Publié le Août 13, 2007 - 12:30 AM
Vivre ensemble

Transmission des valeurs et Catholicisme



Témoignage d’un couple, parents de 5 enfants âgés de 20 à 8 ans




1)Que nous a-t-on transmis ?

Il semble évident que nous retrouvons les mêmes valeurs fondamentales dans nos différentes religions; c’est pourquoi nous avons pensé qu’il était utile d’aborder le sujet de la transmission à partir des spécificités de notre tradition catholique notamment autour des sacrements qui rythment notre vie religieuse.

Le Baptême, point de départ de la vie du Chrétien, c’est l’accueil dans la grande famille des Chrétiens. L’accueil c’est aussi le premier temps de notre messe dominicale:
« Savoir accueillir » grande valeur transmise par des générations de catholiques.

La Première communion (sacrements du Pardon et de l’Eucharistie)
L’enfant doit être prêt ! temps d’initiation pour l’intégration dans la vie communautaire, moment merveilleux où il rejoint l’adulte dans ce partage unique qu’est la « Communion ».
Dans nos sociétés de consommation du « tout » tout de suite, l’enfant découvre les valeurs de l’attente, l’écoute, la confiance, l’intériorisation…
Branché sur l’exemplarité de sa tradition, le jour de la fête où il va vivre complètement pour la première fois la célébration eucharistique, il a tous les regards de la communauté tournés vers lui dans ce geste important de Communion avec la présence, le soutien et la joie de toute sa famille. Il sera invité à la continuité régulière de cette participation à « la Messe » chaque dimanche (régularité et fidélité).

Le sacrement du Pardon : la 1re fois, il précède et prépare à la première communion, apprend à se remettre en cause, à reconnaître sa faute, à savoir pardonner, ça ne va pas de soi et c’est difficile. C’est un moment important, plein d’humilité.
Puis la pratique de ce sacrement « de réconciliation » avec les autres et avec soi-même, libère l’adulte.

La profession de Foi n’est pas un sacrement mais une étape où le jeune adolescent, de sa propre volonté proclame devant et avec tous, sa Foi dans le Christ ; c’est le renouvellement et le choix personnel de son Baptême.

Le sacrement de Confirmation : c’est « recevoir l’Esprit », en engageant individuellement sa vie et ses actes dans la voie chrétienne devant un haut représentant de l’Eglise, en principe l’Evêque.

Ces deux moments forts de la vie du jeune catholique sont accompagnés de temps de préparation, de « retraite » où loin du confort moderne (télé, informatique…) on y enseigne l’écoute, le respect de l’autre ; il y fait l’apprentissage de la vie en communauté, y vit un moment de camaraderie et d’amitié et revient enthousiasmé, « c’était super !»


Le sacrement des malades : il nous permet d’accompagner nos malades.
Nos enfants, alors peu âgés, ont vécu avec leur Papy en fin de vie à la maison. Cette étape les a beaucoup marqués et ils en gardent un grand souvenir. Il aurait été dommage de les en éloigner; pourquoi leur cacher cette facette de l’existence sous prétexte de les protéger?

La famille, au sens élargi, est transmission par excellence, passage de témoins de générations en générations. Après s’être appuyés sur nos parents, à notre tour de les accompagner (combien de vies auraient pu être ainsi épargnées lors de la canicule…)
Arrêtons-nous un peu sur cette génération… Elle nous a transmis le sens des valeurs : de la rigueur, du respect (entre autre celui des générations), de l’expérience acquise…
A nous de continuer à les transmettre!


Le sacrement du Mariage, sacrement important, socle de la famille mais aussi de la transmission.
L’exemple de la fidélité et de la longévité du couple, nous l’avons reçu de nos parents, grands-parents et arrières grands-parents respectifs.

Nous faisons mémoire, par exemple, d’un extrait de journal qui nous a beaucoup émus :
« le 18 Juillet 1934 », le curé de Vairé écrivait dans la gazette paroissiale sur les noces d’or
de François et Marie Tesson :
« Le premier acte se passa à l’église, parée comme aux grands jours. Ce fut un spectacle
touchant de voir les vénérés jubilaires s’y rendre, précédés de leurs vingt quatre petits
enfants, suivis de leurs huit enfants vivants, de leurs gendres et belles-filles, escortés sur
le parcours par une double haie de sympathie ; de les voir à l’église, entourés, je pourrais
dire couronnés de leurs enfants et petits-enfants. Il apparaissait bien que ce n’était pas
seulement la fête des vertus personnelles et des mérites éminents des jubilaires en 50 années
de mariage, mais aussi la fête d’une belle famille chrétienne »


Combien reste-t-il à l’heure actuelle d’engagements véritables « à durée déterminée…à une vie entière »?
Le mariage c’est avant tout l’Alliance avec Dieu: il nous faut bien cette Alliance à Dieu pour relever ce défi !

Le mariage,c’est aussi un acte d’amour, notre premier grand commandement « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé »
Ce n’est pas un acte qui enferme deux personnes, mais un acte qui invite à l’ouverture, à l’accueil:
l’accueil des amis,
l’accueil des enfants qui est la transmission par excellence: l’éducation.
Les enfants: une priorité pour Jésus : « Laissez venir à moi les petits enfants »


Alors que voulons-nous transmettre à nos enfants?


2)Que transmettons – nous?

Nous transmettons, presque involontairement les valeurs essentielles qui nous ont été transmises et desquelles nous ne doutons pas.

le respect de la règle et des institutions,

le combat intérieur contre l’envie et la jalousie : la fameuse convoitise, savoir se contenter de ce que l’on a (parabole du fils prodigue),

le respect pour l’effort et le travail: travailler à s’améliorer (parabole des talents) en aidant et en favorisant les dons individuels de chaque enfant, en valorisant leurs efforts plus que leur réussite, en les accompagnant plutôt qu’en imposant.
Maître mot de l’éducation selon nous, peut-être est-ce une valeur nouvelle par rapport à la l’éducation reçue, c’est la confiance à renouveler : comme Dieu a confiance en l’homme libre de ses actes.

la tolérance, comme ouverture d’esprit à la différence (le meilleur exemple étant cette réunion), avec toutes les déclinaisons qui vont de soi comme le refus des comportements xénophobes.

la compassion, que l’on retrouve dans les béatitudes, qui appelle l’homme à reconnaître en chaque homme une image du Dieu d’amour et à aller à sa rencontre: « Ce que tu fais à ton prochain, c’est à moi que tu le fais » Dans les actes, ce sont toutes les actions caritatives.

l’esprit critique: valeur issue plutôt de l’environnement sociétal ( mai 68 ) et d’une Eglise renouvelée par Vatican II.

le partage : une famille nombreuse permet un entraînement journalier à cet exercice de plus en plus difficile dans une société où règne l’individualisme.

la justice: plutôt celle du cœur avec toute la part de subjectivité qu’elle comporte car la justice dans notre société se durcit à en devenir inhumaine. Demander aux enfants, par exemple, de se mettre à la place de l’autre est un excellent moyen de leur faire sentir l’autre comme un deuxième soi-même, comme un frère: « Aimer son prochain comme soi-même ».



3)Comment transmettre?

Pas par la contrainte ni la persuasion, car, avec ces méthodes, on risque de déclencher une résistance de la part des enfants et encore plus des adolescents : confrontation = résistance.

Il faut donc faire appel à leur libre arbitre, leur faire confiance, savoir répondre et être disponible,
accompagner plutôt que diriger.

Plus qu’un grand discours, les jeunes retiennent l’exemple de leurs aînés: importance capitale du comportement exemplaire :
« Fais ce que je dis, mais ne fait pas ce que je fais »: ça ne marche jamais !


Conclusion:

Pour se construire, le jeune a besoin de références, quelles qu’elles soient, transmises dans un climat de confiance et d’amour. Car le pire, pour un jeune, est de ne pas avoir de référence du tout, quitte par la suite à les accepter ou à les rejeter.

Au terme de ce long discours qui reste trop court au regard de l’ampleur du sujet effleuré, si vous nous demandez de résumer en quelques mots « comment faites vous ? » nous répondrons comme beaucoup de parents « on fait ce qu’on peut » car s’il est un domaine dans lequel il faut savoir garder une grande humilité, c’est bien celui de la transmission.



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