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Publié le Juin 22, 2002 - 11:09 PM
Dialogue interreligieux

International

DIALOGUE INTERRELIGIEUX L’Assemblée Mondiale de la WCRP



La Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (World Conference on Religion and Peace - WCRP) a tenu sa septième assemblée mondiale à Amman (Jordanie) du 25 au 29 novembre 1999 (1).


Les 1300 participants venaient de quatre vingts pays, de toutes les régions du monde. Toutes les grandes religions y avaient des représentants, parmi lesquels des responsables de rang élevé tels que l’archevêque de Cantorbéry, le Sheikh Tantawi de l’Université Al-Azhar du Caire, le Rabbin Rosen d’Israël et le Cardinal Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.




Trois chefs d’Etat s’étaient déplacés : le roi Abdallah de Jordanie (ensuite remplacé par son frère, le Prince Hassan), le président de l’Indonésie, M. Abderrahman Wahid (qui, avant son élection, faisait partie de la présidence collective de WCRP) et le président de la Sierra Leone, M. Ahmed Tejan Kabbah, venu rendre hommage au rôle décisif joué par la Conférence Mondiale pour mettre un terme, dans son pays, à dix années de guerre civile.


On notait aussi la présence de responsables, au plus haut niveau, des diverses communautés religieuses d’Albanie, de Bosnie, de Bulgarie, de Croatie, de Grèce, du Kosovo, de Macédoine, du Monténégro, de Roumanie et de Serbie. Le “ Forum des Leaders Religieux de l’Europe du Sud-Est ” qu’ils formaient a adopté une importante Déclaration commune sur la reconstruction et le développement de la Région dont on lira ci-après de larges extraits. Leur témoignage et celui du Conseil Interreligieux de Sierra Leone ont manifesté que l’engagement des religions à travailler ensemble pour la paix commence réellement à prendre corps.


Dans son discours d’ouverture, M. William Vendley, secrétaire général de la WCRP a mis en évidence la nature profonde de cette rencontre dont le thème général était “ Agir pour la vie en commun ” : “ Nous sommes rassemblés dans le respect des réelles différences existant entre nos religions. Mais ces différences ne nous séparent pas les uns des autres dans le souci commun que nous avons de l’enfant innocent, de ceux qu’écrase la misère, des opprimés dont les droits sont bafoués, de ceux qui subissent la violence de la guerre. Chacune à sa manière, nos religions nous appellent à nous préoccuper de tous sans restriction. Elles exigent de nous que notre attention s’étende, au-delà de nous-mêmes, de nos familles, de nos pays et de nos communautés religieuses, à la famille humaine tout entière et à la terre d’où elle tire son existence. ”

“ Ce souci, ajoutait-il, nous invite à agir. Notre souci commun nous invite à agir ensemble, agir ensemble pour le bien de tous, pour le bien de chacun de nous, pour la vie en commun. ”


Six commissions avaient été constituées au sein de l’Assemblée. La première a mis l’accent sur la place que toutes les religions accordent à l’enfant et à la famille. Elle a rappelé la Déclaration des Religions du Monde sur les Enfants du Monde adoptée en 1990 à l’initiative de la WCRP, et elle a réaffirmé le soutien de la Conférence mondiale aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant.


La Commission sur la Transformation des Conflits et la Réconciliation a insisté sur le devoir qu’ont les religions de prendre une part active à la prévention des conflits, en particulier par l’éducation et la formation, en travaillant notamment à la promotion de la justice sociale. En cas de conflit ouvert, la Conférence Mondiale peut intervenir selon des modalités dont elle a déjà l’expérience, en s’appuyant sur des instances interreligieuses mises en place localement. Les actions menées à tous les niveaux doivent donner aux jeunes toute leur place. Les religions ont aussi à mieux élucider la contribution majeure que leurs ressources spirituelles leur permettent d’apporter, ensemble et séparément, au processus long et complexe de la réconciliation.


La Commission du Développement Durable et de l’Ecologie a souligné tout ce que les religions peuvent faire ensemble pour lutter contre la pauvreté, promouvoir le développement (dans le prolongement des grandes conférences mondiales récentes), faire vivre des initiatives telles que le “ World Faith Development Dialogue ” noué avec la Banque Mondiale, et pousser à une gestion responsable de l’environnement.


La Commission du Désarmement et de la Sécurité a dressé une longue liste des positions que les religions devraient adopter dans ce domaine. Il leur est recommandé, en dernier lieu, de reconnaître les Nations Unies comme responsables au premier chef de la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationale.


La Commission des droits et responsabilités de l’homme s’est interrogée sur le souci qu’ont les religions de compléter l’énoncé des droits de l’homme par une description des devoirs qui en sont la contre-partie, ce qui pourrait conduire à l’élaboration d’une éthique universelle. Elle a déploré que les femmes restent souvent encore privées de l’exercice de leurs droits humains. Elle a aussi mis l’accent sur les droits des minorités. Au cours des débats, il a été souligné que la Déclaration des Droits de l’Homme adoptée par les Nations Unies en 1948 a été réaffirmée à la Conférence de Vienne de 1994, ce qui rend son caractère universel indiscutable. S’agissant de la liberté religieuse, il a été rappelé que, selon le droit international en vigueur, celle-ci “ inclut le droit de changer de croyance ou de religion ” ; il n’y avait donc pas lieu de critiquer les leaders religieux qui parlent d’évangéliser mais ne préconisent pas les formes abusives de prosélytisme consistant à profiter de la misère ou de l’ignorance pour obtenir des conversions.


La Commission de l’Education à la Paix a recommandé un effort accru dans les trois domaines de l’éducation religieuse et interreligieuse, de l’éducation à la non-violence et au règlement des conflits, et de l’éducation à la préservation de l’environnement et au développement socio-économique.


L’Assemblée a adopté, pour conclure, une Déclaration d’Amman aux termes de laquelle les participants s’engagent “ à joindre leurs efforts pour la vie en commun et à édifier une culture de paix mondiale ”. Cette déclaration part d’un acte de foi dans l’unité de la condition humaine. Elle rappelle avec force les exigences de la vie en commun sur la terre en vue d’un avenir partagé. Elle insiste sur l’importance de l’éducation à la paix. Elle se termine par un vibrant appel à l’espoir “ qui se manifeste dans l’action ”.



 
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