Agenda

- Dimanche 19 mars, où que vous soyez et à Paris 4e : Prière et recueillement pour la Paix, garder le silence pendant trente minutes

- Lundi 5 septembre 2016, IMA : début d'un Cycle de 4 conférences de Ghaleb Bencheikh : Mots d'Islam, pour décrypter 4 « mots d’Islam » devenus «valises » voire anxiogènes : Islam, Djihad, Charia, Fatwa. Organisé par la SAIMA ( Société des Amis de l'IMA )- Entrée libre- Réservation.

- à partir du lundi 26 septembre 2016, Paris, ENS 45 rue d'Ulm : Islams de France - Islam public et publics d'Islam. Pièce d'identité demandée.

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Médiation, réconciliationBilan du voyage du Pape François,
par Emile Moatti.


              Le Pape François a repris hier Lundi, en fin d'après-midi, l'avion pour Rome, après un séjour de 48 heure en Terre Sainte. Celui-ci a été remarquablement programmé. Que peut-on déjà en retenir ?

              J'avais été admiratif du bon Pape Jean XXIII qui prit l'initiative de convoquer le Concile Vatican II en 1962, et qui, au paroxysme de la guerre froide, deux mois avant son décès, en 1963, adressa l'encyclique "Pacem in Terris", non seulement à l'intention des catholiques du monde entier, mais aussi à celle de tous les êtres humains, hommes et femmes de bonne volonté. Il avait été témoin de l'immense danger couru par le monde entier au moment de la crise des fusées soviétiques installées à Cuba en 1962. On avait frôlé la troisième guerre mondiale nucléaire. C'est ce qui m'a fait désirer être présent à Jérusalem, symbole de l'avènement futur sur terre de la "Paix du Ciel", durant les visites sur place des trois derniers papes: Jean-Paul II, Benoît XVI et maintenant  François.

Transmis le Mai 28, 2014 - 10:54 PM Suite du texte (4283 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliation

Chrétiens au Proche Orient - un enjeu pour la Paix
Du dimanche 24 au jeudi 28 juillet 2011 au sanctuaire de La Salette (Isère)


L’année écoulée a rappelé avec force à l’opinion publique le rôle déterminant des chrétiens au Proche-Orient pour favoriser la paix partout où ils se trouvent. Le synode de l’Eglise catholique sur les chrétiens du Proche-Orient a mis en valeur en octobre 2010 leur rôle de médiation vis-à-vis des juifs et des musulmans, mais aussi leur capacité à proposer à leurs gouvernants des modèles de développement politiques, économiques et culturels pacifiques et harmonieux. Les événements de l’année écoulée ont également rappelé la situation précaire de ces chrétiens souvent tentés par l’exil en raison des persécutions dont ils font l’objet.


Compte-tenu de cette actualité brûlante la VIe conférence de la réconciliation, organisée par l’Association des Rencontres Européennes de la Salette en coopération avec le sanctuaire, portera sur le thème suivant « Chrétiens au Proche Orient : Un enjeu pour la paix »
Elle se tiendra du dimanche 24 au jeudi 28 juillet 2011 au sanctuaire de La Salette 
(à 1h de bus de Grenoble). Ces conférences ont lieu dans un lieu de toute beauté où le thème de la paix est central depuis qu’en 1846 la Vierge Marie est apparue à de jeunes bergers. Elles sont ouvertes à tous (pèlerins, étudiants, visiteurs). Le sanctuaire offre des capacités d’accueil à coût réduit pour les participants au colloque. Le séjour du 24 au 28 juillet est de 137 euros pour les moins de 25 ans et de 241 euros pour les adultes  (voir les détails - s’inscrire).

Intervenants et invités

Les intervenants sont des experts de la question et des témoins venant du Proche Orient. Une invitée exceptionnelle viendra témoigner au cours de ces journées: Myrna Nazour est une mystique melchite syrienne qui viendra parler des événements extraordinaires qui se sont produits dans le quartier de Soufanieh à Damas depuis 1982. Myrna Nazour racontera les apparitions de la Vierge dont elle a été le témoin, apparitions qui se sont accompagnées de phénomènes mystiques (icône de la Vierge de Kazan suintant de l’huile, stigmates, etc…).
Sous la présidence de Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble - Vienne et de Mgr Philippe Brizard, directeur émérite de l’Œuvre d’Orient, sont invités entre autres :
 Mme Myrna Nazour, mystique de Soufanieh (Damas - Syrie). 

 Mgr. Jean-Marc Aveline, directeur de l’Institut catholique de la Méditerranée, Consulteur au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux depuis 2007. Il est en charge de la revue « Chemins de dialogue » (Marseille) ainsi que du Comité de rédaction de la revue « Recherches de science religieuse » (Paris). Vicaire Général du diocèse de Marseille. 

 Mme Alice Provansal, chercheur à l’Institut catholique de la Méditerranée ; responsable d’une association travaillant pour la réconciliation entre chrétiens, juifs et musulmans à Marseille. 

 M. Carol Saba, juriste franco-libanais, membre du patriarcat d’Antioche en France. 

 M. Antoine Arjakovsky, professeur à l’Université Catholique d’Ukraine, directeur de l’Institut d’Etudes Œ*****éniques de Lviv et président de l’Association Rencontres Européennes de La Salette (ARES).
 
 M. Philippe Pouzoulet, juriste, laïque catholique français, ancien élève de l’ENA, secrétaire général de l’ARES. 

 P. Bernard Gaidioz, missionnaire de Notre-Dame La Salette et recteur du Sanctuaire. 

 M. Nicolas Nazzour, chrétien de la communauté chrétienne melchite de Soufanieh (Damas)

Consulter le  programme complet. Le colloque sur la réconciliation est organisé par en Ukraine et en coopération avec le sanctuaire N-D de la Salette.



Médiation, réconciliationLettre de remerciements aux Israéliens qui se sont mobilisés pour nous aider.

Nous, la famille H. du village de .. , nous vous écrivons , aux Israéliens en général, au Centre médical Rabin et en particulier au Dr .., pour vous remercier de votre aide matérielle et spirituelle, dans notre combat pour sauver la vie de notre fille de 18 ans, qui avait un besoin urgent d'une transplantation d'un lobe du foie et d'un rein.

J'aimerais saisir cette occasion pour partager avec vous mes pensées sur les récents développements durant notre voyage commun vers la transplantation.

Premièrement, j'ai pensé que nos deux peuples, Israéliens et Palestiniens, avaient atteint un point où nous devons comprendre qu'il est temps pour nous de vivre en paix et en sécurité, et de renoncer à la violence, aux armes, au meurtre et aux façons de penser agressives et racistes.

J'aimerais dire simplement : nous sommes deux peuples vivant sur une seule terre et dépendant de ses dons pour faire pousser notre nourriture, boire son eau et respirer son air. Même si nous divergeons sur de nombreuses questions, il est une chose forte qui nous unit, et si forte que personne ne peut nier cela : Israéliens et Palestiniens sommes vraimentt les mêmes, nous sommes tous des humains.

Et j'aimerais aussi partager avec vous cette pensée : je pense que dans les deux communautés il y a vraiment beaucoup de gens qui rejettent le langage du canon, car ce langage ne peut aider, mais tuer.

Nous, le peuple, nous ne voulons pas voir parmi nous l'Israélien sous la forme d'un soldat armé répandant la frayeur dans nos rues et nos maisons. En même temps, nous, le peuple, nous opposons fermement à ce que notre jeunesse et nos enfants sortent pour se faire sauter au milieu de civils, dont certains proclament certainement "non à la violence !"

Nous, le peuple, qui souffrons tous les jours, nous ne voulons pas continuer à être des pions entre les mains de groupes corrompus qui nous contrôlent des deux côtés. Ils cherchent à mener à bien leur politique agressive et leurs intérêts personnels à nos dépens.

Et si ceci n'est pas assez convainquant, je voudrais crier aux groupes violents : pendant trop longtemps, vous avez parlé le langage du canon. Laissez nous tranquilles et permettez nous de parler un langage différent : le langage de la paix, le langage de la raison.

Nous avons déjà assez perdu. Nous avons une simple requête : nous voulons vivre et travailler en paix et en sécurité.

De nouveau, nos remerciements de tout coeur pour toute l'aide que vous nous avez apportée,

M.-H.,


Transmis le Juil 03, 2010 - 05:54 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliation


Hommage islamo-chrétien aux Moines de Tibhirine

Exposition sur deux mois d’été, 22 juin - 24 août, à CEILLAC (Hautes-Alpes)

Textes et dessins originaux, calligraphies, tentures, bronzes, céramiques,…œuvres de l’artiste musulman algérien Rachid Koraïchi.


L’hommage est organisé avec l’artiste par la Municipalité de Ceillac, l’Association des Amis de Ceillac, et la paroisse de Ceillac.

- Inauguration le dimanche 22 juin avec Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap.

- Une Journée Marche-Méditation, le 12 juillet, 9h-15h30, est animée par le Service diocésain de Formation sur " les 99 plus beaux Noms de Dieu/Allah dans la Bible et le Coran ".
La Marche-Méditation part de l’Exposition après l’avoir visité (notamment les bronzes de R. Koraïchi sur les " 99 Noms "). Nous utiliserons le récent livre sur " Les 99 Noms d’Allah " et nous ferons le lien avec les Noms de Dieu dans la Bible. En modulant, à cette occasion, la première invocation du " Notre Père " : " Que tes 99 Noms soient sanctifiés ! ".


"L’histoire de ces sept frères a labouré profondément des territoires intérieurs"

Entretien de Rachid Koraïchi avec Thomas Gueydier le 16 mai 2005


Le 21 mai 1996, après avoir été pris en otage pendant 56 jours, sept frères trappistes du monastère de Tibhirine en Algérie furent tués dans des conditions qui demeurent encore obscures aujourd'hui. Depuis des chrétiens, des musulmans mais aussi des incroyants se sont levés pour tenir en éveil la mémoire de ces hommes de Dieu, convaincus de l’urgence de lutter contre l’intégrisme, sous toutes ses formes. Parmi eux se trouve Hubert de Chergé, le frère de Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibhirine. Il s’est entièrement consacré au dialogue islamo-chrétien après la mort des sept moines de l’Atlas. Rachid Koraïchi, Leïla Sebbar et Sid Hamed Agoumi, sont aussi de ceux qui ont tenu à leur rendre un hommage particulier. Respectivement plasticien, écrivain et acteur, ils ont mis leur art au service de la mémoire des frères trappistes en créant les Sept Dormants. Tous les trois se sont retrouvés, avec Hubert de Chergé, au Centre d’Etudes Théologiques de Caen, le 12 mai 2005, pour la présentation de cette œuvre originale. Il s’agit d’un livre d’art rassemblant quatorze gravures mettant en perspectives sept textes rédigés en l’honneur des moines par sept écrivains contemporains. Les visiteurs peuvent ainsi, jusqu’au 14 juin, contempler une centaine de planches présentant les pages de ce livre sous forme d’exposition. Un entretien a été réalisé pour RCF 14 à cette occasion par le Centre d’Etudes Théologiques. En voici la transcription.

Thomas Gueydier : Hubert de Chergé, quel regard portez vous sur les années qui se sont écoulées depuis les événements de 1996 ?

Hubert de Chergé : Par le fait des circonstances, je me suis trouvé très vite, dès le 27 mars 1996, c’est-à-dire dès le jour où nous avons été averti de l’enlèvement des frères de Tibhirine, en contact avec deux personnes qui faisaient partie d’une association entre chrétiens et musulmans, un prêtre et un algérien qui ont voulu tous les deux témoigner auprès de ma mère, qui vivait encore à l’époque, de leur soutien et de l’esprit dans lequel ils étaient, à la fois très choqués et très unis. Il y a eu un très bel échange entre ma mère, ce prêtre et ce musulman, chacun disant : nous allons prier pour chacun des moines et aussi pour ceux qui ont commis ce meurtre. Et puis ensuite, progressivement, je me suis trouvé en contact avec cette association et maintenant, plus largement avec d’autres pistes, avec d’autres cheminements qui me font chaque jour voir que, finalement les différences entre islam et christianisme peuvent être des richesses et peuvent nous convertir à notre propre religion. Ce qui est formidable et ce dont je peux témoigner, comme les nombreux musulmans que je côtoie, c’est que notre foi peut s’enrichir au contact des autres. J’ai délibérément choisi de m’investir plus profondément dans cet engagement - en prenant ma retraite de manière anticipée - parce que j’ai pris conscience qu’il y avait beaucoup d’ignorance, beaucoup d’incompréhension et beaucoup de peurs aussi bien chez les chrétiens vis-à-vis des musulmans que chez les chrétiens vis-à-vis des musulmans. Je prendrai l’exemple de la Croix. Elle est, pour les chrétiens, le symbole de l’Amour de Dieu pour tous les hommes. Mais pour beaucoup de musulmans, c’est un objet qui rappelle des événements terribles, comme les croisades. Il y a donc nécessité de s’expliquer, nécessité d’échanger. J’ai moi-même enrichi ma lecture du Carême en écoutant des musulmans parler du Ramadan et inversement, je connais des musulmans qui redécouvrent le Coran à l’écoute des chrétiens. Il y a dans ces échanges quelque chose de très fort qui peut se passer.

Thomas Gueydier : Rachid Koraïchi, la mort des moines de Tibhirine a été pour vous à l’origine d’une œuvre littéraire et artistique intitulée les Sept Dormants, qui se présente comme un hommage. Comment est né un tel projet ?
Rachid Koraïchi : En réalité, quand j’ai rencontré Hubert de Chergé pour la première fois à Paris, j’avais le projet plus large de faire un mémorial sur le monastère avec des pierres érigées à la mémoire de chacun des moines et un grand bassin d’eau réfléchissant le ciel sur la terre d’Algérie. Sur ce, Hubert m’a dit d’aller voir l’archevêque d’Alger, Monseigneur Tessier, ainsi que les moines qui, à l’époque, comptaient revenir à Tibhirine. Ces derniers ont trouvé le projet de mémorial très intéressant mais ils m’ont dit que deux choses s’opposaient à sa réalisation dans l’immédiat : l’insécurité qui était encore très grande et surtout la situation sociale de la population locale avec laquelle les moines avaient été en osmose. Et là, ils m’apprirent que les habitants de Tibhirine n’avaient pas de mosquée et qu’ils faisaient la prière dans le monastère. Ce qui - entre parenthèse - en dit déjà long sur le lien que les moines avaient su instaurer entre christianisme et islam. De plus, ils m’ont dit que le village manquait d’eau. L’urgence n’était donc pas au mémorial mais plutôt au forage d’un puits. Me voilà donc reparti le soir même chez un ami de mon père, à qui je raconte cette histoire, et, au moment de partir, il me donne un gros chèque en me disant : ça, c’est pour la mosquée de Tibhirine. Et, quelque temps après, on a aussi trouvé les moyens de donner de l’eau au village.

Thomas Gueydier : Votre premier contact avec Tibhirine ne fut donc pas celui que vous attendiez ...
Rachid Koraïchi : Effectivement, parti pour une histoire de mémorial, j’ai finalement œuvré pour la construction d’une mosquée et pour le forage d’un puits. Par la suite, j’ai contacté quelques amis écrivains pour rendre hommage aux sept moines. J’avais vraiment l’idée de faire quelque chose d’œ*****énique, sans pour autant que les artistes d’origine musulmane, chrétienne ou juive soient pratiquants ou même croyants. Je voulais aussi donner à cet hommage une dimension internationale en faisant appel à des écrivains qui, bien qu’attachés d’une manière ou d’une autre à la terre d’Algérie, viennent d’horizons différents afin que la mémoire des toutes ces victimes massacrées à l’insu du monde entier, soient honorée comme il se doit. N’oublions pas que tous ces crimes, dont l’assassinat des frères n’est malheureusement qu’un exemple - on pourrait parler aussi du meurtre du Directeur de l’Ecole des Beaux Arts ou du Directeur du Théâtre d’ Oran - se sont déroulés en vase clos, les journalistes ayant peur de venir en Algérie et d’être comptés au nombre des victimes.

Thomas Gueydier Comment avez-vous procédé pour mettre en œuvre la rédaction à plusieurs d’un tel livre ?
Rachid Koraïchi : Une fois contacté mes amis écrivains, j’ai commencé par leur envoyer le Testament de frère Christian. Je leur ai demandé de lire ce texte, de me dire ce qu’ils en pensaient en leur proposant de partager, de s’associer à cette histoire. Je ne savais pas s’ils allaient dire oui ou non. Ils auraient pu refuser. En fait, les réactions furent formidables. Mais rien n’était décidé. Ils étaient libres d’écrire, une, deux, trois ou vingt pages. Chacun s’est exprimé en fonction des rapports qu’il avait avec l’Algérie. Hélène Cixous et Leïla Sebbar ont un lien direct avec ce pays. Alberto Manguel, qui vient d’Argentine, a connu lui aussi, dans son pays, des périodes de tortures et de tueries très dures. Nancy Huston est canadienne mais elle a écrit un livre consacrée à l’Algérie. Je connaissais bien Michel Butor, avec qui je parlais fréquemment des événements qui secouaient l’Algérie etc... Très vite, j’ai eu la surprise de voir les textes arriver. C’était un poème ou un texte de vingt pages. L’idée était de donner une liberté totale aux auteurs. La moindre phrase avait sa place et sa raison d’être dans ce témoignage. Ensuite mon rôle de plasticien a été de faire se rencontrer ces textes afin qu’ils prennent leur amplitude et leur respiration grâce aux quatorze gravures que je réalisais en parallèle. L’idée n’était pas d’illustrer ces textes mais d’apporter ma propre écriture dans ce témoignage.

Thomas Gueydier : Leïla Sebbar, vous êtes donc l’un des auteurs des Sept Dormants. Comment ce travail s’inscrit-il dans votre itinéraire personnel ?
Leïla Sebbar : Le meurtre des moines a été très frappant pour tout le monde. Moi qui suis agnostique et qui ne suis ni musulmane, comme mon père, ni catholique, comme ma mère, je n’ai pas hésité à accepter la collaboration que Rachid proposait. Il nous a donc envoyé un dossier rassemblant les différents éléments de l’histoire, que je connaissais en partie pour me tenir fréquemment informée de tout ce qui se passe en Algérie. Je dois dire que c’était difficile, non pas d’accepter de s’associer à un tel projet mais de savoir ce qu’on allait pouvoir écrire et comment on allait pouvoir l’écrire. J’ai malgré tout réussi à rédiger un texte. J’en ai été étonné.

Thomas Gueydier : Ce texte est différent des autres textes que vous avez pu écrire ? Il a un statut particulier ?
Leïla Sebbar : Oui, il a un statut particulier. C’est vrai. D’une certaine manière, c’était pour moi le moment de réfléchir à la présence chrétienne en terre algérienne. Ce qui n’avait jamais été l’objet de mes réflexions dans mon histoire et dans ma vie. Et c’est vrai que, depuis ce moment-là, je m’intéresse d’avantage à cette présence.

Thomas Gueydier : Ce regard vous a amené à renouveler votre regard sur les chrétiens ?
Leïla Sebbar : Non pas à renouveler, puisqu’il n’existait pas vraiment mais à fonder peut-être quelque chose.

Thomas Gueydier : Pour un autre des sept auteurs, l’hommage rendu aux moines de Tibhirine constitua une étape
Rachid Koraïchi : Hélène (Cixous) avait un regard très violent sur la chrétienté. Durant toute son enfance, qu’elle passa en Algérie, les chrétiens étaient assimilés à Vichy et à l’extermination des juifs. Ils la terrorisaient. Malgré cela, elle a écrit un texte dédié à des moines représentant la religion du colonisateur, qui nous a cassés, qui nous a fait peur... C’est dire que l’histoire de ces sept frères labouré profondément des territoires intérieurs.




Transmis le Juin 02, 2008 - 08:09 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliationAbbaye de Saint Jacut

Transmettre : un héritage ? une rupture ? une création ?


Par : Jean-Marc AVELINE
13 janvier 2007


La mémoire et l’abandon

Sous ce titre quelque peu énigmatique, je souhaite vous faire partager mon expérience, puisqu’il nous a été demandé, à nous les intervenants « de l’après-midi », de donner à nos propos une tournure plus « existentielle ». Liliane a d’ailleurs commencé en ce sens.

Je vais donc essayer, dans une premier temps, de vous raconter ma propre histoire, celle de ma famille, car c’est là que se sont posées pour moi les questions fondamentales de la transmission. Puis, dans un deuxième temps, je vous proposerai une relecture de cette histoire à l’aide de l’œuvre de Paul Ricœur, parce que cette œuvre m’a particulièrement aidé moi-même à relire l’histoire de ma vie et à mieux la comprendre. J’espère ainsi, au risque d’une intervention finalement très existentielle, apporter néanmoins quelques éléments de réflexion à notre débat.


1.La question de la transmission dans mon existence


Je suis né à Sidi-Bel-Abbès, en Algérie, sous un Tessala sans doute aussi « couronné de chèvres » que le Garlaban de Marcel Pagnol. Ma famille, qui était de condition modeste, était arrivée en Algérie au cours du XIXème siècle, en provenance de l’Andalousie, de l’Alsace ou de la Vendée, cherchant du travail sur ces terres désormais contrôlées par la France, à une époque où les flux migratoires en Méditerranée allaient plutôt du Nord vers le Sud. Mon père avait appris le métier de menuisier-ébéniste avec une spécialisation de sculpture et ma mère voulait être enseignante. Mais le peu de ressources financières de leurs familles a contraint ma mère a quitter l’école pour travailler comme secrétaire chez un notaire et mon père à intégrer la société des chemins de fer.

Au moment où je suis né, mes parents habitaient Colomb-Béchar, une oasis près de la frontière marocaine, aux portes du Sahara, où mon père avait été affecté. Le voyage en train, par Aïn-Sefra, était toute une expédition que l’on m’a si souvent racontée qu’il me semble m’en souvenir ! Quelques temps après, mon père a été muté à Constantine. Nous habitions à cinq, avec mon oncle et ma tante, dans un appartement d’où nous vîmes monter la violence, sans pourtant imaginer qu’elle nous entraînerait à jamais loin de cette terre où étaient et demeurent nos racines, puisque quatre générations de notre famille y ont trouvé sinon la richesse du moins le bonheur d’une vie simple et unie, digne et laborieuse. Il y eut des peurs, des drames, des incompréhensions. L’un des membres de ma famille fut assassiné. Mes grands parents quittèrent Sidi-Bel-Abbès les premiers, suivis bientôt par tous mes oncles et tantes. C’est là ce qu’on appelle (et nous devions le mesurer par la suite) une « rupture de tradition » qui devait s’avérer tout-à-fait radicale !

Le 7 novembre 1962, mes parents et moi avons quitté l’Algérie. Ce fut le premier grand voyage de ma vie, un voyage sans billet retour… Un voyage au bout duquel les miens, comme bien d’autres, n’entrevoyaient que la peur de l’inconnu, l’angoisse de la dispersion, l’incertitude de l’avenir. Certes, j’étais bien trop jeune pour mesurer l’ampleur des douleurs du départ et des vexations à l’arrivée, trop jeune pour comprendre la profondeur des blessures et l’abîme des incompréhensions qui ont dû habiter mes parents et tous ceux qui comme eux, simples ouvriers, n’avaient vu venir ni la colère de ceux qui les expulsaient, ni le mépris de ceux qui ne les attendaient pas ! Rien n’avait été préparé et personne ne savait comment se rejoindre, sur ce territoire français dont ils avaient appris à l’école la géographie mais qui leur était étranger, si différent… Arrivés à Marseille, nous avions pris un train de nuit, le fameux « Phocéen », qui nous jeta au petit matin sur les quais de la Gare de Lyon à Paris, sans aucun point de repère dans les rues et aucun soleil dans le ciel (de cela, je me souviens très bien, me demandant sans cesse à quelle heure il allait « se lever » !). Après quelques semaines difficiles (d’hôtels en hôtels, tous aussi peu recommandables les uns que les autres), nous avons fini par nous installer dans un baraquement SNCF au bord de la Marne où mon oncle et ma tante avaient trouvé où loger. Cette « baraque » tient une grande place dans les souvenirs de famille. La joie d’un regroupement familial (on a fini à vingt sept dans deux pièces !) compensait les rigueurs d’un interminable hiver. L’air vif et lumineux des plateaux algériens où coulait la Mékhéra avait cédé la place à l’épais brouillard des bords de Marne… Je compris plus tard que cette baraque allait devenir le point de départ d’une nouvelle tradition familiale, comme un point de jonction, un lieu symbolique très important.

Puis mon père nous a trouvé un appartement à Colombes et ma sœur, est née, en avril 1963. Mais en mars 66, mon autre sœur, Martine, est morte à l’âge de sept mois. Après quelques temps plutôt agités, mon père a obtenu sa mutation pour Marseille. Nous n’y connaissions rien ni personne, à part les quais de la Gare Saint-Charles, où nous avions pris le Phocéen ! Mais à la cité SNCF de Saint Barthélemy, dans les Quartiers-Nord de la ville, nous nous sommes rapidement fait de bons amis. Pour mes parents, c’était l’espérance d’un nouveau départ, tournant enfin la page de quatre années de turbulences qui avaient vu nos familles se disperser, nos vies basculer, notre mémoire se charger, au risque de se crisper sur ce que l’on craignait d’oublier ou de ne plus pouvoir transmettre. Certains ont ployé sous ce trop lourd fardeau, se refermant sur eux-mêmes et devenant ainsi, à leur corps défendant, incapables de transmettre ce dont ils avaient surtout peur de ne plus se souvenir…

Avec ma cousine Catherine, nous étions les seuls de notre génération à être nés « là-bas ». Et cela nous conférait je ne sais quelle mission, à la charnière de nos parents et de nos frères et sœurs, comme si se conjuguaient en nous le poids d’un lourd héritage et la promesse d’une jeune existence. Sans pouvoir la nommer, j’ai souvent ressenti, au cours de mon enfance et de mon adolescence, cette place à part, ce premier appel, diffus mais réel, à devoir porter en soi et pour toute la vie le fil décousu d’une mémoire à vif et l’impérieux besoin d’une confiance en l’avenir. J’ai souvent pensé, mais je ne le saurai qu’à la fin, que ma vocation de prêtre plongeait ses racines profondes dans cette expérience fondatrice.

En relisant bien plus tard ces années difficiles, j’ai compris que c’est en tissant en France de nouvelles solidarités, en s’engageant au service des plus pauvres (mon père et ma mère l’ont fait et continuent à le faire, sans se payer de mots – bien des pauvres de Marseille pourraient en témoigner), en ne renonçant jamais ni au goût de vivre ni à la joie d’aimer, que mes parents avaient réussi à nous faire comprendre, à ma sœur et à moi, que l’on peut toujours transformer un obstacle en moyen, une blessure en ressource, un automne en printemps. Voilà, à mes yeux, l’une des choses les plus importantes qu’ils m’aient transmises : non pas un contenu, mais un souffle ; non pas le souci de se préserver dans la nostalgie mais l’audace de s’abandonner dans la confiance. Voilà pourquoi j’ai intitulé cette communication : la mémoire et l’abandon.

Du reste, j’étais loin de me douter, en ce sombre automne de 1962, que venaient de s’ouvrir à Rome, depuis le 11 octobre, les travaux du Concile Vatican II, que le pape Jean XXIII avait convoqué pour qu’il soit comme un grand renouveau printanier dans la vie de l’Église. Loin d’imaginer l’ampleur ni l’importance de ces longs débats d’où sortiraient des textes si fondateurs, des orientations si décisives pour la vie de l’Église et du monde. Aujourd’hui, clin d’œil de l’histoire, ce sont ces travaux conciliaires sur la liberté religieuse, sur le dialogue interreligieux et sur la solidarité de l’Église avec toute l’humanité qui, par bien des médiations, m’ont reconduit à arpenter cette Méditerranée, à y tisser des liens, à en découvrir les multiples cultures, à retourner en Algérie… et même en Bretagne !

J’ai parlé de ma famille… Mais la Méditerranée, trop étroite pour séparer, trop large pour confondre, recueille chaque jour son lot d’histoires de souffrance et de soifs d’espérance ! Je puis cependant témoigner, en relisant l’histoire des miens, que pour peu qu’elles soient habitées par l’amour, les routes de l’exode peuvent toujours se changer en chemins de dialogue ![1]


2.Relecture à l’aide de la pensée de Paul Ricœur


Paul Ricœur est l’un des plus grands philosophes que la France ait connus. Lorsqu’il s’est éteint le 20 mai 2005, j’ai décidé de consacrer à son œuvre un article dans la revue Chemins de dialogue, que je dirige à Marseille.[2] C’est en m’appuyant sur cet article que j’ai bâti la deuxième partie de cet exposé.

L’identité narrative
Je note d’abord que Paul Ricœur a forgé, dans sa fameuse trilogie Temps et récit, le concept très éclairant d’« identité narrative » : en définitive, explique-t-il, répondre à la question « qui suis-je ? », c’est raconter l’histoire d’une vie[3]. À maintes reprises, Ricœur a rappelé que c’est en racontant les histoires de l’Exode que l’Ancien Israël s’est donné collectivement une « identité narrative ». Cela suggère que transmettre, c’est d’abord raconter ! En définitive, l’anthropologie ricœurienne décèle dans la capacité humaine à (se) raconter l’indice de la singularité d’un être qui, malgré la brièveté, à l’échelle cosmique, de sa vie, est le seul à poser la question du sens :
[L’immémoriale sagesse] a toujours su la disproportion du temps que, d’un côté, nous déployons en vivant et qui, de l’autre, nous enveloppe de toutes parts ; elle a toujours chanté la brièveté de la vie humaine au regard de l’immensité du temps. Le vrai paradoxe est là : à l’échelle cosmique notre durée de vie est insignifiante, et pourtant ce bref laps de temps où nous paraissons sur la scène du monde est le lieu d’où procède toute question de signifiance.[4]


En invitant à passer, selon le titre de l’un de ses principaux ouvrages, Du texte à l’action, Ricœur a attiré l’attention sur le fait que le travail de compréhension d’un texte se prolonge par celui de la représentation d’un monde habitable. D’une part, comprendre un texte, c’est recevoir de lui une tâche d’habitation du monde, et, d’autre part, l’action sensée est elle-même un texte à interpréter. De même que le procédé rhétorique de la métaphore permet de révéler la densité d’une réalité, mieux encore que ne le ferait une simple description linéaire[5], de même le genre littéraire du récit permet de suggérer une interprétation du sens mieux que ne le ferait un simple compte-rendu des faits. En d’autres termes : l’empirique n’est pas le seul critère de l’expérience (l’expérience artistique en est le plus clair exemple), et l’exactitude du descriptif n’épuise pas la richesse du concept de vérité. La métaphore comme le récit laissent deviner la subtile relation entre l’explication des faits et la compréhension du sens, révélant qu’« expliquer plus, c’est raconter mieux ». Pour revenir à mon histoire, il est clair que mes parents ne m’ont pas transmis une connaissance précise de l’Algérie, mais bien plutôt une façon de vivre qui soit fidèle à leur expérience de la précarité.

La mémoire et le pardon
En 2000, Paul Ricœur a publié son dernier grand ouvrage intitulé La mémoire, l’histoire et l’oubli[6]. Peu à peu, l’anthropologie de « l’homme faillible » (le volontaire et l’involontaire) l’a conduit à une phénoménologie de « l’homme capable » (capable de raconter et de s’engager, capable de critique et de conviction), puis à une herméneutique de la condition historique, mettant en valeur le fait que l’homme est un être affecté par l’histoire et cependant capable de s’engager dans l’histoire. Mon expérience m’invite à penser que c’est souvent par la façon dont on s’engage que l’on transmet le mieux ce qui nous a affecté !

Tout au long de ce parcours s’est révélé ce que l’on pourrait appeler « la grandeur d’être homme », une grandeur que ne sait voir que celui qui devine, sous la fragilité de toute vie, la beauté d’un désir comblé d’inachèvement. Telle une épitaphe, la dernière page de La mémoire, l’histoire et l’oubli est ornée de ces mots : « Sous l’histoire, la mémoire et l’oubli. Sous la mémoire et l’oubli, la vie. Mais écrire la vie est une autre histoire. Inachèvement »[7]. Il faut en effet ajouter au devoir de mémoire l’importance de l’oubli. Certes, il y a bien des situations historiques où le devoir de mémoire est un « impératif catégorique » que traduit l’injonction « Tu te souviendras ! ». Mais Ricœur adjoint à ce devoir de mémoire la nécessité d’un certain oubli, et propose de distinguer entre « l’oubli par effacement des traces et l’oubli de réserve »[8]. En effet, estime-t-il, il n’est pas possible de fonder un vivre ensemble, notamment dans des sociétés pluralistes, sans prendre la mesure de la relation qui existe entre la mémoire vive des personnes individuelles et la mémoire publique des communautés d’appartenance. Or celles-ci sont souvent gagnées par une fièvre ambiguë de la commémoration, propice aux tentations identitaires et aux manipulations de la mémoire :
En effet, il est un privilège qui ne saurait être refusé à l’histoire, celui non seulement d’étendre la mémoire collective au-delà de tout souvenir effectif, mais de corriger, de critiquer, voire de démentir la mémoire d’une communauté déterminée, lorsqu’elle se replie et se referme sur ses souffrances propres au point de se rendre aveugle et sourde aux souffrances des autres communautés. C’est sur le chemin de la critique historique que la mémoire rencontre le sens de la justice. Que serait une mémoire heureuse qui ne serait pas aussi une mémoire équitable ?[9]

Dans cette perspective, l’oubli de réserve, que préconise Ricœur, loin d’être un obstacle à la mémoire, désigne cette capacité qu’a l’homme de ne pas laisser la mémoire-patrimoine éteindre en lui l’élan de la construction de l’avenir. Car il y a des « abus de mémoire » qui étouffent la vie en niant sa capacité d’espérance.[10] En revenant à ma propre histoire, j’ai mieux compris, en lisant Ricœur, que l’oubli de réserve ne tait pas le mal, mais qu’il permet de le dire sur un mode apaisé, sans que la colère n’aveugle le jugement. Il effectue une remise de dettes sans concéder pour autant un oubli des faits, car « il faut garder une trace des faits pour pouvoir entrer dans une thérapie de la mémoire ; ce qu’il faut guérir, c’est la capacité destructrice de ces souvenirs ».[11] Avec cette précision, Ricœur aborde la « délicate articulation entre le discours de la mémoire et de l’oubli, et celui de la culpabilité et du pardon »[12]. Le pardon, tel qu’il le définit, apparaît comme l’horizon eschatologique commun à l’histoire, à la mémoire et à l’oubli. « Le pardon, c’est ce que les victimes seules peuvent accorder. C’est aussi ce qu’elles seules peuvent refuser ».[13] Il trouve son expression dans « la volonté tenace de comprendre ces autres dont l’histoire a fait des ennemis »[14] et permet ainsi de forger une mémoire réconciliée, indispensable à l’art de vivre ensemble.

L’énigme de l’existence et la mémoire de Dieu
Je voudrais relever encore une dernière chose. Au printemps 1986, quelques semaines après avoir donné à Edimbourg les Gifford Lectures qui devaient constituer la matière de Soi-même comme un autre, Simone et Paul Ricœur durent traverser l’épreuve du suicide de leur second fils, Olivier. Échec flagrant, à première vue, de tout un travail de « transmission » ! Épreuve de l’incompréhensible, de l’insupportable. Ricœur lui-même s’exprime ainsi :
Cette catastrophe devait laisser une plaie ouverte que l’interminable travail de deuil n’a pas encore cicatrisée. Encore maintenant, je suis la proie de deux reproches alternés : l’un de n’avoir pas su dire non au moment opportun à certaines dérives, l’autre de n’avoir pas discerné, ni entendu l’appel au secours lancé du fond de la détresse. Je rejoignais ainsi le lot immense de tant de pères et découvrais cette fraternité silencieuse qui naît de l’égalité dans la souffrance. Peu de semaines après ce désastre, j’accompagnais jusqu’au seuil de la mort, à Chicago où je m’étais réfugié, mon vieil ami Mircea Eliade : et je me trouvais accablé, d’une certaine manière, par le contraste – apparent, mais insistant – entre deux destins, dont l’un seulement aura laissé la trace d’une œuvre, et l’autre, rien de cet ordre, à vues humaines du moins.[15]

Au terme d’une longue vie de recherche et d’engagement, le croyant Paul Ricœur n’a pas caché sa conviction que ce qui, en définitive, fait la grandeur de l’homme, c’est qu’il est à jamais présent dans « la mémoire de Dieu »[16], quels que soient la discrétion ou l’éclat de la trace qu’à vues humaines, sa vie aura laissée dans l’histoire.[17] Reprenant le questionnement étonné du psalmiste : « Qu’est-ce que le mortel pour que tu en gardes la mémoire ? Le fils d’Adam, que tu en prennes souci ? » (Ps. 8, 5), il commente :
Dans la ligne de ce verset, je me prends à méditer sur un Dieu qui se souvient de moi, au-delà des catégories du temps (présent, passé, futur). […] Je me “figure” que l’existence humaine qui n’est plus, mais qui a été, est en quelque manière recueillie dans la mémoire d’un Dieu qui en est affectée. […] Pour employer un langage qui reste très mythique, je dirais ceci : Que Dieu, à ma mort, fasse de moi ce qu’il voudra. Je ne réclame rien, je ne réclame aucun “après”. Je reporte sur les autres, mes survivants, la tâche de prendre la relève de mon désir d’être, de mon effort pour exister, dans le temps des vivants.[18]

Comme si le geste de nos vie devait consister, en définitive, à unir inlassablement ces deux mouvements d’une égale densité spirituelle : à la mémoire de Dieu, confier l’énigme de l’humain (et nous en savons tous quelque chose) ; à ceux qui nous sont proches, confier (de quelque façon, religieuse ou non, qu’il nous ait habités) le désir de Dieu, selon la belle expression du Cantique des Cantiques.
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[1] « Cap sur la paix en Méditerranée » : tel était le thème de la croisière organisée en octobre 2005 pour les soixante ans de l’hebdomadaire « La Vie » : voyage de découvertes et de rencontres multiples au cours duquel j’ai été convié à exprimer ce témoignage.
[2] Cf. Jean-Marc AVELINE, « L’énigme de l’humain et le désir de Dieu. Hommage théologique à Paul Ricœur », Chemins de dialogue 26 (2005), p. 145-162.
[3] Temps et récit, Paris, Seuil, vol. I, 1983 ; vol. II, 1984 ; vol. III, 1985.
[4] « Le temps raconté », Revue de métaphysique et de morale 1984 / 4, p. 440.
[5] Cf. La métaphore vive, Paris, Seuil, 1975.
[6] La mémoire, l’histoire et l’oubli, Paris, Seuil, 2000.
[7] Jean Greisch propose de comprendre ici « inachèvement » non pas de manière négative ou empreinte de tristesse et de résignation, mais avec la même nuance de sens que celle qu’induit l’adjectif « inespéré » quand on veut signifier que ce qui arrive est au-delà de tout ce que l’on aurait pu espérer.
[8] Ibid., p. 652.
[9] Ibid., p. 650.
[10] « Au fond, chaque période a autour d’elle une aura d’espérances qu’elle n’aura pas remplies ; c’est cette aura qui permet des reprises dans le futur, et peut-être est-ce par là que l’utopie pourrait être guérie de sa maladie congénitale, qui est de croire que l’on peut commencer de zéro : l’utopie est bien plutôt une re-naissance » (La critique et la conviction, Paris, Calmann-Lévy, 1995, p. 189-190).
[11] La critique et la conviction, op. cit., p. 190.
[12] La mémoire, l’histoire et l’oubli, op. cit., p. 111.
[13] La critique et la conviction, op. cit., p. 175.
[14] La mémoire, l’histoire et l’oubli, op. cit., p. 618.
[15] La critique et la conviction, op. cit., p. 140-141.
[16] C’est dans cette ligne que Ricœur comprend la résurrection : « La résurrection est le fait que la vie est plus forte que la mort en ce double sens qu’elle se prolonge horizontalement dans l’autre, mon survivant, et se transcende verticalement dans “la mémoire de Dieu” » (La critique et la conviction, op. cit., p. 242-243).
[17] « Je peux assumer pour moi-même la citation de Bernanos : “Il est plus facile que l’on croit de se haïr. La grâce est de s’oublier. Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s’aimer humblement soi-même, comme n’importe lequel des membres souffrants de Jésus Christ” » (ibid., p. 245).
[18] Ibid., p. 238-239.


Transmis le Fév 18, 2007 - 11:57 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliation

Rencontre de PEC et déclaration des Responsables religieux du Kosovo.

1- Rencontre de Pec..Lettre du Dr. William F. Vendley, Secrétaire général de la WCRP.
2- Déclaration des Responsables religieux du Kosovo
1- Lettre du Dr. William F. Vendley.
Chers Amis de “Religions pour la Paix”,

Vous serez heureux d’apprendre les pas en avant marqués par les responsables religieux du Kosovo pendant leur rencontre des 2 et 3 mai à Pec (Kosovo). Les co-présidents de cette réunion étaient le P. Leonid Kishkovsky, vice-modérateur de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix, l’évêque Gunnar Stalsett, président de la Conférence mondiale, modérateur du Conseil européen de Responsables Religieux qui lui est affilié, et l’imam Jakup Selimovki de Macédoine.

Transmis le Mai 12, 2006 - 12:01 AM Suite du texte (7513 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliation

Rencontre Interreligieuse
Dimanche le 11 décembre à 16 h
Mairie du XVIème



« La guerre des religions : Peut-elle être évitée ? »



Le Président iranien appelle à une guerre de religions : Réponse des personnalités religieuses

Dans son discours du 26 octobre 2005, le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad appelait à une guerre des religions en parlant d'une « guerre totale entre le monde islamique et le Front des Infidèles ». Il a dit : « Un combat historique est en train d'être mené entre le Monde Oppresseur (l'Occident) et le monde islamique et les racines de ce conflit ont des centaines d'années. »

Des personnalités de premier plan représentant Christianisme, Islam et Judaïsme se rencontrent pour réaffirmer la nécessité absolue d'une coexistence pacifique entre les religions et du respect de l'autre. Le Maire du XVIème, M. Pierre-Christian Taittinger, accueillera intervenants et participants.

La liste des intervenants :



- Le Grand Rabbin Alexis Blum
- Le Rabbin Michel Serfaty
- Le représentant de l'Eglise catholique (à être nommé)
- Le Pasteur Florence Taubmann
- Le Pasteur David Steward
- Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour
la paix, responsable et animateur de l'émission « Connaissance de l'Islam »
de France 2
- Tariq Oubrou, Président de l'association des imams de France
- L'ayatollah chiite iranien - en exil- Jalloul Ganji


Cette rencontre aura lieu à

La Mairie du XVIème arrondissement
71 avenue Henri-Martin - Paris
Métro : Pompe

La rencontre débutera à 16 heures précise et se terminera à 18h30.

Entrée libre

Le Comité Interreligieux pour le Respect de l'Autre (CIRA) avec le soutien
du Président du Consistoire Centrale de France, Monsieur Jean Kahn


info@cira-europe.org





Transmis le Déc 10, 2005 - 06:14 PM Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliationInternational


De : "Bill Boltz"

Objet : WCRP -- Conférence interreligieuse sur l'Irak


La Conférence mondiale des Religions pour la Paix (WCRP) a réuni à Amman (Jordanie) les 27 et 28 mai une conférence internationale pour discuter de la crise irakienne, eu égard aux conséquences et aux répercussions dévastatrices et catastrophiques du régime antérieur, de la guerre et de l'occupation.


Transmis le Juin 06, 2003 - 11:02 PM Suite du texte (3457 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliationInternational




DERNIÈRES INFORMATIONS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
Dr. William F. Vendley


Nouvelles, N° 27 du 6 mai 2003

Avenir de l'Irak et coopération interreligieuse

La Conférence mondiale des Religions pour la Paix s'est engagée à soutenir les communautés que forment les diverses religions de l'Irak dans leur volonté de coopération plurireligieuse. Sur la base des initiatives déjà prises avant le début de la guerre, la WCRP met au point un plan d'action concret dont le but est d'apporter aux peuples de l'Irak espoir et guérison. Des consultations sont en cours avec les chefs religieux irakiens et des partenaires éventuels, notamment l'UNICEF.


Transmis le Mai 16, 2003 - 04:03 PM Suite du texte (5568 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliationInternational



DERNIERES INFORMATIONS DU SECRETAIRE GENERAL
Dr. William F. Vendley

21 février 2003

PROGRES DES EFFORTS DE PAIX DE LA WCRP AU LIBERIA

Le travail important entrepris par la Conférene Mondiale des Religions pour la Paix (WCRP) en vue de promouvoir la paix et la réconciliation en Afrique de l'Ouest vient d'enregistrer un progrès significatif. Alors qu'une guerre civile mortelle fait rage sur trois fronts et que des millions de réfugiés fuient vers les pays voisins, risquant d'y propager le conflit, une instance de dialogue entre la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEAO) et l'organisation dénommée Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie (LURD) s'est réunie du 5 au 8 février. Des membres des sections Sierra Leonaise et libérienne de la WCRP ont eu un rôle essentiel d'intermédiaires pour préparer cette rencontre à laquelle ils ont assisté à la demande de toutes les parties. Elle a permis de débloquer le processus de négociation entre le gouvernement du Libéria et LURD. La CEAO rencontrera ensuite le gouvernement libérien.


Transmis le Mar 18, 2003 - 11:26 AM Suite du texte (4242 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliationInternational



DERNIERES INFORMATIONS DU SECRETAIRE GENERAL
Dr. William F. Vendley
16 septembre 2002

"L'ASIE RECONCILIATRICE", THEME CENTRAL DE L'ASSEMBLEE DE L'ACRP

La sixième assemblée de la Conférence asiatique sur la Religion et la Paix (ACRP) s'est tenue du 24 au 26 juin 2002 à l'hôtel Sheraton Mustika de Yogyakarta (Indonésie) avec la participation de plus de 300 leaders religieux venus de 16 pays asiatiques. Le thème de la rencontre était "L'Asie réconciliatrice".


Transmis le Fév 21, 2003 - 05:09 PM Suite du texte (1628 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable
Médiation, réconciliation

International
LA PAIX PAR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX

L’expérience de la WCRP en Sierra leone

Pendant sept années d’une guerre civile brutale, qui a commencé en 1991, des rebelles déclarant vouloir renverser le gouvernement corrompu du parti unique et instituer un régime électoral pluraliste ont mené en Sierra Leone des campagnes de terreur axées sur les populations civiles. Couper les mains des villageois faisait partie de leurs méthodes, de même que droguer les enfants-soldats qu’ils recrutaient dans les villages. Une force ouest-africaine de maintien de la paix - ECOMOG - a réussi à les tenir en respect, mais des combats intenses et incessants ont jeté sur les routes des centaines de milliers de réfugiés.



Transmis le Juil 24, 2002 - 11:45 PM Suite du texte (3822 octets de plus) Envoyez cette article à un ami Format imprimable