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Publié le Juil 23, 2002 - 11:22 PM
Religions et conflits

Rejeter le terrorisme, promouvoir la paix dans la justice : la réponse des religions



Déclaration du Comité exécutif de la Conférence Mondiale des Religions pourla Paix New York, 24 octobre 2001



Nous, membres du Comité exécutif de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, nous sommes réunis à New York avec des chefs religieux du monde entier pour trouver des motifs communs d’ agir contre le terrorisme et la violence et de travailler à la paix avec la justice.

Les attentats terroristes qui ont eu lieu le 11 septembre ne peuvent être justifiés par les enseignements ou les principes de nos religions respectives. Rien dans aucune de nos traditions ne permet de tuer des innocents. Quand elles sont commises au nom de la religion, de telles actions profanent la religion véritable. De plus, nous ne pouvons admettre que la responsabilité de quelques individus égarés soit imputée à des peuples ou à des communautés de croyants dans leur ensemble.

Ceux qui sont coupables de ces crimes doivent être amenés devant la justice conformément au droit établi ; toutefois, l’effort entrepris pour les amener en justice ne doit pas aboutir à la perte d’autres vies innocentes. Quelques unes de nos traditions religieuses tiennent fortement aux principes de la non-violence. D’autres ont une notion restrictive de l’emploi de la force à des fins de légitime défense. En dépit de ces différences, nous sommes tous d’accord que l’action militaire n’est pas un instrument adéquat pour faire entièrement face au défi qui se présente à nous.

Tandis que la communauté internationale cherche à riposter à ces actes terroristes, nous sommes vivement préoccupés du risque de voir les mesures prises - quelle qu’en soit l’intention - renforcer l’idée que les événements actuels seraient partie intégrante d’un conflit entre les civilisations ou les religions. Deux raisons nous font rejeter cette manière de voir. D’une part, la terreur et la violence sont des maux qui affectent toutes les sociétés humaines ; elles ne sont pas le fardeau d’une seule culture, d’un seul peuple ou d’une seule religion. D’autre part, nos trente années d’expérience de la coopération interreligieuse nous ont fait découvrir que nos cultures et nos religions diverses ont beaucoup en commun - plus, certainement, que ce qui nous divise.

Nous sommes résolus à lutter contre ces dangereuses erreurs de jugement en approfondissant le dialogue entre les religions et les cultures. Ce dialogue nous fournit le moyen d’accroître notre compréhension mutuelle et nous permet de percevoir des valeurs partagées telles que la tolérance, la dignité de l’être humain, la justice et la paix. Nouer des rapports honnêtes et authentiques permet de discerner les valeurs que nous partageons profondément, et celles-ci deviennent la base d’une coopération active à travers les frontières nationales, culturelles et religieuses pour faire face aux grands problèmes de l’humanité.

Tandis que nous intensifions ce dialogue, il nous faut reconnaître le poids de l’Histoire. Nous sommes douloureusement conscients du fait que la religion a souvent servi de prétexte pour blesser, diviser et opprimer. Les communautés de croyants ont toléré que des interprétations extrémistes, étroites et intolérantes de nos doctrines religieuses suscitent la division et l’hostilité entre les peuples. Ces attitudes ont aidé à faire naître le climat dans lequel la violence se développe. Un vrai dialogue est l’occasion d’apaiser les blessures du passé ; il peut renforcer la solidarité et la volonté de construire des sociétés qui respectent les différences et recherchent en même temps le bien de tous.

Une communauté véritablement mondiale devra défendre et promouvoir la valeur et la dignité essentielle de toute personne humaine - principe bafoué par les auteurs des crimes du 11 septembre. Il nous faut résister à l’idée qu’une personne peut tirer, d’une certaine façon, de l’accident de sa date et de son lieu de naissance plus de droits au respect qu’une autre. Nous célébrons et nous réaffirmons que chacune de nos traditions religieuxes proclame, à sa manière, la valeur et la dignité intrinsèque de toute personne humaine, comme fondées sur le caractère sacré que chacune de ces traditions attribue à la réalité. Il nous faut poursuivre ce qui garantit le respect de cette réalité précieuse qu’est la vie, et travailler à bâtir des sociétés qui répondent aux besoins fondamentaux des humains.

Dans cette perspective, nous reconnaissons que beaucoup font réellement l’expérience de l’oppression et que, dans le contexte de l’ordre mondial actuel, des sociétés entières souffrent de la misère, de la violence et de l’injustice. Des niveaux élevés d’inégalité sont fondamentalement injustes ; ils ne sont pas compatibles avec la sécurité à l’échelle mondiale. Nous devons travailler ensemble au renforcement des institutions politiques, économiques et sociales capables de remédier à ces griefs et de commencer à éliminer les causes des injustices qui font que certains s’engagent dans la fausse voie du terrorisme.

Nous affirmons que prendre en compte les revendications des victimes des injustices actuelles ne signifie aucunement que l’on excuse les attentats terroristes. C’est plutôt l’un des moyens les plus efficaces d’atténuer et d’éliminer graduellement les motifs qui peuvent pousser certains individus à commettre de pareils crimes. Cet effort va demander un engagement accru de coopération mutuelle de la part de tous les Etats et de tous les peuples. Les communautés que nous représentons sont prêtes à l’encourager. Elles sont bien placées pour le faire.

Nous estimons que les Nations Unies et la famille d’institutions qui en dépendent sont le lieu naturel d’où doit émaner une coopération mondiale renouvelée. La manière dont nous répondons à la tragédie actuelle doit renforcer, et non affaiblir, notre attachement aux principes et aux objectifs contenus dans la Charte des Nations Unies. Nous demandons aux Nations Unies de réunir une assemblée générale extraordinaire sur le terrorisme et d’élaborer une convention internationale d’ensemble contre le terrorisme, fondée sur le droit international existant. Nous renouvelons enfin notre appel en faveur de la mise en place intégrale du Tribunal pénal international.

La Conférence mondiale des religions pour la paix poursuit depuis plus de trente ans sa mission de promouvoir la collaboration entre les communautés de croyants du monde entier en vue de construire une paix réelle et durable. Aujourd’hui, nous renouvelons notre appel au dialogue et à la coopération entre les religions dans les domaines de la transformation des conflits, des droits humains, de la sécurité et du désarmement, de l’éducation à la paix et du sort des enfants. Dans les programmes que nous mettons en œuvre sur tous ces sujets, nous entendons travailler avec les Nations Unies, les autres organisations internationales, les gouvernements et les personnes de bonne volonté d’où qu’elles viennent, pour chercher la justice et rejeter la terreur, et pour bâtir une société mondiale visant à garantir une vraie sécurité, la dignité humaine et le bien-être de chaque personne.


 
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