’autres Etats ont ou passent pour avoir en cours des programmes d’armement nucléaire. Et l’on craint beaucoup que des acteurs non-étatiques cherchent à disposer d’armes nucléaires.

Nous appelons les gouvernements représentés à la Conférence sur le Traité de Non-prolifération à réaffirmer les engagements déjà pris en vue d’aboutir au désarmement nucléaire, à préserver les dispositions favorables des arrangements en vigueur et à mettre en œuvre des options nouvelles pour faire en sorte que le régime international de non-prolifération redevienne un instrument faisant progresser le monde vers plus de paix et de sécurité pour tous.

En tant que responsables religieux, nous sommes convaincus qu’empêcher la prolifération des armes nucléaires ne peut être accompli que dans un cadre réaliste et compréhensif conçu de manière à assurer à tous une sécurité globale. Aucun Etat, aucun groupe d’Etats ne peut être durablement en sécurité s’il n’existe pas un tel cadre visant à garantir la sécurité de tous les Etats.

Au moment où nous invitons les gouvernements à faire preuve d’imagination et de volonté politique pour avancer vers un régime efficace et compréhensif de non-prolifération, nous nous engageons nous-mêmes à agir. Nous représentons des traditions religieuses différentes, mais nous sommes unis dans une volonté commune de faire progresser les valeurs morales qui peuvent inspirer des relations justes entre les individus, les communautés et les Etats. Nous travaillerons au sein de nos communautés respectives à édifier les bases morales de la justice, de la paix et de la sécurité.

6 mai 2005.


Transmis le Mai 14, 2005 - 08:01 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions-Laïcité



UNESCO


LA DIVISION DES POLITIQUES CULTURELLES ET DU DIALOGUE INTERCULTUREL
DANS LE CADRE DU PROGRAMME DU DIALOGUE INTERCULTUREL ET INTERRELIGIEUX

LA CONFERENCE MONDIALE DES RELIGIONS POUR LA PAIX



INVITATION

COLLOQUE

RELIGION ET CITOYENNETÉ POUR LE XXIème SIÈCLE


Le mercredi 1 juin 2005 salle IV
de 17h. à 20h.


( accueil à partir de 16h.30)


7 place de Fontenoy 75007 Paris




Inauguré par M. Mounir Bouchenaki
Sous-directeur général pour la culture

Débat animé par M. Ghaleb Bencheikh
Président de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix , section française.
Intervenants :

S.E. Mme. Samira Hana El Daher
Déléguée permanente du Liban auprès de l'UNESCO.

M. Jean Daniel
Écrivain – Fondateur du Nouvel Observateur.

Dr.William F. Vendley
Sécrétaire général international de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix.

M. Xavier de Villepin
Ancien Président de la Commission des Affaires Étrangères du Sénat.

Cette invitation pour deux personnes sera demandée à l'entrée principale de l'UNESCO
Secrétariat de la CMRP – 8 bis rue Jean Bart 75006 Paris
Tel./ Fax 01 46 33 45 39 – Courriel : cmrp.france@libertysurf.fr






Transmis le Mar 30, 2005 - 06:39 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflitsInternational




Déclaration du Conseil d’administration de Religions pour la Paix
relative à la violence au Darfour, rendue publique le 22 septembre 2004
et remise ce même jour à New York au Secrétaire général des Nations unies et aux représentants de tous les Etats membres du Conseil de Sécurité.



Nous, membres du Conseil d’Administration de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix, le plus vaste rassemblement mondial de représentants de communautés de croyants travaillant ensemble à la paix, adressons un appel à la communauté internationale pour qu’elle s’engage dans une action persévérante en vue d’empêcher que de nouveaux décès se produisent en quantité dévastatrice parmi les dizaines de milliers de Soudanais de la région du Darfour et parmi ceux qui se sont enfuis de l’autre côté de la frontière avec le Tchad. Il est impératif d’agir immédiatement. Religions pour la Paix prie instamment les Nations unies de prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder autant de vies humaines et de moyens d’existence que possible.


Aux termes du communiqué conjoint négocié en juin entre M. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies et le gouvernement soudanais, celui-ci s’est engagé à prendre des mesures spécifiques pour mettre fin aux violences dans la province de Darfour, mesures incluant le désarmement de la milice Janjaweed et des autres groupes armés irréguliers qui terrorisent la population locale. Cependant, des rapports dignes de foi indiquent que des combats, des actes de violence et des attaques contre les civils continuent de mettre en péril la sécurité des habitants du Darfour et font que les personnes déplacées et les réfutgiés au Tchad ont peur de revenir dans leurs villages. Pour que les dispositions clé du communiqué conjoint relatives à la sécurité et au cessez-le-feu soient mises en application, Religions pour la Paix recommande que soient prises toutes les dispositions juridiques indispensables, y compris la mise en place d’inspecteurs et de la force de protection en cours de discussion au sein de l’Union africaine.


Les gouvernements des pays qui disposent des ressources nécessaires sont dans l’obligation morale de fournir une aide logistique, financière et autre pour assurer la sécurité des civils soudanais. Religions pour la Paix prie instamment, en outre, les principaux acteurs de faire appel aux responsables religieux qui sont engagés pour la paix et qui ont l’autorité morale dont on a un si urgent besoin pour aider à résoudre cette tragédie humanitaire. Comme nous l’avons constaté par expérience au Libéria, en Bosnie, au Kosovo et en Sierra Leone, quand les religions s’unissent sur la base d’engagements moraux partagés, des divisions qu’on aurait cru insurmontables peuvent être dépassées.


Pour une solution durable du conflit du Darfour, la Conférence mondiale des Religions pour la Paix prie instamment tous les groupes en présence de respecter l’accord de cessez-le-feu signé en avril 2004 et de mobiliser toutes les parties en cause pour négocier un règlement d’ensemble. Nous appelons les Nations unies à continuer leur action. Nous nous félicitons des efforts en cours de l’Union africaine,. Nous nous déclarons prêts à les assister à travers le Conseil africain de responsables religieux fonctionnant sous notre égide.


Transmis le Sept 23, 2004 - 07:41 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflitsInternational







Lettre du Modérateur et du Secrétaire général de la WCRP aux communautés de croyants de Russie











Le meurtre d’enfants russes dans une école de Beslan en Ossétie du Nord produit en nous des sentiments de peine inexprimable, d’indignation morale et de résolution inébranlable.










Transmis le Sept 23, 2004 - 07:33 PM Suite du texte (2986 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflitsInternational



DERNIÈRES INFORMATIONS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ("Secretary General’s Update")



Dr. William F. Vendley, août 2004




Notre monde traverse une période de confusion et de grande tension. On se méfie et on s’inquiète, de beaucoup de côtés, de ce que l’action unilatérale de certains affaiblit les organisations multilatérales dont nous dépendons tous pour disposer de normes communes en matière de paix et de sécurité. A la douleur que causent les conflits ouverts en divers lieux du monde s’ajoute maintenant la crainte du terrorisme qui menace de polariser encore plus notre famille humaine. Tandis que, partout dans le monde; le terrorisme est presque unanimement rejeté et qu’on ne lui reconnaît aucun fondement moral, beaucoup sont profondément troublés par des politiques qui, conçues pour lutter contre le terrorisme, risquent au contraire de le légitimer aux yeux de ceux qu’il séduit le plus.


En Irak, les gens sont pris dans le jeu de forces antagonistes comprenant le terrorisme, une occupation de fait, la résistance et des interprétations contradictoires de l’auto-détermination. Cependant, en dépit d’une insécurité croissante, les responsables religieux irakiens continuent de se mobiliser à travers les Religions pour la Paix pour s’opposer à ceux qui abusent de la religion pour semer la haine et pour faire progresser un consensus moral grandissant sur les conditions nécessaires à une auto-détermination irakienne authentique. C’est une tâche extrêmement difficile. Nos confrères religieux irakiens méritent que nous leur accordions de partout dans le monde solidarité et soutien.



Action commune de responsables religieux irakiens menée à travers "Religions pour la Paix"


Quoique leurs positions politiques et religieuses soient très différentes, un groupe remarquablement représentatif de responsables religieux shiites, sunnites et chrétiens s’est réuni à Kyoto à la fin de juillet.Ils se sont engagés à travailler ensemble pour à les enfants victimes de la guerre en Irak, sans considération de leur identité ethnique ou religieuse. Ils ont déclaré que leur rencontre de Tokyo avait été l’occasion "de surmonter nos blessures et nos chagrins, en donnant aux souffrances du pays priorité par rapport aux nôtres".


Cette réunion faisait suite à une invitation du Comité exécutif de Religions pour la Paix et était hébergée par Religions pour la Paix / Japon. Pendant leur séjour, Religions pour la Paix / Japon leur a fait rencontrer Mme Yoriko Kwaguchi, ministre des Affaires étrangères du Japon, et les responsables d’autres institutions importantes susceptibles de devenir les partenaires de Religions pour la Paix / Irak. Impressionnés par ce qu’ils avaient découvert à Hiroshima des dévastations subies par cette ville et de sa reconstruction, les responsables religieux irakiens ont dit à Mme Kawaguchi qu’il ne pourrait y avoir en Irak de reconstruction matérielle sans une reconstruction sociale.


La ministre s’e st dite convaincue du rôle crucial que les responsables religieux avaient à jouer pour reconstruire l’Irak. Elle a souligné que de nombreux gouvernements sont de plus en plus conscients de l’importance qu’a pour la paix la coopération multi-religieuse.


L’engagement pris par les responsables religieux irakiens de travailler ensemble à l’aide aux enfants victimes de la guerre est de la plus haute importance, et cela pour deux raisons. La première et la plus évidente est qu’il est effectivement possible d’aider beaucoup d’enfants ayant subi d’h orribles blessures du fait de la guerre. L’autre est qu’en coopérant dans un domaine non politique affectant toutes les fractions de la société irakienne, ces responsables donnent l’image d’une solidarité authentique que tous les Irakiens peuvent accepter, quelles que soient leurs différences. Approfondir aux dimensions du pays tout entier une solidarité fondée sur des valeurs partagées est la clé du progrès vers l’auto-détermination des peuples de l’Irak.


Ce que les responsables religieux irakiens ont fait au Japon s’inscrit dans la ligne de ce qu’ils ont déjà fait avec la Conférence mondiale des Religions pour la Paix. S. A. R. le prince Hassan bin-Talal, modérateur du Conseil de la Conférence, a déjà servi d’hôte à beaucoup de réunions de ce genre, et cela dès à peine quelques semaines après l’entrée des troupes d’occupation à Bagdad. De plus, nos courageux collaborateurs ont travaillé avec eux pour apporter une aide humanitaire essentielle pendant la période la plus critique d’après la guerre.




Le Comité exécutif fait savoir que la huitième Assemblée mondiale de la WCRP se tiendra à Kyoto.

Le Comité exécutif international a annoncé que Kyoto serait le site officiel de la huitième Assemblée mondiale qui doit se tenir du 26 au 29 août 2006. Ce lieu a une signification historique car c’est à Kyoto qu’a eu lieu en 1970 la première assemblée mondiale de la Conférence ondiale des Religions pour la Paix. Depuis cette date, "Religions pour la Paix" est à l’origine de la création de 55 sections nationales et de quatre conseils interreligieux régionaux (pour l’Afrique, l’Asie, l’Europe et l’A mérique latine), agents de la coopération multi-religieuse. L’organisation a des activités dans tous les continents et dans quelques uns des endroits les plus troublés du monde. Il semble approprié que des représentants du réseau mondial de la famille des Religions pour la Paix reviennent à Kyoto, berceau de notre mouvement, pour donner une nouvelle vigueur à notre coopération en vue de la paix avec la justice.





Valerie A. Nash
Chief of Staff - Office of the Secretary General
World Conference of Religions for Peace
Church Centre to the United Nations
777 United Nations Plaza, 9th Floor
New York, New York 10017
Tel: (212) 687-2163, Ext. 26
Fax: (212) 983-0566

Email: vnash@wcrp.org
Website: www.wcrp.org



Transmis le Sept 23, 2004 - 07:25 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflits

DERNIERES INFORMATIONS DU SECRETAIRE GENERAL

Dr. William F. Vendley, 15 mai 2004





Les groupes religieux ont des caractéristiques sociales, morales et spirituelles n’appartenant qu’à elles qui sont essentielles pour surmonter les défis d’aujourd’hui. Outre les organisations qui en relèvent (et qui incluent les églises, les temples et les mosquées, les hôpitaux et les écoles), les croyants eux-mêmes sont une ressource puissante. Leur identité religieuse s’accompagne d’un sens de leurs responsabilités envers les plus vulnérables, ce qui les rend participants à une alliance planétaire de bénévoles à l’avant-garde de l’aide humanitaire, non seulement en cas de conflit, d’épidémies mondiales et de catastrophes, mais aussi quotidiennement, là où ils sont, pour le bien commun.
“Religions pour la Paix” mobilise les ressources inemployées des religions dans quelques uns des lieux les plus épineux du monde. Notre activité récente dans les Balkans témoigne une fois de plus du fait que les religions sont beaucoup plus fortes quand elles agissent ensemble que lorsque elles interviennent isolément.

Le CERL/CMRP visite la Serbie et le Kosovo pour relancer le processus de paix.

Réagissant aux heurts qui se sont produits à la mi-mars au Kosovo et qui ont fait dix-neuf morts, chassé de chez eux des milliers de victimes et saccagé des sites religieux, une délégation du Conseil Européen des Responsables Religieux de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix (CERL/CMRP) s’est rendue à Belgrade et à Pristina en avril pour y rencontrer les responsables religieux et aider à faire baisser les tensions entre les communautés serbe et albanaise. Cet organisme pluri-religieux de haut niveau a condamné les violences récentes, qui sont l’incident le plus grave survenu au Kosovo depuis la fin officielle des hostilités en 1999 ; il a offert son aide aux responsables musulmans, catholiques et orthodoxes locaux ; il a adressé un appel à tous les Kosovars pour qu’ils rejettent la violence et s’emploient solidairement à la construction d’une paix durable. Au cours de cette visite, qui a eu lieu du 27 au 29 avril, Angela Oliver et Emily Coffman Krunic, de notre département de la transformation des conflits, et moi-même nous sommes joints à cette délégationn, qui était conduite par Sa Grâce Gunnar Stalsett, évêque d’Oslo, co-président du CERL et par le métropolite Emmanuel (France).

A Belgrade, la délégation a rencontré Sa Sainteté le patriarche Pavle de l’Eglise orthodoxe serbe, le mufti Hamdija Jusufspahic de la communauté musulmane et des représentants de l’archevêque catholique Hocer. Le mufti a accompagné la délégation dans les ruines de la bibliothèque et de la mosquée récemment incendiées où nous avons vu, au milieu des cendres, les restes à demi calcinés de manuscrits anciens et de livres saints, y compris des Corans. Une musulmane essayait de sauver quelques uns de ces ouvrages. Le mufti nous a dit comment des voisins serbes et juifs avaient essayé sans succès de dissuader un groupe d’environ deux mille personnes de mettre le feu à cette bibliothèque et à cette mosquée en représailles des actes de violence intervenus au Kosovo. Il était particulièrement reconnaissant à l’évêque orthodoxe serbe qui avait essayé personnellement de calmer cette bande d’émeutiers, et il a dit : “Je ne sais pas qui est responsable de cet incendie criminel, mais je sais bien qui a tâché de nous aider.” Il a remis à l’évêque Stalsett un Coran brûlé dédicacé.

Sa Sainteté le patriarche Pavel a exprimé son chagrin de la violence et des pertes de vies humaines. Il était profondément troublé du vandalisme et des destructions subies au Kosovo par des édifices religieux orthodoxes.
Il a fourni à la délégation des éléments d’information sur les églises et les monastères incendiés et détruits au Kosovo. Il a donné sa bénédiction et promis son soutien aux efforts de la délégation tendant à soutenir les responsables religieux locaux et à encourager le dialogue au Kosovo.

La délégation s’est rendue ensuite au Kosovo où nous avons rencontré Sa Grâce l’évêque de Raska-Prizren, Kosovo et Metoxija, le mufti Ternava, chef de la communauté musulmane du Kosovo, et S. Exc. Marko Sopi, évêque catholique de Prizren. Malgré les risques et les difficultés qui empêchent pour le moment ces responsables de se réunir, les marques de solidarité reçues de leaders européens de haut niveau ont renforcé leur détermination de rester fidèles au processus pluri-religieux. Chacun d’eux a confirmé son engagement à œuvrer au Kosovo pour un avenir pluri-ethnique et pluri-religieux.

Dans sa rencontre avec la délégation, le mufti Ternava, président de la communauté islamique Kosovar, a rappelé que 218 mosquées avaient été détruites au Kosovo au cours du conflit de 1999, et il a exprimé son appréciation de la visite de la mission du CERL/CMRP. Il s’est dit prêt à parcourir les rues de Pristina avec l’évêque Artemije et l’évêque Sopi en signe de solidarité.

Lors d’un entretien subséquent, l’évêque Sopi s’est référé à une déclaration qu’il avait faite à ses diocésains, condamnant la violence et exprimant ses regrets à la population serbe. Il avait demandé à son clergé de lire cette déclaration aux fidèles lors des célébrations pascales.
L’évêque Sopi s’est dit convaincu de la nécessité du Conseil interreligieux du Kosovo et de l’opportunité d’une reprise des réunions de sa commission de travail.

La rencontre finale avec Sa Grâce l’évêque Artemije de l’Eglise orthodoxe serbe a eu lieu dans le monastère de Gracanica, actuellement gardé par les troupes de l’OTAN et de la KFOR. Le P. Nektarija, membre actif du Conseil interreligieux du Kosovo, assistait à cette rencontre. L’évêque a accepté les condoléances de notre délégation pour les évènements de la mi-mars au cours desquels, en quarante huit heures, trente cinq églises et monastères ont été détruits, six cents habitations serbes incendiées et quatre mille personnes déplacées. Il a déclaré qu’il était toujours favorable à un Kosovo pluri-ethnique et pluri-religieux. Il était fermement convaincu que cela ne pourrait se réaliser que si les conditions d’un véritable dialogue étaient réunies. Après cette rencontre, la délégation a visité l’église orthodoxe serbe d’Obilic qui avait été incendiée en mars afin de se rendre compte des effets de la violence.

Au cours de son séjour, la délégation s’est aussi entretenue avec la mission des Nations Unies au Kosovo et avec l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe en exprimant sa préoccupation du fait que des lieux de culte sous la protection de l’ONU avaient été attaqués.
Nous avons en outre incité les représentants de ces organisations à inclure des responsables religieux dans la mise en place des institutions nécessaires et dans la mise en œuvre du droit au retour, de telle sorte que le processus de détermination du statut politique du Kosovo puisse progresser.

Etant donné le point délicat où se trouve le processus de paix au Kosovo, le comité exécutif du CERL/CMRP a proposé d’en faite le sujet principal de la prochaine réunion plénière de ce Conseil, qui doit avoir lieu à Bruxelles en novembre 2004. Les responsables religieux du Kosovo ont accepté l’invitation qui leur a été faite d’assister à cette réunion, et la CMRP s’est engagée à faciliter leur participation.








Transmis le Mai 27, 2004 - 05:57 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensembleInternational

CONFÉRENCE MONDIALE DES RELIGIONS POUR LA PAIX

Intervention en séance plénière de l'UNESCO (4 octobre 2003)
de Jacqueline Rougé, présidente honoraire de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix.



Monsieur le Président,

La Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (WCRP) affirme, à l'opposé de bien des idées reçues :
- que les religions peuvent être facteur de paix, pourvu que leur message ne soit pas détourné à des fins qui leur sont étrangères ;
- que les religions doivent être vraiment facteur de paix si elles se veulent fidèles à l'héritage spirituel qu'elles ont à transmettre ;
- que les religions le sont effectivement, en maintes circonstances.
Elle ne se borne pas à l'affirmer ; elle le prouve par l'action.



Transmis le Déc 16, 2003 - 10:43 PM Suite du texte (3405 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensembleInternational

CONFÉRENCE MONDIALE DES RELIGIONS POUR LA PAIX

Intervention de Jacqueline Rougé, présidente honoraire de la WCRP/International à l'UNESCO, en Commission IV (9 octobre 2003)



Monsieur le Président,

La Conférence mondiale des Religions pour la Paix exprime avec plaisir son appui aux programmes soumis à notre Commission. Elle est heureuse que les augmentations de crédits rendues possibles par le retour des Etats Unis au sein de l'UNESCO viennent renforcer encore la priorité accordée à la promotion de la diversité culturelle et au dialogue entre les cultures. Elle soutient, en particulier, les deux programmes de l'UNESCO relatifs au dialogue interreligieux avec lesquels elle a déjà collaboré. Pour mon organisation, en effet, qui doit son existence à la multiplicité des traditions religieuses présentes partout dans le monde, la diversité culturelle n'est pas seulement un fait. Elle y voit une richesse, en même temps qu'un défi.


Transmis le Déc 16, 2003 - 10:21 PM Suite du texte (2152 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensembleInternational


MESSAGE DU MODERATEUR DE WCRP : “ RENVERSER LA SPIRALE DES HAINES ET DES PEURS ”



S. A. R. le Prince El Hassan bin Talal, modérateur de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, a marqué le début de l’année en publiant une déclaration qui demande “à chaque individu, chaque organisme et chaque gouvernement qui souhaite donner sa chance à l’avenir, de se prononcer contre les idéologies [de la haine et de la terreur] et d’agir pour renverser la progression en spirale des craintes irrationnelles et des haines.




Transmis le Fév 10, 2003 - 06:29 PM Suite du texte (2858 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensembleInternational


SEMINAIRE SUR LA LIBERTE RELIGIEUSE EN EUROPE



M. Emir Kovacevic, du bureau de la WCRP a Sarajevo, a participé le 26 juin 2001 à La Haye à un séminaire organisé conjointement par le gouvernement des Pays Bas et par la présidence roumaine de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe sous le titre : “Liberté de religion ou de croyance dans la zone OSCE, défis de droit et de fait”. Les participants, qui représentaient les Etats membres de l’OSCE, des institutions internationales et des ONG, ont soulevé beaucoup de questions touchant à la liberté religieuse, y compris l’intolérance à l’égard des groupes religieux non-traditionnels, les régimes restrictifs et discriminatoires, le problème des sectes et celui de l’extrémisme religieux.


Transmis le Fév 10, 2003 - 05:56 PM Suite du texte (1126 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Dialogue interreligieux

Trente et unième Conférence générale de l'UNESCO (Paris, 15 octobre - 3 novembre 2001) Commission IV (questions culturelles)



Observations de la Conférence mondiale des religions pour la paix sur le Projet de stratégie à moyen terme pour 2002-2007



Transmis le Juil 24, 2002 - 11:13 PM Suite du texte (2324 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensemble

(Discours prononcé en séance plénière par le rabbin David Rosen, directeur de l’Anti Defamation League, à la 7ème Assemblée mondiale de WCRP le 25 novembre 1999)




Une des discussions les plus connues et les plus fascinantes entre les anciens sages du Judaïsme à l’époque mishnaïque, il y a deux mille ans, se rapporte précisément au thème de cette Assemblée. Il s’agissait de savoir quel est le principe biblique le plus important pour faire face au défi de la vie en commun.


Transmis le Juil 23, 2002 - 11:54 PM Suite du texte (3998 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Vivre ensembledu Cardinal Arinze, président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux


Bien des éléments sont nécessaires pour le bon fonctionnement de la société. Ils ont des dimensions sociales, culturelles, économiques, politiques et religieuses. Nous nous attachons ici aux visions religieuses de la société humaine. Comment les religions du monde voient-elles celle-ci, notamment quant à son origine ? Que peut apporter la religion pour que la société devienne ce qu’elle doit être, particulièrement en ce qui concerne la conversion des cœurs et la promotion de la justice et de la solidarité, fondements indispensables de la paix ?


Transmis le Juin 22, 2002 - 11:24 PM Suite du texte (8997 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Religions et conflits

Trente et unième Conférence générale de l’UNESCO (Paris, 15 octobre - 3 novembre 2001)



Intervention de la Conférence mondiale des religions pour la paix dans le débat général



par Jacqueline Rougé, Coprésidente de WCRP - International :


Monsieur le président, Madame la présidente du Comité exécutif, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs,



Au moment même où les orateurs qui se succèdent à cette tribune ne manquent pas d’exprimer leur horreur pour des crimes que leurs auteurs ont l’impudence de présenter comme des actes religieux, il se tient à New York une assemblée extraordinaire solennelle de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix au nom de laquelle je parle ici. Le nom même de cette ONG dit assez son refus d’une telle perversion du sentiment religieux.



Transmis le Juin 22, 2002 - 11:17 PM Suite du texte (2474 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable