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Samedi 27 novembre 2021 ; Paris 8e St Augustin : Charles de Foucauld, conférences et spectacle.

Angers, Dimanche 28 novembre 2021 : Invitation du CERDI, Centenaire de l'ascension d'Abdul Baha 1921-2021.

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Vendredi 3 décembre 2021 : Au Vent des rencontres vous recommande Une Journée à Troyes sur les pas de Rachi.

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Du 20 novembre 2021 au 27 mars 2022 dans 18 villes de France : Arts de l'Islam, un passé pour un présent.


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A lire : le Bulletin d'octobre 2021 de l'association Tibhirine.(cliquer)>

le Bulletin d'avril 2021 de l'association Tibhirine.(cliquer)

le Bulletin de Decembre 2020 de l'association Tibhirine.(cliquer)

Nous vous recommandons des articles très intéressants à l'occasion du déconfinement dans:

le Bulletin de juin 2020 de l'association Tibhirine.


La Lettre du CERDI, de juin 2020.

Et les numéros précédents, en temps de confinement:
le Bulletin de mai 2020 de l'association Tibhirine.


l'Edition spéciale de la Lettre du CERDI ( Angers) sur le Coronavirus.

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Publié le Juin 26, 2008 - 11:46 PM
Religions-Laïcité


Groupe Inter-religieux pour la Paix 93

Saint-Denis 15 janvier 2008

Interreligieux et laïcité

Feuille de route pour une action commune

Religion et laïcité ne sont pas incompatibles, à condition de s’entendre sur le contenu des termes.

Les religions sont liées structurellement à l’absolu de Dieu. C’est pourquoi elles se prêtent à toutes les entreprises de récupération idéologique. Il y a donc une distinction à faire entre la dynamique religieuse elle-même et les usages détournés que l’on en fait, qui sont des perversions.

La perversion de la religion est dans sa réduction à une fonction strictement utilitariste au plan humain :
- pour les puissants, la religion ne peut pas être une légitimation du pouvoir en vue de la réalisation d’ambitions personnelles ;
- pour les pauvres et les faibles, la religion ne peut pas être une consolation illusoire qui incite à l’acceptation de conditions de vie indignes ;
- pour les craintifs, la religion ne peut pas être un réconfort sécurisant qui conduise au repli dans des groupes fermés, hostiles à toute altérité ;
- pour l’intelligence, la religion ne doit pas être un carcan intellectuel qui empêcherait l’homme de prospecter dans tous les domaines inconnus du savoir ;
- pour la volonté, la religion ne doit pas être un obstacle à la créativité, empêchant l’homme de gérer l’univers et d’aménager ses conditions d’existence ;
- pour tous, la religion ne doit pas être un étouffoir d’humanité en se réduisant à la compensation sacralisée d’une frustration.

Et pourtant, par sa référence à une altérité radicale, la religion interroge l’homme en profondeur dans sa volonté de puissance, ses limites, ses peurs, ses relations à l’autre et au monde, sa capacité à connaître et à maîtriser ses conditions de vie. Mais nous pensons que la religion n’est à la hauteur de sa réalité que lorsqu’elle se fait interrogation suggestive plutôt que censure et interdit.

D’un mot : la religion se pervertit lorsqu’elle s’érige en instance de pouvoir et de contrôle immédiat des conduites individuelles et collectives. Au contraire, la religion est fidèle à elle-même et au Dieu auquel elle renvoie lorsqu’elle se présente à l’homme comme force de proposition et suggestion de sens, à niveau personnel comme au plan relationnel. La dimension institutionnelle de la religion est au service de cette force de proposition et ne peut aller au-delà. Nous pensons que la normativité religieuse ne découle pas du corps religieux lui-même, mais seulement de la personne qui, face à la proposition de sens qui lui est faite, prend la liberté de se déterminer raisonnablement elle-même en fonction de ce qu’elle estime juste.

C’est en cela que la religion n’est pas antinomique par rapport à la laïcité.

Car dans le cadre de la laïcité, l’Etat ne nie pas le fait religieux en tant que tel, mais décide de ne reconnaître et de ne financer aucun culte, tout en réaffirmant la liberté de pensée, d’expression, d’association et de culte. La laïcité pose ainsi un principe d’indépendance de la société dans son travail d’organisation et dans son devenir collectif. En même temps, la laïcité garantit aussi la liberté individuelle en faisant barrage à l’ingérence directe du religieux dans la vie sociale : nul ne peut être inquiété ou subir de contraintes pour des questions religieuses.

Cependant, la séparation de l’Eglise et de l’Etat s’est produite à un moment historique où tous les membres de la société, religieux ou laïques, participaient de la même manière à des réseaux de sens collectifs et structurants. Qu’il s’agisse de la religion, de la patrie, d’un idéal de classe sociale ou d’un idéal de prospérité matérielle, il était entendu que la vie individuelle ne pouvait avoir de sens qu’au regard d’une destinée collective, quelle qu’elle soit. La valeur de l’individu était dans sa capacité d’agréger ses propres richesses personnelles à un ensemble qui le dépassait. Il y a plus dans le « tous » que dans « l’unique ». C’est le fondement de la démocratie au plan politique et de la cohésion sociale au plan national.

Or aujourd’hui, nous sommes sortis du monde fédérateur que constituaient la chrétienté et les grandes idéologies porteuses. L’épanouissement individuel concurrence directement l’utilité publique. L’intérêt individuel prédomine et s’exprime de manière ambivalente : dans le registre de la puissance, chacun voudra convaincre l’autre de son génie propre dans un domaine particulier, fût-il des plus restreints. Chacun rêve d’accéder à une position monopolistique par rapport à autrui. Dans le registre de la frustration, chacun revendiquera pour soi-même un statut de victime innocente et impuissante, comme pour mieux légitimer l’élimination de l’autre, diabolisé en bourreau coupable et tout-puissant. Le narcissisme de chacun postule ainsi la présence de l’autre, requis comme témoin du triomphe de la puissance individuelle ou de l’innocence de l’impuissance individuelle ou d’un groupe particulier. Le besoin de l’autre à des fins narcissiques est aujourd’hui le seul rempart contre l’éclatement social. Car en dehors de cet « usage » réducteur, l’autre n’est plus qu’un concurrent à éliminer.

Dans ce contexte largement conflictuel, la laïcité a sainement posé en France un principe de tolérance et de respect de chacun qui sauve théoriquement la culture de tout arbitraire idéologique et de toute violence individuelle. La laïcité se présente en cela comme un cadre juridique neutre garantissant à tous des conditions de vie possibles. Mais devant la fuite en avant de l’individualisme le plus exacerbé, devant la frénésie du gain, du matérialisme et du consumérisme, la laïcité, en raison même du cadre de neutralité idéologique qu’elle impose, semble mal outillée pour proposer des modèles renouvelés de valeurs individuelles et plurielles, aptes à produire de nouvelles synergies au cœur même de nos cultures diversifiées.

C’est à ce niveau que la religion peut avoir un rôle à jouer, à la condition impérative que ce rôle soit différent de celui du passé. Entre le contrôle omniprésent de la religion sur la société et la simple relégation du religieux dans la sphère du privé, n’y a-t-il pas de place pour une tierce voie constructive pour tous ? Nous pensons en particulier que l’interreligieux a modestement une carte à jouer puisque le dialogue interreligieux développe structurellement l’ouverture aux modes de pensée et de pratiques des autres traditions, dans une confrontation respectueuse, à la fois gratifiante et exigeante.

Nous pensons que la paix ne pourra se construire qu’en oeuvrant concrètement dans le sens de l’évolution qui se dessine. Nous pensons aussi qu’à niveau fondamental, la paix ne triomphera pas d’une lutte ouverte contre les forces contraires. Le bien ne doit pas se faire plus fort que le mal. Car dans une dialectique d’opposition frontale, chacun des opposants finit par faire sienne la stratégie de domination violente du mal. Il ne s’agit donc pas de con - vaincre l’autre à coups d’arguments probants, mais de s’investir concrètement dans un travail positif et constructif. Et ce travail commence par la conversion de son propre regard sur la réalité de l’autre. Car ce serait trop peu encore que de reconnaître le droit de l’autre à l’existence. Il faut aller jusqu’à faire renaître en soi l’estime pour l’autre par la reconnaissance assumée de sa particularité, de son mérite, de son honnêteté. Cela suppose que les uns et les autres travaillent durement à l’assainissement de leur propre démarche. Sur ce chemin, on ne peut qu’avancer ensemble, et au rythme du plus lent et du plus faible. Le plus violent est en réalité le plus faible et le plus lent. Mais à travers et au-delà de sa violence, c’est la part de dignité de l’autre qui doit être entendue et reconnue.

C’est dans cette perspective que le GIP 93 souhaite entreprendre une action modeste auprès des jeunes, en collaboration avec les réseaux scolaires existants.

Il ne s’agit pas de prêcher une idéologie de la paix, et certainement pas une idéologie religieuse, fût-elle positive dans son intention. Cette tentative relèverait encore de la perspective religieuse ancienne d’influence directe sur les consciences au nom d’une certaine idée du bien collectif.

Il s’agit de proposer des thématiques de réflexion susceptibles de produire de la créativité expressive et artistique. Et nul ne peut préjuger à l’avance ni de la forme, ni du contenu des œuvres à produire.


 
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